AXA Future Risks Report: quels sont les risques de demain ?

Chaque année depuis 7 ans, le groupe AXA publie son “Future Risks Report », interrogeant des experts en gestion des risques sur leur avis et perceptions des plus gros risques pour les prochains 5 à 10 ans. Pour cette année, AXA a collaboré avec IPSOS et le thinktank géopolitique Eurasia Group. L’étude a été menée en juillet 2020, en pleine pandémie.

Comme l’on pouvait s’y attendre étant donné le contexte, le risque de pandémie est au centre de l’étude, arrivant en première place du podium (l’année dernière il ne figurait qu’au huitième rang du classement). Le top 3 est complété par les risques liés au changement climatique et les risques de cybersécurité.

 

Axa Future Risks Report 2020

1. La pandémie et son impact sur le monde

A moins que vous ayez hiberné ces neuf derniers mois (ce qui ne serait pas une si mauvaise idée après tout) vous savez que nous sommes au beau milieu d’une pandémie. En toute logique, cela a eu un impact sur les experts en gestion des risques ayant répondu au sondage, car ils ont placé le risque de pandémie comme le 1er risque au cœur de leurs préoccupations. Comparé à l’année passée, le pourcentage de gestionnaires de risques conscients de ce risque est passé de 23% à 56%.

Bien que ce risque soit extrêmement tangible et actuel, il ne faut cependant pas s’y arrêter. En effet, lacovid-19 et le confinement international qui s’en est suivi ont eu d’importantes conséquences : approfondissement de la dette publique et privée, tensions géopolitiques, aggravement des problèmes de santé mentale, déficit et pertes économiques, accentuations des inégalités… La crise sanitaire en cours et le confinement ont agi comme des catalyseurs, accélérant et/ou aggravant ces les conséquences de ces risques.

Enfin, toute l’attention (publique et privée) étant portée vers cette catastrophe sanitaire, les autres risques, tout aussi important mais un peu moins actuels, sont occultés, ne faisant qu’aggraver leur  impact futur.

 

2. Le changement climatique

L’année passée, les risques liés au changement climatique arrivaient en 1er dans le classement. Cette année, le Comme l’a souligné Thomas Buberl, CEO du groupe AXA, “il ne faudrait pas que les risques court terme éclipsent les menaces à plus long-terme ». Ce constat s’avère d’autant plus vrai pour les régions qui sont pourtant les plus polluantes et les plus exposées aux conséquences du changement climatique : l’Asie et les Amériques. En effet, en Amérique du Nord par exemple, le pourcentage d’experts interrogés considérant le changement climatique comme une réelle menace a sombré de 71% en 2019 à seulement 46% pour cette année.

 

3. Les risques liés à la cybersécurité

Les risques de cybersécurité figurent toujours dans le top 3 des risques principaux pour ces 5 à 10 prochaines années. Le confinement a eu un impact assez important sur les risques cyber. En effet, la généralisation du télétravail a favorisé l’utilisation de services et appareils connectés ou en ligne, multipliant les potentielles failles virtuelles. De plus, les travailleurs utilisent leur réseau privé, et parfois leurs ordinateurs privés, qui sont, dans la grande majorité des cas, beaucoup moins bien protégés qu’en entreprise.

Le magazine Infosecurity a également observé une importante augmentation des tentatives de phishing par mail entre le mois de février et mars 2020 avec +667%. En effet, en travaillant à distance, la communication entre les départements est souvent moins fluide, et les hackers en ont profité pour tester les limites de la sécurité et du bon sens de tout un chacun.

 

4. Les risques oubliés

L’année passée déjà, AXA soulignait l’aspect critique du risque de pandémie bien qu’il n’était classé que 8èmeCette année, AXA met en avant quelques risques moins cités par les experts interrogés sur le sujet, mais qui leur semblent pourtant être une menace non négligeable :

  • La santé mentale: le nombre de personnes souffrant d’une maladie mentale a augmenté, et le confinement n’a fait qu’aggraver la situation.
  • La désinformation: en ces temps électoraux (actuels ou à venir), la désinformation et la propagation des « fake news » aura un impact bien plus large que ce que l’on imagine.
  • L’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) et les nouvelles technologies: leur usage se répand, le progrès avance et la déontologie et l’éthique doivent suivre. Ce sont bien ces 2 derniers points qui sont critiques, même Elon Musk s’en inquiète ! Nancy Bewlay, Global Chief Underwriting Officer d’AXA XL a commenté : “Les nouvelles technologie, telles que l’IA et le Machine Learning, sont de plus en plus utilisés pour prédire l’avenir. Il existe un risque réel que ces prédictions soient erronées ou biaisées si les modèles sont incorrects ou ne sont pas basés sur suffisamment de données. »
  • Enfin, bien que la pandémie occupe le paysage sanitaire, il ne faut pas oublier les risques croissant de résistance des microbes et des superbactéries. Cette préoccupation est passée de 29% pour l’année passée à 9% pour cette année. Il s’agit pourtant d’un sujet critique car il pourrait être à l’origine d’une crise sanitaire encore plus grave que celle d’aujourd’hui et pourrait avoir des conséquences sur les soins, leurs coûts, et par conséquent sur tout le secteur assurantiel.

 

5. Des risques de plus en plus interdépendants

Pour conclure, AXA souligne le fait que les risques deviennent de plus en plus connectés et interdépendants, les rendant encore plus complexes à prévoir et à prévenir. La crise que nous traversons actuellement en est un bon exemple. En effet, comme vu plus haut, la pandémie a eu impact bien évidemment sanitaire, mais également économique, social et politique. Cette interconnexion nécessite une approche globale, interdisciplinaire et multipartite pour pouvoir faire de la prévention et de la protection. Un autre bon exemple est l’impact que la désinformation et la diffusion des « fake news » peuvent avoir sur la perception d’autres risques (changement climatique, pandémie…). Comme l’a dit l’un des experts ayant répondu à l’étude, “le plus grand risque émergent est peut-être notre foi toujours moindre dans la science et les faits”.

 

Sources :