Quel avenir pour l’assurance agricole ?

Le mois d’octobre a été décisif pour l’avenir de l’assurance agricole, découvrez pourquoi.

Le Congrès de l’Association Internationale des Assureurs de la production agricole (AIAG), organisé tous les deux ans dans un pays différent, s’est tenu cette année en France, à Bordeaux. Trois journées d’échange en octobre dernier ont permis de dégager plusieurs objectifs répondant à la problématique du déficit de l’assurance agricole en France depuis plusieurs années, sans compter sur les effets du dérèglement climatique dont l’impact se fait de plus en plus ressentir. Voici ce qui a été identifié :

·        Doubler la surface agricole couverte par une assurance multirisques climatiques.

Effectivement à l’heure actuelle, seul 30% des surfaces cultivées en France sont couvertes par ce type de contrat. Si plus d’exploitations étaient assurées, cela permettrait de déminuer le risque d’antisélection et de diminuer les coûts de ce type de produits, aussi bien pour les assureurs que pour les exploitants agricoles.

·        Développer une véritable culture du risque, à la FFA de faire en sorte que s’assurer devienne un réflexe…

·        Repenser le mécanisme des fonds d’Etat qui interviennent en cas de dommages.

Il ne s’agirait pas nécessairement d’augmenter ou d’améliorer les remboursements mais surtout de mieux organiser la collaboration et l’articulation entre les dédommagements des assureurs et ceux de l’Etat.

·        Simplifier l’offre

Afin qu’elle soit plus lisible et accessible pour tous les types d’exploitants agricoles et pour tous les types de culture.

·        Une des idées proposées serait de créer un véritable pool d’assurance agricole, notamment entre Groupama et Crédit Agricole Assurances (les 2 principaux acteurs de ce marché en France).

 

« Ce dernier point permettrait de « proposer un tarif beaucoup plus partagé entre assureurs de façon à rassurer nos clients, les agriculteurs et à permettre à l’Etat de jouer son rôle étant donné qu’il s’agit d’une offre largement subventionnée. Dans le contexte de dérèglement climatique, nous ne sommes pas dans une logique baissière des tarifs. L’idée, en mettant en commun les données des assureurs, est d’arriver à un tarif au plus juste du risque », explique Delphine Létendart, directrice du marché agricole de Groupama. « Cela permettrait de faciliter l’accès au marché, de renforcer la confiance et de mutualiser le risque entre assureurs. » Ce qui permettrait donc d’augmenter le nombre d’assurés, car « une agriculture qui n’est pas protégée est une agriculture de moins en moins compétitive. » ajoute Jean-Michel Geeraert, directeur du marché de l’agriculture chez Pacifica, filiale de Crédit Agricole Assurances.

 

Ces objectifs et propositions ont été envoyées à l’actuel Ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume. Une concertation a eu lieu à la fin de ce mois d’octobre. En conclusion, 3 axes de travail ont été dégagés :

·        L’arboriculture, qui ne compte que 2% d’assurés et qui est régulièrement et gravement touchés par les chutes de grêles.

·        L’articulation et la collaboration entre les fonds d’Etats et les assureurs, comme voulu par les assureurs lors du congrès de l’AIAG.

·        L’amélioration de la prévention des risques en menant une campagne de sensibilisation et d’information auprès des agriculteurs et exploitants agricoles. Un des points cruciaux sera notamment de simplifier et de rendre plus transparent le mode de fonctionnement, de remboursements et de garantis de ce produit auprès des agriculteurs.

 

Il faudra donc attendre les premières conclusions de ces groupes de travail pour définir si les agriculteurs et les assureurs ont été écoutés.

 

 

Sources :

Image : © Liese Barbeau Cochet