Restez au courant de l’actualité marché – Juin 2021

On résume pour vous toute l’actualité du mois de juin.

Partenariats et rachats

Aéma – Aviva France

Aviva to sell French arm to Aéma Groupe for €3.2bn | News | The InsurerLe groupe Aéma, qui inclut la MACIF, continue de planifier son rachat du portefeuille Aviva France. Le groupe mutualiste a annoncé vouloir clôturer le rachat, qui devrait s’effectuer pour 3,2 milliards d’euros, d’ici à la fin de l’année. Aéma était entré en négociations exclusives avec la maison-mère britannique en février dernier. Aéma doit encore obtenir le feu vert de l’ACPR et de l’autorité de la concurrence. Si cette affaire vient à se conclure, elle devrait faire rentrer Aéma dans le top 5 des plus gros assureurs français.

Le groupe mutualiste a déjà désigné le Directeur Général d’Aviva France en la personne de Philippe Sorret.

Maif – MGEN

La MAIF et la MGEN proposent la complémentaire Efficience Santé - MutuelleTandis que Maif continue de travailler sur son rapprochement avec SMACL, l‘assureur des collectivités locales faisant parti du groupe Vyv, c’est avec une autre entité de ce même groupe que l’assureur niortais travaille sur un partenariat. En effet, Maif renforce son partenariat avec MGEN, autre acteur historique de l’assurance de l’Education Nationale.

Cela fait longtemps que ces 2 assureurs travaillent ensemble. En 2002, ils avaient proposé une offre commune en santé individuelle, complétée en 2011 avec une autre gamme, toujours en santé. Puis en 2019, le réseau de la Maif a commencé à présenter sa nouvelle offre en santé collective à destination des associations. Ce partenariat renforcé vise à également proposer une couverture prévoyance à ces mêmes associations. Depuis mi-mai, la Maif propose à ses associations sociétaires et prospects une analyse de besoins en prévoyance, réalisée par les équipes MGEN Solutions. Le groupe MGEN, au travers de sa filiale MGEN Solutions, assure quant à lui la gestion opérationnelle des contrats en santé et prévoyance. De son côté, MGEN Solutions pourra s’appuyer sur la Maif pour « proposer aux structures de l’ESS adhérentes en santé et prévoyance, une analyse de besoins et une expertise en IARD sur la responsabilité civile professionnelle, la couverture des risques liés aux locaux et aux flottes automobiles », indiquent les partenaires dans un communiqué.

Generali

Generali diventa socio di Cattolica con il 24,46% del capitaleGenerali souhaite continuer son développement européen, et cela passe par les acquisitions. Fin 2020, Philippe Donnet, le CEO de Generali annonçait : « Après avoir déjà investi 1,6 Md€ dans une dizaine de petites et moyennes acquisitions, nous avons encore 2,5 Md€ supplémentaires à allouer à d’autres acquisitions. Nous étudions les opportunités qui sont en ligne avec notre stratégie. Mais pour l’instant, nous n’avons pas de cibles en tête ».

L’assureur italien est passé de la parole aux actes puisque fin mai Generali a lancé une OPA sur Cattolica, son concurrent italien. Generali connait bien Cattolica puisqu’il l’avait déjà soutenu l’année passée, via un partenariat, pour faire face à ses exigences en capital, suite à la crise Covid qui l’avait mis en difficulté. L’offre publique d’achat se monte à 1,17 Milliard d’€ sur la totalité des actions.

Dans un deuxième temps, c’est en Grèce que Generali s’agrandit. En effet, l’assureur de Trieste a finalisé la reprise des activités vie, épargne et dommages de la filiale grecque du groupe Axa pour un montant total de 167 millions d’€.

L’affaire SCOR – Covéa

Covéa files complaint against SCOR CEO Kessler, SCOR refutes claims - Reinsurance NewsL’affaire SCOR-Covéa a trouvé un dénouement heureux ! En bisbille depuis 2018, les dirigeants de ces 2 géants du secteur de l’assurance ont finalement trouvé un accord.

Pour un résumé de l’affaire, vous pouvez consulter notre article du mois de mars.

Le conflit opposant Thierry Derez à Denis Kessler devait se poursuivre en juillet avec l’audience du tribunal correctionnel de Paris chargé de trancher sur les accusations d’abus de confiance et recel d’abus de confiance portés par SCOR contre Covéa. Mais contre toutes attentes le dialogue a été renoué et un accord a été trouvé. “Covéa et SCOR souhaitent retrouver des relations apaisées, fondées sur le professionnalisme, dans le respect de leurs indépendances respectives”, ont fait savoir les 2 entreprises dans un communiqué commun.

L’accord signé, encouragé par l’ACPR, stipule que SCOR retire ses accusations avant l’audience pénale prévue les 5 et 6 juillet prochains, les deux parties s’engageant à cesser toutes poursuites judiciaires. De son côté, Covéa, qui détient aujourd’hui 8,2% du capital de SCOR, s’engage à ne pas présenter d’offre, formelle ou informelle, de prise de contrôle de SCOR et à ne “pas acheter directement ou indirectement, seul ou de concert, d’actions SCOR”, pendant une période de 7 ans.

L’accord prévoit également que Covéa sorte progressivement du capital de SCOR, et il proposera une priorité sur ses actions au réassureur avec un prix fixe de 28€ par action, et ce pour une durée de 5 ans.

De plus, Covéa renonce à faire appel de la décision du tribunal de commerce de Paris qui l’avait condamné le 10 novembre 2020 à verser 20 millions d’€ de dommages et intérêts à SCOR en réparation du préjudice subi lors de sa tentative de prise de contrôle. En revanche, Covéa versera bien la somme de 20 millions d’€ à SCOR, comme indemnité transactionnelle.

Enfin, cet accord permet la reprise du partenariat commercial entre les 2 entités. Covéa s’engage à faire appel à SCOR pour des traités de réassurance en quote-part, et le réassureur lui cédera 30% de son portefeuille vie de sa filiale irlandaise, pour un montant d’un milliard d’€. Cela permettra à SCOR de “se redéployer vers la réassurance dommages (P&C) et à Covéa d’accélérer sa stratégie vers la réassurance vie” précise le communiqué commun.

 

Assurtechs et levées de fonds

Akur8

Akur8 double son offre | CFNEWSL’assurtech qui vise à moderniser la tarification grâce à l’utilisation de l’IA a conclu une nouvelle levée de fonds. Fondée en 2018 et développée au sein de Kamet Ventures, Akur8 a pour l’instant totalisé 42 millions d’€ en levées de fonds. La dernière en date, conclue ce mois-ci, leur a permis de lever 30 millions d’€. On compte parmi les participants les fonds BlackFin et MTech – déjà partenaires de l’assurtech.

Nostrum Care

Nostrum Care : 10 mois et 2 confinements plus tard, le lancement est imminent 🚀L’application Nostrum Care a été officiellement lancée ce mois de juin et son principal réassureur et actionnaire est Arch Ré.

Nostrum Care a pour vocation de rembourser ce qui, d’habitude, n’est pas remboursé par les assureurs. « L’idée de base était de créer une néo-assurance mobile pour recréer un lien de confiance entre assureurs et assurés : à partir de là, mon équipe est partie d’une feuille blanche » a confié Abel Biver, le fondateur. L’offre de Nostrum Care est construite autour de 3 services : la santé, les besoins du quotidien et la mobilité. Pour chacun, des offres spécifiques ont été co-construites avec différents partenaires assureurs et non-assureurs. Parmi ces partenaires on retrouve Mutuaide Assistance (partenaire assureur pour la garantie dépannage des NVEI), Mutest et la mutuelle médico-chirurgicale [MMC] (présent dans le capital), l’opticien Lissac ainsi que les start-up KoalaME (service de comptabilité pour les micro-entrepreneurs) et Medoucine (spécialisée sur les médecines douces). Nostrum Care intervient par exemple sur l’orthodontie adulte, le blanchiment des dents, l’aromathérapie, les protections hygiéniques… et les besoins du quotidien incluent par exemple une protection contre le cyberharcèlement, une offre d’assistance face au harcèlement scolaire ou encore une protection de l’e-réputation. La partie mobilité propose une assistance pour le dépannage des nouveaux véhicules électriques individuels (NVEI).

D’après l’Argus de l’Assurance, « Ce modèle comprend une autre particularité puisqu’aux côtés des garanties traditionnelles (exprimées exclusivement en euros et non en pourcentages, sous la forme de « cagnottes »), figurent aussi des « boosts » permettant aux utilisateurs de personnaliser leurs garanties au plus près de leurs besoins – « pour permettre aux assurés de reprendre le contrôle de leur assurance », selon la formule d’Abel Biver. De même, l’ensemble de ces garanties ne comprend aucune exclusion. »

Bought by Many

HUBBought By ManyL’assurtech anglaise Bought by Many, spécialisée dans l’assurance des animaux de compagnie, a clôturé début juin une levée de fonds lui permettant de rassembler 286 millions d’€, portant son financement total à 409 millions d’€. Cette levée menée par EQT Growth, Octopus Ventures et Munich Re a fait entrer l’assurtech sur le podium des assurtechs les mieux financées d’Europe. Lancé en 2017, et s’étant développé sur les marchés britannique et français, l’assureur a annoncé avoir doublé son chiffre d’affaires depuis sa création.

WeFox

wefox about usL’assurtech allemande WeFox a également conclu une levée de fonds importante, 531 millions d’€. Fondé en 2015, son financement total a quasi atteint le milliard de dollar avec 918,5 millions de dollars, soit 750 millions d’€. La pousse allemande a développé une plateforme de distribution vendant à la fois des produits créés par une filiale dédiée de WeFox et par des partenaires (la plateforme agglomèrerait plus de 5 000 intermédiaires). L’assurtech a dégagé un chiffre d’affaires de 140 millions de dollars en 2020 et entend être rentable d’ici 2023. L’ambition de Julian Teicke, le fondateur, est de faire de WeFox « l’un des acteurs dominants de l’assurance d’ici à fin 2030 ».

Vie d’entreprise

Télétravail et retour au bureau

Depuis le 9 juin, les employeurs peuvent inciter leurs employés à revenir sur site. « Les employeurs fixent dans le cadre du dialogue social de proximité un nombre minimal de jours de télétravail par semaine, pour les activités qui le permettent », précise le nouveau protocole sanitaire publié par le ministère du Travail le 2 juin. Dans le monde de l’assurance, chaque compagnie a mis en place des accords différents. Cependant le taux d’occupation des locaux ne peut pas, souvent, dépasser les 50%.

Chez Malakoff Humanis, seuls les managers ont été conviés à revenir sur site dès le 9 juin avant les autres salariés, afin de préparer le retour de ces derniers.

Pour la Maif, les employés ne reviendront qu’un jour par semaine dans leurs locaux, « puis probablement deux jours par semaine à partir du 5 juillet, si la situation sanitaire le permet », indiquait Évelyne Llauro-Barrès, directrice générale adjointe en charge des richesses humaines de la Maif.

De son côté, AXA remettrait en place un système de rotation, avec une partie des salariés venant deux jours par semaine à leur poste, puis trois jours la semaine suivante.

Chez Allianz France, les salariés peuvent désormais se rendre sur site « sans restriction ». « Cela signifie que si un collaborateur veut revenir cinq jours par semaine, il le peut, en accord avec son manager et dans la limite de 30% d’occupation », a indiqué une source interne.

La Mutuelle Générale, quant à elle, a signé un accord avec plusieurs syndicats qui permet à leurs 1900 employés une grande marge de manœuvre, puisque qu’ils peuvent prendre entre 0 et 5 jours de télétravail par semaine, avec un minimum de 4 jours par mois de présence dans les bureaux.

AG2R La Mondiale, de son côté, a annoncé une reprise par paliers jusqu’au 1er septembre, date à laquelle la direction du groupe souhaite revenir à une situation équivalente à celle pré-covid, avec un maximum de 2 jour hebdomadaire de télétravail.

Les vacances d’été devraient permettre d’alterner facilement les retours au bureau, et ainsi éviter les pics de fréquentation. Reste à voir comment la situation évoluera à la rentrée, et si le télétravail restera dans les mœurs pour le secteur de l’assurance. La politique de chaque entreprise risque d’être très différente, et cela pourrait bien faire la différence dans la marque employeur et l’attractivité des compagnies.

Bientôt la parité pour les mutuelles ?

La loi Copé-Zimmermann de 2010 imposait aux entreprises un quotas de femmes au sein des conseils d’administration. En raison de leur régime particulier, les sociétés d’assurance mutuelles échappaient à cette obligation. Une proposition de lois LREM vise à « accélérer l’égalité économique et professionnelle » en rectifiant cette exception. En effet, ce projet de lois prévoit « d’aligner les obligations applicables aux sociétés d’assurance mutuelles, relevant du code des assurances, sur celles des mutuelles relevant du code de la Mutualité » précise l’Argus de l’Assurance.

Si le projet est signé, d’ici janvier 2027, les sociétés d’assurance mutuelle devront s’assurer que leur conseil d’administration garanti une égalité des sexes (minimum 40%/60%). Pour les sociétés d’assurance mutuelles dont la proportion de femmes au sein du conseil d’administration est inférieure à 25 %, la date d’entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions est repoussée au 1er janvier 2030. Cela devrait leur laisser le temps de réunir leur conseil d’administration et de le renouveler, mais surtout de trouver des candidates adéquates pour les postes à pourvoir. En effet, Solvabilité 2 reste d’application, ce qui inclut ses exigences « fit & proper ». La date d’examen du projet de loi au Sénat n’est pas encore connue.

Sources