Restez au courant de l’actualité marché – Mai 2021

On résume pour vous toute l’actualité du mois de mai.

Résultats financiers

Résultats du premier trimestre 2021

Après une année 2020 en demi-teinte, les premiers résultats trimestriels de 2021 commencent à arriver. Et on peut dire que les assureurs s’en sortent mieux sur la partie dommages. En effet, les chiffres d’affaires publiés actuellement sur la partie dommages sont en augmentation pour Axa France (+4%), BPCE (+4%), Crédit Agricole (+6,4%) et Generali (+1,9%) par rapport à la même période de l’année précédente.

Du côté vie, épargne et retraite, le constat est plus mitigé. Si certains s’en sortent bien, notamment grâce aux Unités de Comptes et/ou grâce à leurs entités patrimoine, du côté Euro, les résultats sont en berne. BCPCE fait preuve de beaucoup de dynamisme avec un chiffre d’affaire en hausse de 18%, Crédit Agricole enregistre une hausse de son chiffre d’affaire en prévoyance, emprunteur et collectives de 5%, Generali de son côté annonce une hausse de 5,5% pour les primes brutes émises du côté vie. Enfin, Axa France enregistre une baisse de 5% de son chiffre d’affaire en vie épargne et retraite, et CNP Assurances fait la distinction sur son chiffre d’affaire en épargne retraite avec une hausse des UC de 0,5 md€ et une baisse côté Euro de 1,6 md€.

Classement de l’assurance vie 2020

La collecte en assurance vie pour cette année 2020 a chuté de 20% ! L’effet de la crise sanitaire, l’incertitude économique, les agences fermées, les français ont préféré garder leur épargne à portée de main plutôt que de l’investir dans les produits d’assurance vie.

Mais cette baisse de la collecte n’a pas touché tous les acteurs de la même manière. En effet, les bancassureurs sont les premiers à avoir observé une baisse drastique. Leur mode de distribution étant très dépendant des agences, la fermeture de tous leurs points de vente pendant les confinements successifs a eu de grosses conséquences. Par exemple, Prepar-Vie, HSBC Assurances vie ou encore les Assurances du Crédit Mutuel ont vu leur cotisation diminuer de respectivement 39, 35 et 34 %. Seul BNP Paribas Cardif s’en sort plutôt bien avec une baisse de 8% des cotisations, ceci grâce à un réseau de distribution très diversifié (agences, gestionnaires de patrimoines, banques privées).

Côté assureurs, quelques acteurs tirent leur épingle du jeu et observent une progression de leur collecte en assurance vie. En effet, Mutavie (Macif), Le Conservateur et Ageas France ont vu leurs cotisations en affaire directe augmenter de respectivement 1,2% 1,7% et 19,3%.

À noter que la décollecte a essentiellement affecté le fonds en euros, ce qui a été bien vu dans un environnement de marché où tout nouvel investissement dilue le rendement de l’actif général. En effet, crise sanitaire ou non, les assureurs devront continuer à essayer de convertir leurs clients aux unités de comptes. « Dans le cadre de Solvabilité 2 et avec la situation actuelle des taux d’intérêt, l’intensité en capital des fonds en euros est très forte et elle va encore s’accentuer dans les prochaines années avec la baisse de rendement de l’actif général », explique Baptiste Bréchot, Associé Risk Advisory chez Deloitte.

Top 15 de l’assurance vie pour la France en 2020 (en M€)

Source : Argus de l’assurance

Nouveaux acteurs

N26

Avis N26 (2020) : La banque mobile est-elle sérieuse ?

Après l’annonce de Revolut il y a quelques mois, c’est au tour d’une autre néobanque, N26, d’annoncer son arrivée sur le marché de l’assurance. En effet, N26 a signé un partenariat avec l’assurtech allemande Simplesurance pour créer ses produits. Pour l’instant N26 propose uniquement une couverture pour les smartphones, que les clients peuvent souscrire depuis leurs smartphones, et peuvent la résilier à tous moments. Mais l’objectif de la fintech allemande est bien de s’installer dans le paysage puisqu’elle travaille déjà sur toute une gamme de produits d’assurance : habitation, auto, moto, RC et même produits d’assurance vie !

« N26 va développer une palette complète d’assurances couvrant tous les besoins des Français avec la promesse d’une expérience aussi simple qu’autonome et aussi sécurisée que compétitive comparée aux acteurs traditionnels » explique Jérémie Rosselli, Directeur Général N26 France.

N26 revendique actuellement sept millions de clients en Europe dont plus d’un million en France.

Acheel

Start-up / Fintech : L'assureur Acheel lève 29 millions d'euros - NewpubmarketingUn nouvel assureur a vu le jour en ce 18 mai 2021. En effet, Acheel a reçu son agrément de l’ACPR, faisant de lui la troisième compagnie depuis 35 ans à recevoir cet agrément, avec Alan (assurance santé) et Seyna (assurance dommages).

Acheel annonce vouloir proposer des produits simples, avec une excellente expérience client, des prix justes et le tout pilotable depuis son smartphone. Pour l’instant, Acheel propose actuellement trois produits : santé individuelle, habitation et assurance chats et chiens. Il est prévu que d’ici la fin de l’année, l’assurtech diversifie son offre avec notamment, des produits auto, moto et emprunteur.

Pour se financer, Acheel a fait appel à des levées de fonds, récoltant 29 millions d’€ et compte parmi ses principaux actionnaires Xavier Niel, qui détient 20% du capital. Portag3 Ventures (ayant participé à la levée de fonds d’Alan et Qover) et Serena Capital (ayant investi chez Descartes Underwriting) ont également participé à ce tour de financement.

Partenariats et rachats

Allianz France

Bumpair, un casque gonflable pour les trottinettes électriques en libre  serviceAllianz France a noué un partenariat avec Bumpair, une entreprise ayant créée un casque de vélo gonflable. Ce casque, respectant les normes de sécurité, se range facilement dans sa poche, et à l’utilisateur de le gonfler quand nécessaire, permet une protection accrue.

Allianz France avait préalablement mené une étude qui avait montré que 69 % des usagers de trottinettes électriques en France déclaraient ne pas porter systématiquement leur casque. Dans un objectif de prévention, Allianz s’est donc allié avec Bumpair. Ce partenariat se traduit pour un soutien financier de la part d’Allianz, permettant de tester et améliorer le produit. De son côté Allianz a mis à disposition le casque à une centaine de ses salariés en test et le proposera à un tarif préférentiel à ses assurés utilisant des vélos, trottinettes, gyropodes et autres engins de déplacement personnels motorisés (EDPM).

Gras Savoye

Résultats 2018 : CA en hausse pour Gras Savoye WTW France - News Assurances ProC’est désormais officiel puisqu’Aon et Willis Towers Watson viennent d’annoncer la signature d’un « accord définitif portant sur la vente de Willis Re et d’un ensemble de services de courtage et de risques d’entreprise et de services de santé et d’avantages sociaux de Willis Towers Watson » au courtier américain Arthur J. Gallagher. Les activités du courtier seront cédées pour un montant total de 3,57 Md$ (environ 2,95 Md€).

Arthur J. Gallagher ne rachète pas l’intégralité des activités mais une réelle vente à la découpe a été évitée de peu. Au final, le courtier américain rachète aux deux groupes :

  • Les opérations de Willis Re au niveau mondial (hors Chine continentale et Hong Kong)
  • La réassurance facultative des cédantes à l’échelle mondiale (hors Chine continentale et Hong Kong)
  • L’entité courtage connue sous le nom d’Inspace à l’échelle mondiale
  • Les activités de courtage dans certains pays d’Europe dont la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Espagne, hors assurance affinitaire
  • Le cyber au Royaume-Uni et certains comptes dans les bureaux de Houston et San Francisco aux États-Unis ;
  • Les activités de courtage en assurance dommages dans l’Espace économique européen, au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Brésil et à Hong Kong, concernant certaines grandes entreprises multinationales dont le siège social se trouve en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Espagne
  • Les activités assurance de personnes en France, en Espagne et en Allemagne.

D’après l’Argus de l’Assurance, concernant Gras Savoye, les bureaux en région, l’assurance dommages et l’assurance de personnes, qui pèsent ensemble entre 85 et 90% de Gras Savoye, seront bien cédés à Gallagher. L’assurance affinitaire et les marchés spécialisés (RC médicale, sport, arts et culture, agricole, Gras Savoye Yachting et Gras Savoye NSA) resteront chez Aon. Ces deux activités rassemblent aujourd’hui un peu plus de 250 salariés pour environ 50 M€ de chiffre d’affaires, soit 10% du chiffre d’affaires de Gras Savoye. À noter que toute l’activité retraite (portée par WTW), en dehors de celle des régions, ne sera pas non plus cédée à Gallagher.

Cette annonce intervient après de nombreuses tractations et de nombreux allers-retours entre les différents potentiels acheteurs, Aon et WTW et les autorités de régulation. Ce rachat par Gallagher reste toutefois sujet à la finalisation du rapprochement entre Aon et Willis Towers Watson. « L’accord résout les questions soulevées par la Commission européenne et vise à répondre à certaines questions soulevées par les régulateurs d’autres juridictions », ajoute Aon dans son communiqué. Les deux compagnies espèrent finaliser leur rapprochement d’ici le troisième trimestre. Cette fusion reste dans l’attente de l’approbation de la Commission Européenne, qui a encore jusqu’au 3 août pour remettre ses conclusions.

Cyber attaques

Axa Partners

Actualités | Axa Partners ciblé par une cyberattaque en Asie | La ProvenceAxa Partners, la filiale d’assistance du groupe Axa, a été victime d’un ransomware en Asie. En effet, Asia Assistance (le nom de la branche asiatique d’Axa Partners) a été victime d’un vol de données de sa branche thaïlandaise (nommée IPA). Il semblerait que cela n’ait concerné que les données thaïlandaises, mais cela a eu un impact sur ses activités en Thaïlande, en Malaisie, à Hong Kong et aux Philippines. « À l’heure actuelle, rien ne prouve que d’autres données ont été consultées en dehors d’IPA en Thaïlande » a précisé Axa Partners.

D’après le Financial Times, les cybercriminels n’ont pas tardé à poster sur le dark web une annonce revendiquant le vol de données médicales, bancaires et des papiers d’identité. « Les régulateurs et les partenaires commerciaux de la société ont été informés de cet incident », a précisé Axa Partners. L’enquête a été ouverte.

Il semblerait qu’Axa ne soit pas disposée à payer une quelconque rançon, cependant si l’enquête devait confirmer que des données sensibles de certaines personnes ont été volées « les mesures nécessaires seront prises pour informer et soutenir toutes les entreprises clientes et les personnes concernées », indique Axa Partners.

Le débat

En 2020, 14% des entreprises françaises ont fait l’objet d’une cyberattaque avec demande de rançon (ransomware). Dans quasi deux tiers des cas, les victimes ont payé la rançon. Le constat est que la France est un des pays qui paient le plus facilement des rançons au monde d’après une étude menée par Hiscox. Ce constat a alerté les autorités publiques et le Sénat s’est, de ce fait, penché sur la question. Lors d’une audition au Sénat sur la cybersécurité des ETI et des PME, le 15 avril dernier, Johanna Brousse, vice-procureure chargée de la section « cybercriminalité » du parquet de Paris et Guillaume Poupard, directeur général de l’agence nationale de la sécurité des systèmes informatiques (Anssi), ont remis en question le rôle des assureurs dans le paiement de ces rançons.

En effet, une majorité des assureurs proposant une couverture cyber garantissant le paiement de la rançon en cas d’attaque de ransomware, avec pour conséquence que « La France est aujourd’hui l’un des pays les plus attaqués en matière de rançongiciels (…) parce que nous payons trop facilement les rançons » a souligné Johanna Brousse. Guillaume Poupard va plus loin et accuse les assureurs de jouer un jeu trouble et d’après lui les assureurs « préfèrent payer quelques millions de rançons plutôt que quelques dizaines de millions au titre de la perte des données garantie par la police d’assurance contractée. Nous devons mener un travail de fond pour casser ce cercle vicieux autour du paiement des rançons. » Face à ces accusations, la Fédération française de l’assurance (FFA) rappelle qu’ « à ce jour, et mis à part certains cas spécifiques visés par la législation, le paiement d’une rançon ne constitue pas une infraction ».

Si certains ont fait le choix de ne pas inclure de clause de garanti de paiement de rançon, comme Generali par exemple, d’autres le font systématiquement. Ne pas accepter cette garanti signifie souvent perdre des contrats.

Si payer la rançon encourage les hackeurs, ne pas le faire, et payer les dommages conduirait à une augmentation drastique des primes pour les assurés. L’équilibre n’est donc pas facile à trouver. Du côté des autorités, il est question d’interdire la pratique du paiement de la rançon. La FFA a assuré que si la pratique était rendue illégale, les assureurs se plieraient bien évidemment aux exigences et devraient trouver une solution qui reste satisfaisante pour les assurés, les assureurs et les autorités.

Sources :