Les (ré)assureurs face aux taux bas

Photo by Giorgio Tomassetti on Unsplash

Dans ce contexte des taux bas, la stratégie Investissement des (ré)assureurs doit s’adapter à cette situation mais aussi aux exigences réglementaires, bien que ces 2 conjonctures se nourrissent l’une l’autre. En effet, les régulateurs observant la baisse des taux et l’arrivée des taux négatifs, deviennent d’autant plus vigilants sur les ratios de solvabilité des assureurs.

Ainsi, en France, 2 assureurs spécialement exposés ont été identifiés par l’enquête mondiale Assurance 2019 de Natixis IM . D’abord CNP Assurances qui est passé de 187% à 161% de ratio de solvabilité entre 2018 et ce 3ème trimestre 2019. Deuxièmement le groupe AXA qui à la fin de l’année 2018 affichait un ratio de solvabilité de 193%, tandis qu’au 30 juin 2019 il était descendu à 190%. Cependant le groupe a pensé long terme et a mis en place une véritable stratégie pour contrebalancer ces effets des taux négatifs et son exposition aux produits vie. Ainsi, avec l’intégration d’AXAL XL au modèle interne du groupe, la vente d’AXA Bank Belgium et la vente d’AXA Equitable Holdings (branche d’assurance vie aux Etats-Unis), AXA multiplie les initiatives pour maximiser son ratio de solvabilité.

A l’instar du groupe AXA, tous les acteurs mettent en place des stratégies d’investissements pour faire face à ces taux bas persistants. Ainsi, l’étude de Natixis IM révèle que les (ré)assureurs français ont de plus en plus recours à des actifs alternatifs, avec en tête l’investissement en private equity (non coté) et l’immobilier.

« La question est désormais : comment aller au-delà de 20% d’actifs alternatifs en portefeuille ? Dans le contexte actuel, les assureurs ont tendance à réduire la poche obligataire et la poche des actions cotées, qui subit le plus de volatilité comptable, au profit des actifs alternatifs. Certains acteurs ayant une problématique de solvabilité sont, eux, allés chercher de la duration sur l’obligataire car la baisse des taux impacte fortement leurs engagements au passif », observe Estelle Castres, co-responsable de la distribution France, Benelux, Genève, Monaco & Israël pour Natixis IM.

Pour la prochaine révision de Solvabilité II on annonce déjà un durcissement de la norme. Sachant qu’à l’heure actuelle, toujours d’après ce même rapport, les principales préoccupations concernant les risques de portefeuilles pour l’année à venir sont pour 87% des assureurs français les taux d’intérêts, ainsi que les réglementations (47% des acteurs français) et la volatilité (47%). Au niveau mondial, on retrouve la même préoccupation en tête (les taux d’intérêts pour 73% des (ré)assureurs interrogés), mais les ralentissements économiques et les facteurs géopolitiques prennent le pas sur les réglementations (seulement 34%) et la volatilité des marché (46%). Il est vrai que l’Europe et l’Asie ont des réglementations assez fortes par rapport au reste du marché. Avec une globalisation de plus en plus forte, le rôle de l’Association Internationale des Superviseurs d’Assurance (IAIS) prend de l’ampleur et en janvier 2020 le Standard International de Capital (ICS) devra être appliqué.  L’avenir dira si cette tendance d’une réglementation mondiale s’accentuera ou non.

 

Sources :