Ce qui attend le marché IARD pour 2020

Réchauffement climatique, nouvelles technologies, risques cyber… On vous résume les points les plus marquants.

 

L’AMRAE a récemment publié son rapport sur l’état du marché IARD en 2019 et ce que 2020 augure. Nous avons fait un résumé des points les plus marquants.

 

Tendance générale : « hard market »

L’AMRAE note d’abord un réel durcissement du marché de l’assurance, non seulement en France mais dans toute l’Europe. En effet, les revenus financiers des assureurs sont réduits comme peau de chagrin dans ce contexte de taux bas, et les assureurs doivent revenir à un équilibre technique des risques. « Or les ratios combinés de sinistralités dépassent les 95% chez la majorité des acteurs de l’Assurance et de la réassurance » indique Léopold Larios de Piña, pilote de l’observatoire des Primes et des Assurances de l’AMRAE.

Les assureurs sont contraints de dégager plus de rentabilité sur leurs produits non-vie. Cela se traduit par une hausse quasi généralisée des tarifs (hormis pour les produits RC), un durcissement des redressements et renouvellements et une plus grande sélectivité des risques souscrits et des garanties offertes. Enfin, on peut noter que certains acteurs n’hésitent pas à sortir de certaines branches jugées trop risquées. On peut donc noter l’importance croissante du rôle des risk managers et des souscripteurs, qui travaillent main dans la main et qui « choisissent à nouveau leurs risques, ceux qu’ils considéreront les mieux gérés, avec les moyens adéquats. Ils prennent de la distance avec les comptes structurellement déficitaires. » ajoute Léopold Larios de Piña.

 

Nous avons retenu 3 lignes de produits non-vie qui nous semblent être à un tournant sur le marché P&C pour l’année 2020.

 

  • La Construction :

Ces dernières années ont été mouvementées pour le marché de l’assurance Construction : gros dommages (notamment dus aux catastrophes naturelles), faillites, procès,… sa (mauvaise) réputation n’est plus à faire. Cela se traduit par une plus grande prudence des assureurs sur ce segment : en effet certains essaient de limiter leur exposition à des risques de longues durées (ex. : RCD). Ainsi on note que la tendance est donc à une hausse des tarifs et à une baisse des couvertures.

 

  • L’Automobile :

On n’en finit plus de parler de la voiture de demain : électrique, connectée, autonome, et pourquoi pas volante ? Même si ces innovations sont censées augmenter notre sécurité et notre confort, sur l’année 2019, l’AMRAE note une augmentation des sinistres dits « graves », une diversification des usagers de la route et/ou victimes : conducteurs, piétons, cyclistes, nouvelles mobilités (trottinettes, gyroroues, etc), et des nouveaux usages et habitudes des conducteurs (ex. : l’utilisation du smartphone au volant).

Tout ceci devrait donc mener, pour l’année 2020, à une augmentation de 10 à 15% des tarifs des produits auto, et à une augmentation de l’importance de la prévention. Les avancées technologiques actuarielles et informatiques devraient impacter de manière significative d’abord la sinistralité, puis la tarification des contrats auto. De plus, l’AMRAE parie sur l’apparition d’une dimension RC « digitale ou cyber » dans les contrats avec, l’apparition du risque de pertes ou vols de données liés aux échanges de données entre voitures, assureurs, constructeurs et services routiers ou de navigation.

 

  • Le Cyber :

Comme nous le mentionnions le mois passé, les risques cyber restent encore assez méconnus des assureurs et réassureurs et le marché avance notamment grâce aux sinistres qui permettent d’en savoir un peu plus à chaque fois. . Cependant ces acteurs continuent à investiguer et à se développer sur ce marché, la tendance est à la hausse et devrait l’être encore sur les prochaines années. Dans son rapport, l’AMRAE souligne l’importance « de se mettre dans une position d’apprentissage permanent ». De plus, la découverte et l’innovation sur ce type de nouveaux produits est un véritable travail d’équipe « qui doit réunir l’ensemble des ressources suffisantes pour permettre un réel transfert de risque » et où il est important de mobiliser des talents qui sauront modéliser ces risques. Ce point restant crucial pour les acteurs souscrivant ce type de contrats Cyber afin de bien tester la solidité financière de l’assureur et d’assurer sa capacité d’indemnisation.

 

Source : AMRAE, “Etat du marché IARD 2019”

Image : unsplash.com