Restez au courant – février 2022

On résume pour vous toute l’actualité de ce mois de février, certes court, mais intense.

Rachats et fusions

Allianz

Allianz logo

European Reliance - WikipediaLe groupe allemand a annoncé sa volonté de racheter European Reliance, une compagnie d’assurance grecque. Allianz a fait une offre à hauteur de 207 millions d’€ en vue d’acquérir 72% des actions. Si l’assureur hellénique accepte, European Reliance sera combiné à Allianz Hellas, la filiale locale du groupe allemand, créant ainsi le 5ème assureur du pays, et le 1er sur les dommages, en terme de primes émises. C’est l’actuel CEO d’European Reliance, Christos Georgakopoulos, qui devrait reprendre la direction de cette nouvelle entité.
Allianz continue sa stratégie de réorganisation de son groupe, ayant cédé des portefeuilles vie en octobre dernier par exemple.

 

AXA

Après l’annonce cet été, AXA vient d’officialiser la cession de sa filiale singapourienne. Axa Insurance Pte Ltd est vendu à HSBC pour un total de 463 millions d’€ (529 millions US$). À noter cependant que le groupe français restera présent sur le territoire singapourien via les activités d’Axa XL, Axa Partners ou encore Axa Global Healthcare et Maxis.
De l’autre côté de la Manche, AXA Insurance UK a conclu un accord avec Ageas UK. La filiale anglaise du groupe belge revend ses nouvelles activités pour les assurances aux entreprises. Avec cette transaction, Ageas souhaite se concentrer sur ses lignes d’assurance pour les particuliers. Le transfert de ces activités vers AXA sera opérationnel en juillet de cette année. Particularité, une centaine d’employés d’Ageas, travaillant principalement sur des lignes commerciales de souscription et de services de gestion des relations avec les courtiers, changeront de giron, mais resteront dans les locaux d’Ageas, dont AXA louera une partie.
Le groupe confirme donc sa volonté de simplification de sa structure, et continue de se concentrer sur ses marchés principaux.

 

Nouveaux produits

Secours Catholique

Secours catholique

Le Secours Catholique se lance dans l’assurance. En effet l’association caritative a annoncé le lancement d’un produit d’assurance vie visant à offrir aux épargnants qui le souhaitent un placement respectueux de l’environnement et de l’humain. Une opération en partenariat avec Generali France.
Pour l’occasion, le Secours Catholique a fondé Kaori, une association d’épargnants qui, moyennant une cotisation de 20€, permettra aux adhérents de faire leurs placements, de minimum 500€. «La finance peut et doit devenir un moyen au service du bien commun», a plaidé lors d’une conférence de presse Véronique Fayet, l’ancienne présidente du Secours Catholique, qui prend la tête de Kaori.
Les épargnants pourront choisir 3 thématiques pour constituer leur épargne, dans 27 supports répartis entre fonds euros et unités de compte : la préservation de l’environnement, le respect de l’humain et l’exemplarité, cette dernière thématique combinant les meilleures pratiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG).

 

Qover lance une assurance pour les expatriés et les migrants

blue logo of Qover

La fintech Rewire, qui développe une plateforme de services financiers en ligne pour les expatriés, s’est associée à Qover et à l’assureur AIG pour protéger ses clients en cas d’accident sans frais supplémentaires. Depuis 5 ans, la fintech israélienne Rewire se présente comme une néobanque pour les migrants et les expatriés qui auraient des difficultés à obtenir des services bancaires par les canaux traditionnels.
Le résultat de cette collaboration est la nouvelle assurance accident intégrée, qui couvre les clients de Rewire avec des souscriptions gratuites dans dix-huit pays européens. «Notre objectif est de créer une offre migratoire holistique qui réponde aux besoins financiers transfrontaliers uniques des migrants – une population mal desservie qui doit faire face à de nombreux défis bureaucratiques sur la voie de la construction d’un avenir meilleur et plus sûr financièrement pour eux-mêmes et leurs familles», déclare Guy Kashtan, cofondateur et CEO de Rewire. «La protection de nos clients par le biais de l’assurance accident est une étape très importante dans la réalisation de la vision de l’entreprise

 

Couverture pour les FIV

Au Royaume-Uni, un nouveau produit a vu le jour : une assurance couvrant spécifiquement les traitements pour la fertilité.
En effet, les assureurs Beazley et Chaucer ont décidé de s’associer à l’insurtech Gaia, spécialisée dans le domaine de la santé, pour proposer une nouvelle couverture aux personnes ayant recours à la Fécondation In Vitro (FIV). Beazley dirigera le produit et Chaucer fournira également un soutien supplémentaire. Tandis que l’assurtech Gaia utilise ses données et modèles innovants pour prédire le taux de réussite des traitements pour la fertilité. Ce procédé permet de prédire le nombre de FIV potentiellement nécessaire, et proposer une tarification au plus juste.
Initialement disponible au Royaume-Uni, le produit propose également aux autres clients éligibles de Gaia une couverture pour des frais d’autres traitements de fertilité si le programme de FIV n’aboutit pas. Un fonds est également proposé aux assurés pour payer les frais de soutien psychologique.
«La proposition de Gaia est unique car elle représente la distribution numérique intégrée d’un tout nouveau type de produit d’assurance. La solution Gaia s’adresse également à un marché qui devrait connaître une croissance exponentielle dans les années à venir, les taux de fécondité continuant à baisser dans le monde», a commenté George Beattie, responsable de la souscription d’incubation chez Beazley.
Un produit qui pourrait, pourquoi pas, faire des émules en France.

 

Marché

Assurance vie

L’année 2021 fut une année record pour l’assurance vie. Les épargnants ont placé plus de 150 milliards d’€ dans les assurances vie. C’est un record a annoncé la fédération France Assureurs (anciennement la FFA). Compte tenu de ce montant très élevé de cotisations, la collecte nette – qui tient compte des versements effectués par les assureurs au profit des épargnants – a atteint 23,7 milliards d’euros, au plus haut depuis 2010.
Ce record intervient après l’année 2020 qui affichait des résultats en berne. En effet, les épargnants avaient privilégiés l’épargne en Livret A, offrant plus de flexibilité et de liquidité en ces temps incertains d’une première année de pandémie.
«Il y a une dynamique très très très forte de commercialisation des PER», a noté Franck Le Vallois. Ces produits conçus pour la retraite sont assortis d’un avantage fiscal et ont été lancés avec la loi Pacte.

 

Assurance emprunteur

Ce jeudi 17 février le Sénat a adopté la loi censée réformer l’assurance emprunteur. La loi devrait faciliter l’accès, et le rendre plus juste, à ce type d’assurance, obligatoire lors de la contraction d’un prêt immobilier.
Ce qui change ?

  1. Les français pourront changer d’assureur à tout moment. À l’heure actuelle, ceci est possible uniquement lors de la première année, et ensuite une fois par an à la date anniversaire de la signature du contrat. L’objectif ? Rendre le marché plus compétitif et donc l’ouvrir au-delà des bancassureurs, qui dominent actuellement le marché.
  2. La limitation des questionnaires de santé. Pour les personnes empruntant moins de 200 000€ et dont le prêt arrive à échéance avant leurs 60 ans, le questionnaire médical n’aura plus lieu d’être. Saluée par les associations de malades, cette décision n’enchante pas les banquiers et assureurs. « C’est toujours problématique quand un texte impose aux assureurs de ne pas mesurer le risque qu’ils prennent », a noté Philippe Perret, le patron de Société Générale Assurances.
  3. Cette réforme va-t-elle faire baisser les prix ? Cela dépend à qui vous demandez. Du point de vue de certains acteurs, l’ouverture à la résiliation à tout moment, va renforcer la concurrence et faire baisser les prix. Mais d’un autre côté, le retrait des questionnaires médicaux, permettant de mieux connaître son risque, pourraient encourager les compagnies à prendre moins de risques du point de vue financier et augmenter les tarifs.
  4. Qui bénéficiera vraiment de cette réforme ? Les personnes atteintes de maladies de long termes ou chroniques. Cette possibilité de résiliation devrait également bénéficier aux courtiers et assureurs. Les banques ne devraient pas être en reste, puisqu’elles détiennent déjà 85% du marché, elles œuvreront probablement pour conserver cette place.
  5. Les assurtechs sont également prêtes à se saisir de ce segment de marché. «Pour nous, c’est un boulevard. Cela va amener plus de fluidité et moins de frictions pour les changements d’assurance, se félicite Raphaël Vullierme, dirigeant de l’assurtech Luko. Cela va dans le sens d’un marché plus compétitif avec plus d’équité. » D’abord présente sur le marché de l’habitation, la jeune pousse française s’est lancée dans l’emprunteur l’été dernier. Elle a également fait grand bruit avec le rachat de l’allemand Coya.

 

@Work

Grèves et revendications

Des salariés de CNP Assurances en grève le 10 février pour protester contre la politique salariale du groupe © Laëtitia Duarte

Ce mois de février 2022 est mouvementé, tant en nominations qu’en revendications. En effet, les grands groupes commencent à publier leurs résultats financiers, et pour la plupart, les indicateurs sont aux verts, avec pour certains des résultats records. D’un autre côté, l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat sont bien réelles.
Dans ce contexte, les négociations annuelles obligatoires (NAO) entre les syndicats et les groupes sont tendues. Les syndicats et intersyndicales mettent en avant tout le travail fourni par les employés pendant la pandémie, d’ailleurs souvent souligné par la direction, et les excellents résultats financiers, et trouvent les efforts consentis pas à la hauteur.
De ce fait des appels à la grève se sont fait entendre chez CNP Assurances, MMA, Macif, Matmut, MGEN mais aussi Crédit Mutuel Arkéa, et plus récemment le groupe Vyv.
La grogne salariale intervient alors que des discussions sont en cours dans la branche AFB (Association Française des Banques), qui représente près de 180 établissements et 187.000 employés, mais pas les banques mutualistes. Les cinq organisations syndicales représentatives du secteur ont demandé une augmentation générale de 3,2 % pour tous les salariés. La plupart des grands groupes ont déjà terminé leurs propres NAO, avec des augmentations collectives comprises entre 0,6 % et 1 % en moyenne. Du jamais vu dans certains réseaux depuis dix ans.

 

Parité

Adoption du "Plan égalité hommes-femmes"Le 1er mars toutes les entreprises de plus de 50 salariés doivent avoir calculé et publié leur index d’égalité professionnelle. Quelques acteurs mutualistes ont déjà publié leurs résultats.
Cet index prend en considération plusieurs critères et est noté sur 100. La cible minimum à atteindre est de 75/100, au risque de se voir infliger une sanction financière. Cet index est en place depuis 2019 et en voici les critères:

  • Écart de rémunération (40 points)
  • Écarts d’augmentation (20 points, 35 points pour les entreprises de 50 à 249 salariés)
  • Écarts de promotion (15 points, seulement pour les entreprises de plus de 250 salariés)
  • Augmentations et retours de maternité (15 points)
  • Présence des femmes dans le top 10 des rémunérations (10 points)

Pour CNP Assurances c’est un 100/100. Pour Intériale, c’est un 97/100, ce qui confirme son évolution. Alors qu’en 2019, ils avaient atteint un résultat de 69/100, 2020 les avaient vu s’élever à 94/100, un très bel effort qui s’est donc poursuivi sur 2021. Chorum, membre du groupe Vyv, atteint 96/100, résultat stable de ces 3 dernières années. Pour Mutuelle Bleue, c’est un 83/100, une chute par rapport au 95/100 de 2020. Enfin, dans le bas du classement, on retrouve Énergie Mutuelle, membre de Malakoff Humanis, qui a obtenu la note de 57/100. En cause, principalement l’écart de rémunération entre hommes et femmes, avec une note de 2/40 ! Cela leur laisse une belle marge de progression pour 2022.

 

Sources