Restez au courant de l’actualité marché – Mars 2021

 

Découvrez le condensé des actualités majeures de ce mois-ci, en quelques minutes seulement

 

Le dossier Covéa-SCOR

Thierry Derez, PDG de Covea, et Denis Kessler, PDG de SCOR, sont à couteaux tirés depuis août 2018.

Thierry Derez, PDG de Covea, et Denis Kessler, PDG de SCOR, sont à couteaux tirés depuis août 2018. (SIPA/AFP)

Si vous suiviez les informations durant l’été 2018, vous avez certainement entendu parler de l’affaire opposant Covéa à SCOR lorsque Covéa a proposé au réassureur de l’acquérir en le valorisant à plus de 8 milliards d’euros (43 euros par action). Le réassureur a aussitôt rejeté la proposition, mais Covéa a rendu public le rejet de l’offre, tout en maintenant ses avances.

Depuis, les deux dirigeants sont à couteaux tirés. Denis Kessler reproche à Thierry Derez d’avoir profité de sa position d’administrateur de SCOR pour favoriser ses projets et ceux de Covéa. Le mutualiste aurait même cherché à « tuer » un éventuel projet de rapprochement entre SCOR et son concurrent Partner Re.

Aujourd’hui, le groupe mutualiste Covéa reproche à Denis Kessler d’avoir manipulé le cours du titre SCOR et d’avoir dépensé des millions en frais d’avocats et de communication pour son seul intérêt personnel.

Thierry Derez a annoncé avoir déposé une plainte devant le Parquet national financier (PNF) contre Denis Kessler, PDG de SCOR, pour « manipulation de cours » et « abus de biens sociaux ». Le groupe agit en tant qu’actionnaire du réassureur, dont il détient 8 % du capital.

En novembre dernier, Denis Kessler, qui doit passer les rênes de son groupe à Benoît Ribadeau-Dumas en 2022, a gagné une manche devant le Tribunal de commerce de Paris. Celui-ci a condamné Thierry Derez et Covéa à une amende de près de 20 millions d’euros, considérant que le patron du mutualiste avait violé ses obligations d’administrateur. Les intéressés ont fait appel.

Désormais, Covéa affirme que le PDG de SCOR a pris des décisions contraires à l’intérêt social de son groupe. Dans le détail, le mutualiste accuse aujourd’hui Denis Kessler d’avoir manipulé le cours de Bourse en ordonnant l’achat de 4,6 millions de titres SCOR pour quelque 195 millions d’euros, entre le 25 octobre et le 10 décembre 2018.

Affaire à suivre…

 

Nouveaux acteurs et produits

Ce début d’année apporte son lot de mouvements sur le marché, entre nouveaux acteurs et nouveaux produits. On fait le point ?

Axa refond son offre multirisque professionnelle pour les TPE/PME. Malmené pendant la crise, le réseau d’agents généraux Axa entend conserver ses parts de marché grâce à une offre revue par la compagnie. Elle mise sur des garanties modulables adaptées à chaque type de professionnel et des services de prévention et d’assistance dédiés.

Itelis proposera un service d’opticiens en entreprise d’ici avril prochain. La plateforme de services en santé mettra à disposition des entreprises tous les services d’un magasin d’optique en entreprise, du dépistage visuel à l’examen de la vue en passant par le choix de l’équipement, sans se déplacer et sans frais supplémentaires.

Meilleurtaux rachète Mes-placements.fr, courtier en ligne spécialisé dans l’épargne (assurance vie, retraite, SCPI, PEA). Le nouveau groupe revendique la place de numéro un indépendant de l’épargne en ligne.

L’assurtech Luko a dépassé le cap des 100 000 assurés à la fin de l’année 2020. Et elle a bien l’intention de poursuivre sur cette voie en se lançant sur un nouveau marché : la multirisque immeuble. Depuis son repositionnement stratégique, Luko est adepte d’un discours et d’un positionnement plutôt offensif face aux assureurs “traditionnels” du marché de l’habitation. L’assurtech, lancée en 2017, intègre petit à petit de nouveaux produits pour développer ce qu’elle appelle la « verticale du foyer ».

Le spécialiste des assurances de personnes en collective Colonna entend doubler de taille d’ici cinq ans. Pour ce faire, il va notamment se développer sur une activité inédite pour lui : xCo Analytics, centrée sur le big data, que le groupe entend mettre au service des performances de ses entreprises clientes.

Le groupe Vyv et la Caisse des dépôts annoncent une alliance inédite via la création de l’Assist (Association innovation, santé et territoires). L’association créée par les deux partenaires a vocation à soutenir des projets d’innovation en santé dans les territoires, dans l’objectif d’un meilleur accès aux soins. Parmi les objectifs annoncés figurent la réduction des inégalités territoriales de santé, rendue flagrante par les déserts médicaux, le recours au numérique pour l’amélioration de l’accès aux soins, ou encore l’accélération du développement de projets dans les territoires.

Pendant ce temps, CNP se renforce en Italie avec une opération à 550 millions d’euros. La filiale d’assurance de La Banque Postale acquiert certaines activités du groupe britannique Aviva en Italie. Pour CNP Assurances, l’intérêt du marché italien est sa capacité à y vendre des produits d’épargne en unités de compte, plus rentables que l’assurance-vie traditionnelle française.

Generali reste à l’affût d’acquisitions en Europe : le troisième assureur européen, qui s’était intéressé à la reprise d’Aviva France, dispose d’un peu plus de 2 milliards d’euros à investir. Il regarde notamment le marché polonais, où Aviva a aussi mis en vente sa filiale.

Enfin, selon les informations de l’Argus de l’Assurance, l’éventualité d’une cession de la filiale française de Willis Towers Watson circule actuellement dans les états-majors des courtiers français. Ce n’est pas la première fois que des bruits courent autour des changements d’actionnaires dans le grand courtage, or dans le contexte du rachat en cours du britannique Willis Towers Watson par le courtier américain Aon en vue de former un mastodonte de 80 Md$ (environ 68 Md€), cette rumeur de marché prend une dimension particulière.

Pourquoi la vente de Gras Savoye WTW pourrait être considérée comme une option pour Willis Towers Watson ? La question est intimement liée aux discussions serrées en cours entre Aon-Willis et la Commission européenne, chargée d’examiner les conséquences du projet de fusion au plan concurrentiel sur le Vieux Continent. La direction de la concurrence européenne, qui a reporté le mois dernier les délais de son enquête en cours, attendrait d’Aon comme de Willis, des propositions de désengagements à hauteur d’1,8 Md$ (environ 1,5 Md€) dans certaines de ses activités de courtage pour « permettre l’exercice d’une concurrence effective ».

Pour atteindre cette somme, la piste d’une cession de l’activité de courtage en réassurance Willis Re est avancée par le site Reinsurance News, pour un montant d’1,15 Md$ (environ 970 M€) ou encore celle de l’aviation, mais elles ne seraient pas suffisantes pour lever entièrement les problèmes concurrentiels posés par Bruxelles. C’est dans ce cas de figure que la vente de Gras Savoye apparait comme une hypothèse crédible.

 

Législation

Une nouvelle réglementation entre en vigueur concernant l’épargne et les investissements verts. L’Europe durcit sa réglementation pour lutter contre le « greenwashing » en finance. A partir de ce mercredi 10 mars, les assureurs doivent publier des informations sur leurs investissements verts et leurs produits d’épargne, assurance vie et retraite.

La Cnil a partagé sa feuille de route de contrôles pour 2021. Au menu : cybersécurité. Dans la continuité des contrôles amorcés en 2020 sur les données de santé et l’encadrement des cookies, la Cnil va également se concentrer sur le niveau de sécurité des sites web en 2021.

La Fédération nationale indépendante des mutuelles s’insurge des propos tenus par Olivier Véran et Olivier Dussopt quant aux hausses tarifaires des organismes complémentaires.

Les propos d’Olivier Véran et Olivier Dussopt, respectivement ministres des Solidarités et de la Santé, et des Comptes publics, n’en finissent pas de déclencher de vives réactions dans le monde de la complémentaire santé. La semaine dernière, les deux ministres avaient critiqué l’attitude des organismes complémentaires santé qui, selon eux, n’auraient pas respecté leurs engagements post-Covid en procédant à des augmentations de cotisations. Ils avaient, rappelle-t-on, menacé dans le même temps de revoir le niveau de la « taxe Covid » pour 2021.

La Fédération nationale indépendante des mutuelles (FNIM), qui fédère des petites et moyenne mutuelles, a qualifié jeudi d’« inacceptable » l’attitude des deux ministres car ils font « un amalgame entre les engagements pris sur la non-répercussion de l’impact de la réforme 100% santé et la situation actuelle ». La FNIM considère que les affirmations ministérielles « reposent sur des évaluations ne tenant pas compte, pour ce qui est des prestations versées, d’une réalité 2021 qui sera marquée par des tensions économiques très fortes, un regain des dépenses prises en charge et des équilibres techniques très fragiles ».

« Plutôt que de chercher des boucs émissaires en relançant le « mutuelle bashing », les ministres feraient mieux de mobiliser les acteurs autour de solutions pérennes et coordonnées », lance encore la FNIM qui qualifie aussi le discours des ministres d’« irresponsable ».

 

 

Sources

Les Echos – Covéa attaque au pénal le patron de SCOR, Denis Kessler

Les Echos – CNP se renforce en Italie avec une opération à 550 millions d’euros

Argus de l’Assurance – Multirisque professionnelle : Axa refond son offre pour les TPE/PME

Argus de l’assurance – Itelis propose un service d’opticiens en entreprise

Argus de l’assurance – Meilleurtaux rachète Mes-placements.fr

Argus de l’assurance – Assurance habitation : Luko se lance sur la multirisque immeuble

Argus de l’assurance – Courtage : le groupe Colonna se lance dans une nouvelle activité

La Nouvelle République – Colonna mise sur Romorantin pour prendre un nouveau virage

Argus de l’assurance – Cnil : la feuille de route des contrôles pour 2021

Argus de l’assurance – Epargne et investissements verts : une nouvelle réglementation entre en vigueur

Argus de l’assurance – Mutuelles : une alliance inédite entre le groupe Vyv et la Caisse des dépôts

Argus de l’assurance – Taxe Covid : la FNIM dit non au « mutuelle bashing »

Argus de l’assurance – Rumeurs sur la vente d’un grand courtier français