Entre méfiance et croissance, où se positionne l’assurance au comportement aujourd’hui ?

 

Le point sur les avancées et les freins dans le secteur.

 

Dans la famille des nouveaux produits d’assurance, étudions aujourd’hui l’assurance au comportement. Certains y voient une manne pour faire des économies, d’autres, une menace pour la vie privée des assurés. Qu’en est-il concrètement, et en quoi consiste-t-elle ?

Prenons l’exemple de l’assurance vie : en bref, ce type d’assurance se base sur votre hygiène de vie pour vous proposer des tarifs plus ou moins attractifs. Comment les assureurs s’y prennent-ils ? Il suffit de jeter un coup d’œil outre-Atlantique, chez l’assureur John Hancock notamment, pour comprendre comment ce système peut marcher en pratique.

Concrètement, les assurés disposent de montres connectées, ou du moins d’une application sur leur téléphone permettant à l’assureur de surveiller une série de critères (nombre de pas effectués par jour, pression artérielle, habitudes alimentaires et de sommeil, etc.) déterminant in fine le montant de la prime d’assurance. En d’autres termes, un assuré ne faisant pas de sport et ayant une carte de fidélité au fast food du quartier devra payer bien plus cher que son voisin sportif et accro des produits bio.

Aux Etats-Unis et en Angleterre notamment, ce type d’assurance est bel et bien implanté dans le paysage assurantiel, avec des compagnies d’assurance ne proposant plus que des assurances basées sur les informations de santé de leurs assurés.

 

Qu’en est-il en Europe ?

Le projet de lancer ce type de produit ne date pas d’hier (mais de juillet 2016 pour être exact). A l’époque, Generali avait lancé son produit Vitality en Allemagne avant de le mettre en vente en France, ce qui avait causé de vives réactions à l’époque.

Aujourd’hui, c’est Société Générale qui rejoint la danse, en investissant l’équivalent de 1,1 million d’euros dans la start-up tchèque MutuMutu, spécialisée dans la prévoyance et la tarification comportementale. L’assureur indique par ailleurs qu’il pourrait augmenter sa participation, aujourd’hui minoritaire, d’ici la fin de l’année.

 

Pourquoi les assureurs souhaitent-ils se positionner sur ce marché ?

Tout d’abord, parce que ce business model représente un avantage certain pour l’assureur en termes de gestion des risques : avoir la capacité de déterminer quels assurés courent le plus de risque dans leur portefeuille avec autant de précision est un atout considérable. De plus, ce type d’assurance permet de répondre à la demande des assurés souhaitant accéder à des tarifs sur mesure.

C’est donc tout naturellement que les assureurs étudient la possibilité de se positionner sur ce marché, que ce soit via des produits distribués par leur propre entreprise, ou bien en coopérant avec de novelles startups innovantes.

 

A quoi doit-on s’attendre dans le futur ?

Le marché français se dirige-t-il vers la banalisation de ce genre d’assurances ? Ou bien les français ne sont-ils pas encore tout à fait prêts à partager ce genre d’informations sensibles en continu avec leur assureur ?

Jusqu’à présent, ce genre de produit ne fait pas concurrence au schéma plus « classique » d’assurance. Cependant, qu’en sera-t-il dans les prochaines années ? Les nouvelles générations ultra connectées pourraient notamment être séduites par ce type d’offre.

Bien que nous en soyons toujours aux balbutiements de l’assurance au comportement en France, il parait primordial de surveiller l’avancée de ces produits car il semblerait que cette tendance soit destinée à se renforcer dans les années à venir.

 

Sources :