Restez au courant – Avril 2022

On résume pour vous toute l’actualité de ce mois d’avril mouvementé.

 

Rachats et regroupements

AXA & Banco BPM

AXA SA a l’intention d’acquérir une participation majoritaire dans les unités d’assurance de la 3ème banque italienne Banco BPM. Apparemment, la discussion a commencé entre les 2 parties et l’achat de la participation majoritaire coûterait environ 1,5 milliard d’€.

Selon une source anonyme, AXA attend que Banco BPM devienne propriétaire de plusieurs compagnies d’assurance. Ils ont également déclaré qu’un autre élément à prendre en compte est le fait que Crédit Agricole SA a récemment acheté une participation dans Banco BPM, ce qui pourrait décourager les concurrents potentiels. Jusqu’à présent, aucun représentant des 3 sociétés respectives n’a accepté de faire un commentaire. De plus, peu de temps avant, Covéa a annoncé la revente de ses parts dans leur co-entreprises d’assurance Bipiemme Vita et Bipiemme Assicurazioni. Ce rachat – qui concerne 81 % du capital des entités pour un montant estimé à 310 millions d’€ – doit donc faire de Banco BPM leur seul et unique actionnaire.

 

BPCE Mutuelle & CGPCE

La mutuelle BPCE et l’institut de prévoyance CGPCE ont déposé une demande après de l’ACPR pour créer une société de groupe assurantiel de protection sociale (SGAPS). Ce projet répond « aux attentes du régulateur en termes de gouvernance des risques », selon le rapport SFCR de BPCE Mutuelle. Les 2 acteurs de l’opération travaillent déjà ensemble dans le cadre de l’association EPS (Ensemble Protection sociale).

La mutuelle BPCE couvre la santé des salariés et anciens salariés des Caisses d’Épargne et d’autres entreprises du groupe BPCE. Elle propose également des couvertures santé complémentaire individuelle et des assurances de prêts assurés par CNP Assurances. Elle couvre 64 800 adhérents et a généré un chiffre d’affaire de 90,6 millions d’€ en 2020 et un résultat net de 3,3 millions d’€.

De l’autre côté, la Caisse Générale de Prévoyance des Caisses d’Epargne (CGPCE) couvre la prévoyance et la retraite supplémentaire des salariés et anciens salariés des Caisses d’épargne et d’autres entreprises du groupe BPCE. En 2020, l’institution de prévoyance a enregistré un 156 millions d’€ de cotisations et un résultat net de 30,2 millions d’€.

 

Mariage La Banque Postale & CNP Assurances

Enseignes CNP Assurances et La Banque PostaleLe projet lancé en 2018 par Bruno Lemaire de créer un bancassureur public est toujours en cours. Fin 2021, un nouveau pas avait été franchi avec le rachat à BPCE par la Banque Postale de 16,1% de parts supplémentaires du capital de CNP Assurances. Restait à La Banque Postale de lancer une OPA simplifiée sur les 21,1% restants.

C’est cette opération sur laquelle le conseil d’administration de CNP Assurances a émis un avis favorable. Et l’OPA devrait avoir lieu entre le 2 et le 31 mai 2022, car le 3 juin, l’AMF devrait publier l’avis de résultat de l’offre. Le comité, créé pour l’occasion, a précisé que cette opération ne devrait avoir aucune conséquence «sur la stratégie, l’organisation ou les effectifs». De plus, «le statut individuel ou collectif» de CNP, qui fait l’objet de craintes de la part de nombreux responsables syndicaux, devrait demeurer inchangé à en croire ce même comité qui précise que l’OPA n’aura «aucun impact sur le contrat de travail ou le lieu de travail des salariés» et «aucune conséquences sur les conventions, accords d’entreprise, engagements unilatéraux et usages en vigueur dans l’entreprise ou sur les institutions représentatives du personnel qui demeurent inchangés».

Reste le sujet épineux de l’intégration des activités non-vie de La Banque Postale à CNP. D’ailleurs «le comité aurait aimé avoir une vision plus précise de l’intégration de ces activités non-vie de La Banque Postale, y compris quant aux conséquences pour les collaborateurs de CNP Assurances», explique-t-il.

 

Covéa X PartnerRe, le sequel

C’est une histoire à rebondissements, mais qui approche, peut-être, de son dénouement. Et oui, on vous parle encore du rachat de PartnerRe par Covéa pour $US 9 milliards.

La Commission européenne a approuvé le rachat de PartnerRe par l’entité Covéa Coopérations. La Commission a souligné que ce rachat «ne soulèverait pas de problème de concurrence, car les chevauchements entre les activités des entreprises sont très limités».

Il y a cependant encore des ombres au tableau. En effet, en France, le groupe mutualiste est attaqué par l’Association pour la Sauvegarde des Mutualistes (ASPM) et Didier Camels, homme d’affaire repreneur de Le Tanneur ou des pianos Pleyel. La raison ? «Le trésor de guerre accumulé par les mutuelles devrait être reversé aux sociétaires via une baisse des primes», plutôt que de servir à financer des acquisitions. Et s’il dit pouvoir «comprendre qu’une entreprise du Cac 40 aille faire de la croissance à l’étranger», il trouve «choquant» qu’une mutuelle fasse de même. Sont en cours un recours auprès de l’ACPR, un procédure du tribunal judiciaire de Paris et enfin un recours au pénal. Affaire à suivre.

 

Partenariats et nouveaux produits

Munich Re & OneDegree

Le réassureur Munich Re a décidé de s’associer à OneDegree, une insurtech basée à Hong Kong, pour assurer les NFT et développer des offres couvrant les actifs numériques.

L’explosion du phénomène cryptographique a conduit à un partenariat de 3 ans entre les 2 entreprises, qui ont mis au point une solution révolutionnaire : OneInfinity. Elle est conçue pour les plateformes de négociation numérique, les dépositaires, les gestionnaires d’actifs et les fournisseurs de technologie.

Dans le cadre de l’accord, Munich Re fournira une capacité de réassurance et un soutien technique à la souscription à OneDegree, qui deviendra ainsi le premier assureur agréé en Asie à collaborer avec un réassureur de classe mondiale offrant ce type de couverture.

 

AXA France lance une nouvelle entité

L’assureur français souhaite se positionner sur les sujets de bien-être et d’absentéisme au travail. L’assureur a donc créé une nouvelle marque : Verbateam. Cette nouvelle structure est une société de conseil pour les employeurs soucieux de prévenir l’absentéisme au travail. Pour ce faire ils proposent l’analyse de la qualité de vie des travailleurs dans l’entreprise, la mise en place de programmes préventifs, ils proposent aussi des bilans de santé, etc. Verbateam utilisera les données anonymes à disposition d’AXA France, afin, notamment, de situer l’entreprise client sur le marché et d’offrir un diagnostic.

« On va densifier l’offre et passer des partenariats avec des acteurs de la prévention et des acteurs dans le domaine médical et paramédical », indique Diane Deperrois, Directrice chargée chez AXA France des solutions d’épargne, de santé et de prévoyance à destination des entreprises. Elle a également souligné que Verbateam a déjà « quelques clients ». La structure, lancée ce mois d’avril 2022, se compose d’une dizaine de personnes et se décrit comme une start-up.

 

WTW met à jour son outil Radar

Willis Towers Watson (WTW) vient de publier une mise à jour de son outil de tarification, le logiciel Radar. Le logiciel open-source Python a été entièrement intégré à la nouvelle version : Radar 4.14. Grâce à cette mise à jour, la tâche sera plus facile pour les assureurs qui auront accès à un environnement sophistiqué combinant des capacités avancées de pricing avec le puissant Python.

En effet, les pratiques de travail des assureurs ont considérablement changé avec la crise sanitaire. Par conséquent, les méthodes d’analyse se sont intensifiées, de même que la nécessité de s’adapter rapidement aux chocs du marché et l’automatisation des processus. En outre, la pression exercée sur les assureurs pour qu’ils incluent des contrôles de gouvernance et de sécurité dans leurs capacités de tarification a également augmenté.

Selon Serhat Guven, Directeur général de WTW, “la technologie Radar a toujours dominé le marché par sa capacité à développer et à déployer des algorithmes de tarification complexes avec facilité et rapidité, en s’appuyant sur une capacité de gouvernance transparente et sophistiquée.

 

Marché

Excellent début d’année pour l’assurance vie

France Assureurs a publié le bilan des collectes pour l’assurance vie en ce 1er trimestre 2022. La collecte nette atteint 2,2 milliards d’€ sur le seul mois de mars, et 8,4 milliards d’€ pour le trimestre. Une performance inégalée depuis 2011.

Bien que l’assurance vie semblait avoir perdu de son attrait pendant la crise sanitaire, le produit a fait un vrai comeback, qui poursuit donc sa progression. «Dans un contexte macroéconomique et international toujours incertain, les Français considèrent l’assurance-vie comme le produit d’épargne de référence», s’est félicité Franck Le Vallois, Directeur général de France Assureurs. «Le contexte actuel est favorable à l’épargne en général», a ajouté Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne.

 

L’EIOPA veut plus de transparence sur les stress tests

L’EIOPA souhaite que les législateurs locaux européens publient les résultats des stress tests (ou tests de résistance) pour chaque assureur individuellement et non pas de manière agrégée. Les stress tests permettent aux superviseurs de mesurer la solidité des assureurs face à des conditions économiques et financières difficiles ou à d’autres chocs.

C’est déjà le cas pour les banques européennes et cette pratique «améliorerait la discipline du marché, augmenterait l’engagement des participants et contribuerait à assurer des conditions d’exercice équitables entre acteurs du secteur de l’assurance et du secteur financier», argumente l’EIOPA. L’avis de l’autorité européenne a été rendu à la Commission Européenne au Conseil de l’Union européenne et au Parlement européen. Le superviseur suggère aux législateurs européens de s’emparer de la révision en cours de Solvabilité 2 pour lui donner le pouvoir de publier des stress tests plus détaillés.

Cette mesure n’est pas très populaire, et bien que cela soit recommandé, les assureurs continuent de publier les résultats des stress tests au niveau groupe. «Sans obligation légale, les publications de résultats au niveau individuel, devraient plutôt rester l’exception que la norme», a communiqué Petra Hielkema, la Présidente de l’EIOPA. France Assureurs, de son côté, a fait savoir son désaccord par la voix de son Directeur général, Franck Le Vallois. «La publication des résultats individuels n’aurait pas de signification et pourrait même induire une distorsion de concurrence entre les acteurs soumis à cet exercice et ceux qui ne le sont pas.»

 

Sources: