Restez au courant – Mai 2022

On résume pour vous toute l’actualité de ce mois de mai mouvementé.

Acquisition et levée de fonds

CNP Assurances & Mediterraneo Vida

         

CNP Assurances a décidé de céder CNP Partners, sa filiale d’assurance vie à Mediterraneo Vida. Le groupe a annoncé la signature du contrat de vente mais la procédure sera officiellement entérinée après l’obtention de l’autorisation des autorités compétentes en matière prudentielle.

Pour expliquer le but de cette démarche, l’assureur français a déclaré que cela « permettrait de rationaliser [ses] opérations européennes » sans pour autant abandonner son activité « en protection – emprunteur et prévoyance – sur le marché espagnol à partir de ses succursales ».

Jusqu’au 31 décembre dernier, la filiale CNP Partners représentait « 0,75 % du chiffre d’affaires et 0,01 % du résultat » de l’ensemble de CNP Assurances.

 

Maif & Colori

         

Le fonds d’investissement du groupe Maif, Maif Impact a investi dans la jeune entreprise Colori. Cette dernière lutte contre l’illectronisme en mettant en place notamment des ateliers de découverte du code et de la technologie, et ce sans écran pour les enfants de 3 à 8 ans.

Pour participer à la levée de fonds de Colori, Maif Impact s’est associé avec la Banque des Territoires. Grâce aux un million d’euros récoltés, Colori pourra toucher davantage de territoires reculés dans les zones rurales, renforcer ses partenariats et conquérir des parts de marché.

D’après Christophe Genter, directeur du département cohésion sociale et territoriale à la Banque des Territoires, « Le confinement a mis en lumière l’urgence de former au numérique dès le plus jeune âge, afin d’éviter que les 13 millions d’élèves d’aujourd’hui, et en particulier les filles, soient les 13 millions de Français exclus du numérique demain. Cet enjeu se jouera principalement sur le champ du périscolaire, entre l’école et la maison ».

 

Alan

Alan, le néo-assureur santé qui ne cesse d’évoluer depuis sa création a bouclé à nouveau une levée de fonds de série E (2021 : série D, 2020 : série C). Un financement de 183 millions d’euros a été rassemblé par des investisseurs existants mais aussi des nouveaux tels que Temasek, Index, Coatue, Ribbit Capital, Exor, Dragoneer et Lakestar. Depuis son lancement, Alan a réussi à lever au total près d’un demi-milliard d’euros.

En ce qui concerne les chiffres de 2021 :

  • 255 000 assurés fin décembre; soit une augmentation de 86%. Il s’agit principalement d’assurance en collective  auprès de 14 000 entreprises).
  • 81 millions d’euros de primes d’assurance acquises (37,1 millions en 2020).
  • 51,8 millions d’euros de résultat technique brut, soit toujours déficitaire (contre 33,1 millions d’euros fin 2020).
  • 200 millions d’euros de chiffre d’affaire d’annuel (contre 161 millions fin 2021).

D’après l’assureur, «Ces pertes peuvent parfois être utilisées par nos concurrents comme un argument contre Alan. Pourtant il s’agit d’une stratégie éclairée et validée avec nos investisseurs qui nous donnent les moyens financiers (…) pour pouvoir rapidement assurer plusieurs centaines de milliers de personnes en Europe ».

D’ici 2025, l’assurtech compte atteindre de nouveaux objectifs, notamment le recrutement de 1 000 nouveaux collaborateurs, assurer trois millions de personnes (contre, donc, 255 000 fin 2021) et, atteindre la rentabilité à compter de cette date.

 

Partenariats

Malakoff Humanis & Swiss Life

     
L’assureur Malakoff Humanis et le groupe Swiss Life s’unissent pour former une alliance stratégique sur le marché de la mobilité internationale, plus précisément celui de couverture santé et prévoyance des expatriés.

Sur le plan capitalistique, la plateforme Owello, plateforme de Swiss Life, devient une joint-venture codétenue à parts égales par Malakoff Humanis et Swiss Life France. Le montant de l’opération n’a volontairement pas été divulgué.

Christophe Scherrer, directeur général délégué de Malakoff Humanis a déclaré « Nous avons observé que le marché de la mobilité internationale présente des atouts majeurs en matière de développement et de rentabilité. Augmenter notre activité sur ce marché nécessite des investissements importants pour optimiser la gestion et le parcours client. Nous étions à la recherche d’un partenaire pour accélérer notre développement sur ce marché et Owello nous a paru être la meilleure solution ».

Quant à Pierre François, directeur général de SwissLife Prévoyance et Santé, il explique que « Contrairement au marché local, le marché des expatriés présente des risques spécifiques, avec des remboursements significatifs, l’assureur n’intervient pas en complément de la Sécurité sociale, le pilotage de la sinistralité ressemble à celui de l’IARD… Nous avons lancé Owello en 2020, une plateforme dédiée à la gestion et 100% dématérialisée. Afin de pouvoir mener un certain nombre d’investissements et d’atteindre une taille critique, il était nécessaire de se rapprocher d’un autre acteur ».

 

Marché

CNP Assurances

Ça y est ! En ce début du mois de mai, l’offre publique d’achat simplifiée des actions de CNP Assurances par La Banque Postale a été ouverte. Le prix de l’offre a été fixé à 20,90€ par action, dividende de 1 euro détaché. Le Conseil d’Administration a rendu un avis favorable à cette décision, en discussion depuis de nombreux mois.

La veille de l’ouverture, La Banque Postale détenait 85,25% du capital et 90,83% des droits de vote de CNP Assurances.

 

CNP Assurances et AG2R La Mondiale: FRPS

           
Le 12 mai dernier, Arial CNP Assurances a présenté trois demandes auprès de l’ACPR afin de transférer une partie de ses portefeuilles de contrats auprès d’AG2R Prévoyance, La Mondiale et CNP Assurances. Ces demandes devraient lui permettre de devenir un FRPS. Et pour cause, cette transformation permettrait à la filiale de renforcer son positionnement sur le marché de la retraite supplémentaire. De cette manière, elle se plierait à la directive IORP, une régulation plus adaptée aux investissements de long terme. Nous vous en dirons plus dans deux mois à l’issue des observations des créanciers sur ce projet.

AXA

Le groupe français a annoncé sa volonté de de transformer sa holding en réassureur. «Il est prévu qu’AXA S.A. devienne un réassureur agréé par le régulateur et absorbe la captive actuelle de réassurance interne, Axa Global Re, dans le cadre d’une fusion» a déclaré AXA. Cette transformation devrait permettre à l’assureur de dégager environ 2 milliards d’€ de trésorerie supplémentaire à horizon 2026. Cette opération devrait être finalisée d’ici fin juin, sous réserve de la validation de l’ACPR.

« Cette initiative vise à améliorer la fongibilité du capital dans l’ensemble du groupe, conformément à notre politique de gestion du capital », a expliqué alors Alban Mailly de Nesle, directeur financier d’Axa.

Une autre actualité à propos du groupe concerne le placement de dette subordonnée. En effet, afin de refinancer une partie de ses dettes dont celles liées à Axa XL, le groupe AXA a placé 1,25 million d’euros d’une émission d’obligation subordonnées Reg S auprès d’investisseurs institutionnels. L’échéance est fixée à 2043.

Le remboursement concernerait une obligation subordonnée 4,45% de 500M d’euros de dollars, soit 466,27M d’euros à échéance 2025, ainsi que l’obligation subordonnée 3,25% de 500M d’euros à échéance 2047.

D’après le communiqué, « La transaction a rencontré une forte demande des investisseurs, avec une émission souscrite près de 2 fois » et « Le taux fixe initial est de 4,25% par an jusqu’à la fin de la période de remboursement anticipé de 6 mois (en mars 2033), puis le taux d’intérêt devient variable basé sur l’EURIBOR 3-mois avec une marge incluant une majoration d’intérêt de 100 points de base ».

 

Santé: les assureurs et l’État 

Florence Lustman, présidente de France Assureurs, lors d’une table ronde de la REF santé du Medef.

Le 25 mai dernier, les acteurs privés de la santé, conviés par le MEDEF,  se sont réunis pour échanger sur le thème de la journée : « La santé, une affaire d’État ?».

Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF a exprimé son souhait de redonner à l’État sa place d’arbitre afin de définir une direction pour le domaine de la santé. Il est également en faveur d’une meilleure collaboration entre le gouvernement et les acteurs privés.

Pour étayer ses propos, il a fait référence à l’étude de l’IFOP selon laquelle les Français seraient rassurés par la coopération entre les acteurs publics et privés en matière de santé. Trois quarts des participants sont satisfaits du système mis en place mais cela n’empêche les préoccupations concernant, entre autres, les déserts médicaux et la pénurie de personnel médical. En outre, parmi les sondés, 41% réclament une amélioration des remboursements.

Du côté de France Assureurs, sa présidente Florence Lustman, a applaudi la création d’un ministère de la Santé et de la Prévention. Lors d’une table ronde intitulée « La santé, une affaire de tous ? », Florence Lustman a mis en avant les qualités des assureurs pour collaborer étroitement avec le gouvernement sur la prévention. Elle a déclaré: « Notre qualité d’investisseur nous permet d’investir sur des innovations et de les déployer ensuite dans le cadre de l’offre de services des complémentaires santé. Nous avons décidé d’investir 800 millions d’euros sur l’innovation en santé. »

 

Législation

Loi Eckert et Agira

Selon les chiffres publiés par France Assureurs, en 2021, les dispositifs mis en place par la loi Eckert ont permis dans le cadre d’Agira 1 d’identifier le décès de 17.676 propriétaires de contrats en déshérence (26% en plus qu’en 2020). Pour Agira 2, la consultation par les assureurs du fichier INSEE a permis de retrouver 41.302 assurés (6,8% en moins qu’en 2020). Cela représente un total de 1,16Md d’euros à régler aux bénéficiaires.

Piqure de rappel : Depuis 2016, les assureurs sont dans l’obligation chaque année de s’informer sur les décès éventuels de leurs clients. Ensuite, ils sont invités à rechercher les bénéficiaires des contrats concernés (Agira 2). En parallèle, l’Association pour la gestion des informations sur le risque en assurance travaille avec des potentiels bénéficiaires afin de retrouver leurs contrats (Agira 1).

Fin 2021, 65% des contrats identifiés grâce à ce dispositif ont été réglés pour un montant de 753M d’euros.

 

Sources: