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Restez au courant – Mai 2022

On résume pour vous toute l’actualité de ce mois de mai mouvementé.

Acquisition et levée de fonds

CNP Assurances & Mediterraneo Vida

 

CNP Assurances a décidé de céder CNP Partners, sa filiale d’assurance vie à Mediterraneo Vida. Le groupe a annoncé la signature du contrat de vente mais la procédure sera officiellement entérinée après l’obtention de l’autorisation des autorités compétentes en matière prudentielle.

Pour expliquer le but de cette démarche, l’assureur français a déclaré que cela « permettrait de rationaliser [ses] opérations européennes » sans pour autant abandonner son activité « en protection – emprunteur et prévoyance – sur le marché espagnol à partir de ses succursales ».

Jusqu’au 31 décembre dernier, la filiale CNP Partners représentait « 0,75 % du chiffre d’affaires et 0,01 % du résultat » de l’ensemble de CNP Assurances.

 

Maif & Colori

 

Le fonds d’investissement du groupe Maif, Maif Impact a investi dans la jeune entreprise Colori. Cette dernière lutte contre l’illectronisme en mettant en place notamment des ateliers de découverte du code et de la technologie, et ce sans écran pour les enfants de 3 à 8 ans.

Pour participer à la levée de fonds de Colori, Maif Impact s’est associé avec la Banque des Territoires. Grâce aux un million d’euros récoltés, Colori pourra toucher davantage de territoires reculés dans les zones rurales, renforcer ses partenariats et conquérir des parts de marché.

D’après Christophe Genter, directeur du département cohésion sociale et territoriale à la Banque des Territoires, « Le confinement a mis en lumière l’urgence de former au numérique dès le plus jeune âge, afin d’éviter que les 13 millions d’élèves d’aujourd’hui, et en particulier les filles, soient les 13 millions de Français exclus du numérique demain. Cet enjeu se jouera principalement sur le champ du périscolaire, entre l’école et la maison ».

 

Alan

Alan, le néo-assureur santé qui ne cesse d’évoluer depuis sa création a bouclé à nouveau une levée de fonds de série E (2021 : série D, 2020 : série C). Un financement de 183 millions d’euros a été rassemblé par des investisseurs existants mais aussi des nouveaux tels que Temasek, Index, Coatue, Ribbit Capital, Exor, Dragoneer et Lakestar. Depuis son lancement, Alan a réussi à lever au total près d’un demi-milliard d’euros.

En ce qui concerne les chiffres de 2021 :

  • 255 000 assurés fin décembre; soit une augmentation de 86%. Il s’agit principalement d’assurance en collective  auprès de 14 000 entreprises).
  • 81 millions d’euros de primes d’assurance acquises (37,1 millions en 2020).
  • 51,8 millions d’euros de résultat technique brut, soit toujours déficitaire (contre 33,1 millions d’euros fin 2020).
  • 200 millions d’euros de chiffre d’affaire d’annuel (contre 161 millions fin 2021).

D’après l’assureur, «Ces pertes peuvent parfois être utilisées par nos concurrents comme un argument contre Alan. Pourtant il s’agit d’une stratégie éclairée et validée avec nos investisseurs qui nous donnent les moyens financiers (…) pour pouvoir rapidement assurer plusieurs centaines de milliers de personnes en Europe ».

D’ici 2025, l’assurtech compte atteindre de nouveaux objectifs, notamment le recrutement de 1 000 nouveaux collaborateurs, assurer trois millions de personnes (contre, donc, 255 000 fin 2021) et, atteindre la rentabilité à compter de cette date.

 

Partenariats

Malakoff Humanis & Swiss Life

 
L’assureur Malakoff Humanis et le groupe Swiss Life s’unissent pour former une alliance stratégique sur le marché de la mobilité internationale, plus précisément celui de couverture santé et prévoyance des expatriés.

Sur le plan capitalistique, la plateforme Owello, plateforme de Swiss Life, devient une joint-venture codétenue à parts égales par Malakoff Humanis et Swiss Life France. Le montant de l’opération n’a volontairement pas été divulgué.

Christophe Scherrer, directeur général délégué de Malakoff Humanis a déclaré « Nous avons observé que le marché de la mobilité internationale présente des atouts majeurs en matière de développement et de rentabilité. Augmenter notre activité sur ce marché nécessite des investissements importants pour optimiser la gestion et le parcours client. Nous étions à la recherche d’un partenaire pour accélérer notre développement sur ce marché et Owello nous a paru être la meilleure solution ».

Quant à Pierre François, directeur général de SwissLife Prévoyance et Santé, il explique que « Contrairement au marché local, le marché des expatriés présente des risques spécifiques, avec des remboursements significatifs, l’assureur n’intervient pas en complément de la Sécurité sociale, le pilotage de la sinistralité ressemble à celui de l’IARD… Nous avons lancé Owello en 2020, une plateforme dédiée à la gestion et 100% dématérialisée. Afin de pouvoir mener un certain nombre d’investissements et d’atteindre une taille critique, il était nécessaire de se rapprocher d’un autre acteur ».

 

Marché

CNP Assurances

Ça y est ! En ce début du mois de mai, l’offre publique d’achat simplifiée des actions de CNP Assurances par La Banque Postale a été ouverte. Le prix de l’offre a été fixé à 20,90€ par action, dividende de 1 euro détaché. Le Conseil d’Administration a rendu un avis favorable à cette décision, en discussion depuis de nombreux mois.

La veille de l’ouverture, La Banque Postale détenait 85,25% du capital et 90,83% des droits de vote de CNP Assurances.

 

CNP Assurances et AG2R La Mondiale: FRPS

  
Le 12 mai dernier, Arial CNP Assurances a présenté trois demandes auprès de l’ACPR afin de transférer une partie de ses portefeuilles de contrats auprès d’AG2R Prévoyance, La Mondiale et CNP Assurances. Ces demandes devraient lui permettre de devenir un FRPS. Et pour cause, cette transformation permettrait à la filiale de renforcer son positionnement sur le marché de la retraite supplémentaire. De cette manière, elle se plierait à la directive IORP, une régulation plus adaptée aux investissements de long terme. Nous vous en dirons plus dans deux mois à l’issue des observations des créanciers sur ce projet.

AXA

Le groupe français a annoncé sa volonté de de transformer sa holding en réassureur. «Il est prévu qu’AXA S.A. devienne un réassureur agréé par le régulateur et absorbe la captive actuelle de réassurance interne, Axa Global Re, dans le cadre d’une fusion» a déclaré AXA. Cette transformation devrait permettre à l’assureur de dégager environ 2 milliards d’€ de trésorerie supplémentaire à horizon 2026. Cette opération devrait être finalisée d’ici fin juin, sous réserve de la validation de l’ACPR.

« Cette initiative vise à améliorer la fongibilité du capital dans l’ensemble du groupe, conformément à notre politique de gestion du capital », a expliqué alors Alban Mailly de Nesle, directeur financier d’Axa.

Une autre actualité à propos du groupe concerne le placement de dette subordonnée. En effet, afin de refinancer une partie de ses dettes dont celles liées à Axa XL, le groupe AXA a placé 1,25 million d’euros d’une émission d’obligation subordonnées Reg S auprès d’investisseurs institutionnels. L’échéance est fixée à 2043.

Le remboursement concernerait une obligation subordonnée 4,45% de 500M d’euros de dollars, soit 466,27M d’euros à échéance 2025, ainsi que l’obligation subordonnée 3,25% de 500M d’euros à échéance 2047.

D’après le communiqué, « La transaction a rencontré une forte demande des investisseurs, avec une émission souscrite près de 2 fois » et « Le taux fixe initial est de 4,25% par an jusqu’à la fin de la période de remboursement anticipé de 6 mois (en mars 2033), puis le taux d’intérêt devient variable basé sur l’EURIBOR 3-mois avec une marge incluant une majoration d’intérêt de 100 points de base ».

 

Santé: les assureurs et l’État 

Florence Lustman, présidente de France Assureurs, lors d’une table ronde de la REF santé du Medef.

Le 25 mai dernier, les acteurs privés de la santé, conviés par le MEDEF,  se sont réunis pour échanger sur le thème de la journée : « La santé, une affaire d’État ?».

Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF a exprimé son souhait de redonner à l’État sa place d’arbitre afin de définir une direction pour le domaine de la santé. Il est également en faveur d’une meilleure collaboration entre le gouvernement et les acteurs privés.

Pour étayer ses propos, il a fait référence à l’étude de l’IFOP selon laquelle les Français seraient rassurés par la coopération entre les acteurs publics et privés en matière de santé. Trois quarts des participants sont satisfaits du système mis en place mais cela n’empêche les préoccupations concernant, entre autres, les déserts médicaux et la pénurie de personnel médical. En outre, parmi les sondés, 41% réclament une amélioration des remboursements.

Du côté de France Assureurs, sa présidente Florence Lustman, a applaudi la création d’un ministère de la Santé et de la Prévention. Lors d’une table ronde intitulée « La santé, une affaire de tous ? », Florence Lustman a mis en avant les qualités des assureurs pour collaborer étroitement avec le gouvernement sur la prévention. Elle a déclaré: « Notre qualité d’investisseur nous permet d’investir sur des innovations et de les déployer ensuite dans le cadre de l’offre de services des complémentaires santé. Nous avons décidé d’investir 800 millions d’euros sur l’innovation en santé. »

 

Législation

Loi Eckert et Agira

Selon les chiffres publiés par France Assureurs, en 2021, les dispositifs mis en place par la loi Eckert ont permis dans le cadre d’Agira 1 d’identifier le décès de 17.676 propriétaires de contrats en déshérence (26% en plus qu’en 2020). Pour Agira 2, la consultation par les assureurs du fichier INSEE a permis de retrouver 41.302 assurés (6,8% en moins qu’en 2020). Cela représente un total de 1,16Md d’euros à régler aux bénéficiaires.

Piqure de rappel : Depuis 2016, les assureurs sont dans l’obligation chaque année de s’informer sur les décès éventuels de leurs clients. Ensuite, ils sont invités à rechercher les bénéficiaires des contrats concernés (Agira 2). En parallèle, l’Association pour la gestion des informations sur le risque en assurance travaille avec des potentiels bénéficiaires afin de retrouver leurs contrats (Agira 1).

Fin 2021, 65% des contrats identifiés grâce à ce dispositif ont été réglés pour un montant de 753M d’euros.

 

Sources:

Restez au courant – Avril 2022

On résume pour vous toute l’actualité de ce mois d’avril mouvementé.

 

Rachats et regroupements

AXA & Banco BPM

AXA SA a l’intention d’acquérir une participation majoritaire dans les unités d’assurance de la 3ème banque italienne Banco BPM. Apparemment, la discussion a commencé entre les 2 parties et l’achat de la participation majoritaire coûterait environ 1,5 milliard d’€.

Selon une source anonyme, AXA attend que Banco BPM devienne propriétaire de plusieurs compagnies d’assurance. Ils ont également déclaré qu’un autre élément à prendre en compte est le fait que Crédit Agricole SA a récemment acheté une participation dans Banco BPM, ce qui pourrait décourager les concurrents potentiels. Jusqu’à présent, aucun représentant des 3 sociétés respectives n’a accepté de faire un commentaire. De plus, peu de temps avant, Covéa a annoncé la revente de ses parts dans leur co-entreprises d’assurance Bipiemme Vita et Bipiemme Assicurazioni. Ce rachat – qui concerne 81 % du capital des entités pour un montant estimé à 310 millions d’€ – doit donc faire de Banco BPM leur seul et unique actionnaire.

 

BPCE Mutuelle & CGPCE

La mutuelle BPCE et l’institut de prévoyance CGPCE ont déposé une demande après de l’ACPR pour créer une société de groupe assurantiel de protection sociale (SGAPS). Ce projet répond « aux attentes du régulateur en termes de gouvernance des risques », selon le rapport SFCR de BPCE Mutuelle. Les 2 acteurs de l’opération travaillent déjà ensemble dans le cadre de l’association EPS (Ensemble Protection sociale).

La mutuelle BPCE couvre la santé des salariés et anciens salariés des Caisses d’Épargne et d’autres entreprises du groupe BPCE. Elle propose également des couvertures santé complémentaire individuelle et des assurances de prêts assurés par CNP Assurances. Elle couvre 64 800 adhérents et a généré un chiffre d’affaire de 90,6 millions d’€ en 2020 et un résultat net de 3,3 millions d’€.

De l’autre côté, la Caisse Générale de Prévoyance des Caisses d’Epargne (CGPCE) couvre la prévoyance et la retraite supplémentaire des salariés et anciens salariés des Caisses d’épargne et d’autres entreprises du groupe BPCE. En 2020, l’institution de prévoyance a enregistré un 156 millions d’€ de cotisations et un résultat net de 30,2 millions d’€.

 

Mariage La Banque Postale & CNP Assurances

Enseignes CNP Assurances et La Banque PostaleLe projet lancé en 2018 par Bruno Lemaire de créer un bancassureur public est toujours en cours. Fin 2021, un nouveau pas avait été franchi avec le rachat à BPCE par la Banque Postale de 16,1% de parts supplémentaires du capital de CNP Assurances. Restait à La Banque Postale de lancer une OPA simplifiée sur les 21,1% restants.

C’est cette opération sur laquelle le conseil d’administration de CNP Assurances a émis un avis favorable. Et l’OPA devrait avoir lieu entre le 2 et le 31 mai 2022, car le 3 juin, l’AMF devrait publier l’avis de résultat de l’offre. Le comité, créé pour l’occasion, a précisé que cette opération ne devrait avoir aucune conséquence «sur la stratégie, l’organisation ou les effectifs». De plus, «le statut individuel ou collectif» de CNP, qui fait l’objet de craintes de la part de nombreux responsables syndicaux, devrait demeurer inchangé à en croire ce même comité qui précise que l’OPA n’aura «aucun impact sur le contrat de travail ou le lieu de travail des salariés» et «aucune conséquences sur les conventions, accords d’entreprise, engagements unilatéraux et usages en vigueur dans l’entreprise ou sur les institutions représentatives du personnel qui demeurent inchangés».

Reste le sujet épineux de l’intégration des activités non-vie de La Banque Postale à CNP. D’ailleurs «le comité aurait aimé avoir une vision plus précise de l’intégration de ces activités non-vie de La Banque Postale, y compris quant aux conséquences pour les collaborateurs de CNP Assurances», explique-t-il.

 

Covéa X PartnerRe, le sequel

C’est une histoire à rebondissements, mais qui approche, peut-être, de son dénouement. Et oui, on vous parle encore du rachat de PartnerRe par Covéa pour $US 9 milliards.

La Commission européenne a approuvé le rachat de PartnerRe par l’entité Covéa Coopérations. La Commission a souligné que ce rachat «ne soulèverait pas de problème de concurrence, car les chevauchements entre les activités des entreprises sont très limités».

Il y a cependant encore des ombres au tableau. En effet, en France, le groupe mutualiste est attaqué par l’Association pour la Sauvegarde des Mutualistes (ASPM) et Didier Camels, homme d’affaire repreneur de Le Tanneur ou des pianos Pleyel. La raison ? «Le trésor de guerre accumulé par les mutuelles devrait être reversé aux sociétaires via une baisse des primes», plutôt que de servir à financer des acquisitions. Et s’il dit pouvoir «comprendre qu’une entreprise du Cac 40 aille faire de la croissance à l’étranger», il trouve «choquant» qu’une mutuelle fasse de même. Sont en cours un recours auprès de l’ACPR, un procédure du tribunal judiciaire de Paris et enfin un recours au pénal. Affaire à suivre.

 

Partenariats et nouveaux produits

Munich Re & OneDegree

Le réassureur Munich Re a décidé de s’associer à OneDegree, une insurtech basée à Hong Kong, pour assurer les NFT et développer des offres couvrant les actifs numériques.

L’explosion du phénomène cryptographique a conduit à un partenariat de 3 ans entre les 2 entreprises, qui ont mis au point une solution révolutionnaire : OneInfinity. Elle est conçue pour les plateformes de négociation numérique, les dépositaires, les gestionnaires d’actifs et les fournisseurs de technologie.

Dans le cadre de l’accord, Munich Re fournira une capacité de réassurance et un soutien technique à la souscription à OneDegree, qui deviendra ainsi le premier assureur agréé en Asie à collaborer avec un réassureur de classe mondiale offrant ce type de couverture.

 

AXA France lance une nouvelle entité

L’assureur français souhaite se positionner sur les sujets de bien-être et d’absentéisme au travail. L’assureur a donc créé une nouvelle marque : Verbateam. Cette nouvelle structure est une société de conseil pour les employeurs soucieux de prévenir l’absentéisme au travail. Pour ce faire ils proposent l’analyse de la qualité de vie des travailleurs dans l’entreprise, la mise en place de programmes préventifs, ils proposent aussi des bilans de santé, etc. Verbateam utilisera les données anonymes à disposition d’AXA France, afin, notamment, de situer l’entreprise client sur le marché et d’offrir un diagnostic.

« On va densifier l’offre et passer des partenariats avec des acteurs de la prévention et des acteurs dans le domaine médical et paramédical », indique Diane Deperrois, Directrice chargée chez AXA France des solutions d’épargne, de santé et de prévoyance à destination des entreprises. Elle a également souligné que Verbateam a déjà « quelques clients ». La structure, lancée ce mois d’avril 2022, se compose d’une dizaine de personnes et se décrit comme une start-up.

 

WTW met à jour son outil Radar

Willis Towers Watson (WTW) vient de publier une mise à jour de son outil de tarification, le logiciel Radar. Le logiciel open-source Python a été entièrement intégré à la nouvelle version : Radar 4.14. Grâce à cette mise à jour, la tâche sera plus facile pour les assureurs qui auront accès à un environnement sophistiqué combinant des capacités avancées de pricing avec le puissant Python.

En effet, les pratiques de travail des assureurs ont considérablement changé avec la crise sanitaire. Par conséquent, les méthodes d’analyse se sont intensifiées, de même que la nécessité de s’adapter rapidement aux chocs du marché et l’automatisation des processus. En outre, la pression exercée sur les assureurs pour qu’ils incluent des contrôles de gouvernance et de sécurité dans leurs capacités de tarification a également augmenté.

Selon Serhat Guven, Directeur général de WTW, “la technologie Radar a toujours dominé le marché par sa capacité à développer et à déployer des algorithmes de tarification complexes avec facilité et rapidité, en s’appuyant sur une capacité de gouvernance transparente et sophistiquée.

 

Marché

Excellent début d’année pour l’assurance vie

France Assureurs a publié le bilan des collectes pour l’assurance vie en ce 1er trimestre 2022. La collecte nette atteint 2,2 milliards d’€ sur le seul mois de mars, et 8,4 milliards d’€ pour le trimestre. Une performance inégalée depuis 2011.

Bien que l’assurance vie semblait avoir perdu de son attrait pendant la crise sanitaire, le produit a fait un vrai comeback, qui poursuit donc sa progression. «Dans un contexte macroéconomique et international toujours incertain, les Français considèrent l’assurance-vie comme le produit d’épargne de référence», s’est félicité Franck Le Vallois, Directeur général de France Assureurs. «Le contexte actuel est favorable à l’épargne en général», a ajouté Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne.

 

L’EIOPA veut plus de transparence sur les stress tests

L’EIOPA souhaite que les législateurs locaux européens publient les résultats des stress tests (ou tests de résistance) pour chaque assureur individuellement et non pas de manière agrégée. Les stress tests permettent aux superviseurs de mesurer la solidité des assureurs face à des conditions économiques et financières difficiles ou à d’autres chocs.

C’est déjà le cas pour les banques européennes et cette pratique «améliorerait la discipline du marché, augmenterait l’engagement des participants et contribuerait à assurer des conditions d’exercice équitables entre acteurs du secteur de l’assurance et du secteur financier», argumente l’EIOPA. L’avis de l’autorité européenne a été rendu à la Commission Européenne au Conseil de l’Union européenne et au Parlement européen. Le superviseur suggère aux législateurs européens de s’emparer de la révision en cours de Solvabilité 2 pour lui donner le pouvoir de publier des stress tests plus détaillés.

Cette mesure n’est pas très populaire, et bien que cela soit recommandé, les assureurs continuent de publier les résultats des stress tests au niveau groupe. «Sans obligation légale, les publications de résultats au niveau individuel, devraient plutôt rester l’exception que la norme», a communiqué Petra Hielkema, la Présidente de l’EIOPA. France Assureurs, de son côté, a fait savoir son désaccord par la voix de son Directeur général, Franck Le Vallois. «La publication des résultats individuels n’aurait pas de signification et pourrait même induire une distorsion de concurrence entre les acteurs soumis à cet exercice et ceux qui ne le sont pas.»

 

Sources:

Résultats financiers 2021

Ça y est! La majorité des résultats de 2021 ont été publiés. Si l’année 2020 était plutôt morose pour les assureurs, pour 2021 il en est tout autrement. La majorité des acteurs renoue avec la croissance et certains ont annoncé une croissance à 2 chiffres. On note que c’est surtout du côté de l’assurance vie, épargne que la croissance est la plus importante, avec une montée importante des Unités de Comptes.

Compagnies d’assurance

Generali France

Generali France affiche de beaux résultats, avec une croissance à 2 chiffres. Le chiffre d’affaires a augmenté de 22,4% par rapport à 2020, passant à 15,5 milliards d’€, cette progression plus que significative fait de la France le 2ème marché du groupe, passant devant l’Allemagne, et derrière l’Italie. Ce boost du chiffre d’affaires est surtout dû aux activités d’assurance vie (+26,3% à 12,37 milliards d’€), tandis que les activités non-vie affichent une progression de 9,1% à 3,12 milliards d’€.
Si le chiffre d’affaire s’affiche en hausse, le résultat opérationnel est quant à lui en légère baisse et s’établit à 840 millions d’€ soit 21 millions d’€ de moins que l’année passée.

 

AXA

Le groupe AXA affiche un chiffre d’affaires de 100 milliards d’€ pour cette année 2021. En 2019, avant la Covid, AXA affichait un chiffre d’affaire de 103,5 milliards d’€, le groupe n’a donc pas encore atteint son niveau d’avant crise. Ceci s’explique en partie par la volonté stratégique de simplifier la structure du groupe, menant à des ventes de filiales ou de portefeuilles qui ont été nombreuses en 2021. Le groupe affiche également un ratio de solvabilité de 217% et un résultat net de 7,29 milliards d’€.

 

AXA France

Pour la filiale française du groupe, son 1er marché, les voyants sont au vert avec une croissance à 2 chiffres. En effet, son chiffre d’affaires est en progression de 13,11% par rapport à 2020, pour atteindre 28,35 milliards d’€. Les trois branches principales d’activité sont en progression avec une forte augmentation sur l’assurance vie, épargne et retraite, passant de 13 milliards d’€ à 15,3 milliards d’€ pour 2021. Le résultat opérationnel d’AXA France monte à 1,8 milliard d’€.

 

Allianz France

Logo Allianz imprimé sur des drapeaux

Allianz France annonce une progression plus timide que ses concurrents avec un chiffre d’affaires des activités dommages en baisse de 1,8% (à 4,477 milliards d’€). Concernant la santé et la vie, les activités sont en progression de 5,1% (à 7,8 milliards d’€).
Au niveau groupe, Allianz affiche une croissance de 5,7% passant de 140,5 milliards d’€ de chiffre d’affaires pour 2020 à 148,5 milliards d’€ pour 2021.

 

Bancassurance

CNP Assurances

Au niveau groupe, le bancassureur a retrouvé un niveau d’activité d’avant crise. Son chiffre d’affaires a progressé de 19,4% passant à 31,7 milliards d’€. Le résultat net part du groupe est de 1,5 milliards d’€, en croissance de 15% par rapport à l’année précédente. Le SCR s’établit à 217%, en croissance de 9 points de %.
Pour le marché français, le chiffre d’affaires monte à 19,98 milliards d’€, en hausse de 22,8% par rapport à 2020. C’est surtout sur l’épargne et la retraite que la croissance s’impose avec une hausse de 30% , du côté de la prévoyance et de la protection le chiffre d’affaires augmente de 1,2%.

 

Société Générale Assurances

Comme pour ses concurrents, Société Générale Assurances affichent des résultats en progression, et tourne la page de la crise 2020. C’est également l’assurance vie et l’épargne qui tirent les résultats vers le haut, même si le segment dommages n’est pas en reste. Le produit net bancaire atteint 963 millions d’€ en 2021 (+9% par rapport à 2020). Le résultat net part du groupe s’établit à 421 millions d’€ (+16% par rapport à 2020).
La collecte brute pour la vie et l’épargne est en hausse de 45%, faisant monter le montant de la collecte à 13,9 milliards d’€. Conforme à la tendance observée sur le marché, la part des UC représente 44% de la collecte brute. Concernant la retraite (individuelle et collective) Société Générale Assurances affiche un encours de 26 milliards d’€. En protection, on observe une croissance de 4% pour atteindre 1,9 milliards d’€, tirée par l’assurance dommages passant à 781 millions d’€ (+7,5% par rapport à 2020) et dans une moindre mesure par la prévoyance passant à 1 115 millions d’€ (+2,5% par rapport à 2020).

 

Crédit Agricole Assurances

L’année 2020 avait freiné les ambitions de Crédit Agricole Assurances, qui renoue cette année avec des résultats proche de ceux de 2019. Le chiffre d’affaires pour 2021 s’établit à 37 milliards d’€, avec un résultat net part du groupe il s’accroit de 24,5% à 1,5 milliard d’€.
Cette croissance est notamment portée par les activités épargne et retraite, en progression de 33,5% en chiffre d’affaires, pour atteindre 27,3 milliards d’€. La branche prévoyance, emprunteur et assurances collectives suit également la tendance à la hausse avec un chiffre d’affaires à 4,7 milliards d’€, en progression de 10,1 %. Enfin pour les dommages le chiffre d’affaires progresse de 6,7% pour atteindre 5,1 milliards d’€. Enfin, le ratio de solvabilité monte à 244%. A noter que la cession de La Médicale à Generali est prévue pour l’année 2022, l’opération chiffrée à 435 millions d’€ pourrait avoir un impact positif sur le résultat net du groupe.

 

Crédit Mutuel Arkea

La banque mutualiste termine 2021 avec de bons résultats : 721 millions d’€ de revenus, avec le pôle assurance et gestion d’actifs représentant 23% des revenus généraux du groupe. Les revenus d’assurance pour 2021 sont de 712 millions d’€. Comme pour ses concurrents, c’est l’épargne qui progresse le plus avec +12,6% d’encours, pour atteindre 155 milliards d’€.

 

La Banque Postale

Le bancassureur public affiche de beaux résultats en assurance non-vie, la branche IARD est en croissance de 11,1% avec un chiffre d’affaires de 1,08 milliard d’€. Du côté de l’assurance vie la collecte enregistre une forte croissance avec une progression de 26,1% par rapport à 2020, passant à 7,7 milliards d’€. Confirmant également la tendance sur le marché, la part d’UC a gagné 9,6 points de %, atteignant 29,3%.
Rappelons, que La Banque Postale s’apprête à prendre le contrôle de CNP Assurances. Cette opération devrait se clôturer en juin, une fois la transaction validée par l’autorité réglementaire, d’ici avril.

 

BNP Paribas Cardif

BNP Paribas Cardif tourne également la page de la crise et atteint un chiffre d’affaires record. En effet, pour 2021 il atteint 32,6 milliards d’€, contre un chiffre d’affaires de 24,8 milliards d’€ pour 2020. Sur un an, le chiffre d’affaires est donc en progression de 32 %. Le résultat net avant impôt, enregistre une faible baisse (-1 %) et s’établit à 1,4 milliard d’€ notamment « sous l’effet de la sinistralité ».
En France, la collecte brute a progressé de 41 % pour s’établir à 13,1 milliards d’euros. La part des unités de compte dans cette collecte atteint 35 %. Au total, la collecte brute en épargne à l’échelle mondiale s’élève à 25,7 milliards d’euros, en croissance de 42 % entre 2020 et 2021.

 

Mutuelles

Groupama

Excellente année également pour Groupama qui affiche un bénéfice net record de ces 10 dernières années. En effet, le groupe mutualiste a quasiment triplé son bénéfice net passant de 177 millions d’€ pour 2020 à 493 millions d’€ pour l’année 2021. Ce résultat s’explique par un résultat opérationnel qui a doublé (passant à 461 millions d’€), notamment grâce à l’épargne et grâce aux plus-values nettes du groupe, qui a réussi à rendre profitable des filiales qui ne l’étaient plus.
Groupama affiche un ratio de solvabilité à 271% (avec mesures transitoires).

 

La Mutuelle Générale

La Mutuelle Générale publie des résultats en progression et confirme son développement sur les contrats collectifs. Son chiffre d’affaires au niveau groupe est en progression de 1,8% passant à 1,3 milliard d’€. Cette progression s’est faite notamment grâce au « développement des contrats collectifs », puisqu’ils représentent désormais plus de 56% du chiffre d’affaires. Le résultat net du groupe est en hausse de 10,8 millions d’€. Le ratio de solvabilité, quant à lui, s’affiche à 267% , il baisse de 21 points de % par rapport à 2020.

 

Protection sociale

Malakoff Humanis

Le groupe de protection sociale renoue avec le vert. Tandis qu’en 2020 son chiffre d’affaires était en baisse et son résultat net négatif, cette année les résultats sont positifs.
Malakoff Humanis affiche un chiffre d’affaires de 6,2 milliards d’€ (+5%), dont 2,8 milliards d’€ réalisé en santé collective et 1,9 milliard d’€ en prévoyance collective. Son résultat net s’établit à 222 millions d’€, avec des fonds propres à 8,2 milliards d’€, et affiche un ratio de solvabilité de 210%.

 

AG2R La Mondiale

Nouveau jour pour Ag2R La Mondiale. Alors que son chiffre d’affaires était en recul continu depuis 2014, l’année 2021 est une année record. Pour 2021, l’activité assurantielle a généré l’an dernier 11,4 milliards d’€ de cotisations, en hausse de 22,2%. Le résultat net du groupe s’établit à 273 millions d’€, en progression de 22,9% par rapport à 2020. Le ratio de solvabilité est de 218% et ses fonds propres sont maintenus à un niveau élevé : 8,4 milliards d’€.

 

Réassurance

SCOR

Malgré une année 2021 chargée pour la réassurance : pandémie, catastrophes naturelles nombreuses et importantes… SCOR s’en tire bien. En effet, SCOR affiche un bénéfice net en hausse de 91%, grâce à l’accord de rétrocession avec Covéa. Sans cet accord, le réassureur afficherait un bénéfice en baisse. L’accord conclu a permis de dégager 1 milliard d’€, amenant le bénéfice net de SCOR à hauteur de 331 millions d’€, sans la conciliation trouvée avec Covéa, son résultat serait de 145 millions d’€.

 

CCR

La Caisse Centrale de Réassurance affiche des résultats positifs. Avec un résultat net consolidé de 196 millions d’€, représentant une hausse de 117% par rapport à 2020. Ce résultat est porté par de bons résultats à l’international, et une sinistralité en baisse sur la France. D’un côté CCR Re affiche un bénéfice net de 41 millions d’€ (+127,8%), et pour CCR Réassurances Publiques, le résultat net passe de 61 millions d’€ pour 2020 à 134 millions d’€pour 2021 (+119,7%).

Présidentielle 2022: comparaison des programmes sur les thématiques liées à l’assurance

Présidentielle 2022 : Les propositions qui concernent l'assurance

Les douze candidats à l’élection présidentielle 2022.

Le premier tour de l’élection présidentielle approche à grand pas et oppose 12 candidats avec leurs programmes respectifs. En ce qui concerne le domaine de l’assurance, chacun a fait part de ses propositions sur les thématiques suivantes : la santé, la retraite, le droit de succession, l’assurance-vie, la fiscalité, la dépendance et autre.

1.  La retraite

Plusieurs candidats estiment qu’il ne faut pas modifier l’âge minimum de départ à la retraite. C’est le cas de Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) qui ne souhaite pas y apporter de modifications ainsi qu’à la durée de cotisation. Il propose également une validation plus souple des trimestres pour les agriculteurs et envisage une ré-indexation des pensions de retraite et des salaires des fonctionnaires sur l’inflation. Yannick Jadot (Europe écologie Les Verts) ne souhaite également pas reporter l’âge légal de départ mais veut garantir un revenu au-dessus du seuil de pauvreté. Idem pour Jean Lassalle (Résistons) qui prévoit de maintenir l’âge actuel de départ à la retraite mais aussi Marine Le Pen (Rassemblement National). Quant à Anne Hidalgo (Parti Socialiste), elle propose de plafonner l’âge de la retraite à 62ans.

D’autres préfèrent rétablir ou avancer l’âge de départ à la retraite à 60 ans. Par exemple, Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) défend cette idée dans son programme et souhaiterait aussi établir le minimum retraite à 2000 euros net par mois. Fabien Roussel  (Parti Communiste) veut rétablir la retraite à 60 ans à taux plein pour une carrière entamée à 18 ans. Jean-Luc Mélenchon  (La France Insoumise) veut fixer l’âge de départ également à 60 ans. Quant à Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste), la retraite devrait être fixée à 60 ans et même avancée à 55 ans pour les métiers pénibles avec un temps de cotisation de 37 annuités.

Enfin, plusieurs prétendants à la présidentielle favorisent plutôt un report de la date de départ. Le président Emmanuel Macron (En Marche) évoque un report de l’âge de départ à la retraite à 65 ans de manière progressive mais en tenant compte des carrières longues, de l’invalidité et de la difficulté des métiers. Valérie Pécresse  (Les Républicains) souhaite fixer l’âge légal aussi à 65 ans tandis qu’ Eric Zemmour (Reconquête)  voudrait le fixer à 64 ans.

2.  La santé

Concernant la thématique santé, Nicolas Dupont-Aignan (DLF) parle d’élargir les conditions d’accès à la CMU, la complémentaire santé solidaire pour les revenus modestes, pour les plus de 65 ans. Il prévoit également de supprimer la tarification à l’acte. Yannick Jadot  (EELV) souhaite aussi cette suppression. Idem pour Jean-Luc Mélenchon (LFI) qui en outre veut mettre en place le 100% Sécurité sociale et le remboursement du sport sur ordonnance par la Sécu. Marine Le Pen (RN) indique également l’abandon de la tarification à l’activité dans l’hôpital public mais veut réserver les allocations aux Français et lutter contre la fraude. Elle souhaite également la suppression des Agences régionales de santé.

Anne Hidalgo (PS) suggère la transformation de l’ONDAM (Objectif national de dépenses d’assurance maladie) en ONSP, à savoir des objectifs nationaux de santé publique. Elle veut faire de la santé mentale une grande cause et reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle. Aussi, elle suggère la mise en œuvre d’un plan de prévention et de prise en charge des maladies chroniques.

Le président Emmanuel Macron (LREM), évoque une meilleure coordination entre régimes obligatoires des AMO (assurance maladie obligatoire) et les OCAM (organisme complémentaire d’assurance maladie). Valérie Pécresse (LR) veut doubler les moyens alloués à la prévention en sollicitant notamment les complémentaires. Quant à Eric Zemmour (Reconquête) ; il parle de créer des services de proximité, d’urgence, de suivi et de prévention (maternité, chirurgie dentaire, ophtalmologie, dépistage).

Enfin, Philippe Poutou (NPA) évoque la gratuité des soins à 100% avec interdiction des dépassements d’honoraires, le remboursement total des soins et médicaments prescrits et la généralisation du tiers payant. Il parle également de la suppression des franchises et des forfaits hospitaliers. Fabien Roussel  (PC) défend les mêmes idées.

3.  Les droits de succession

En termes de droits de succession, Yannick Jadot (EELV) aspire à une exonération sur 100 000 euros tout au long de la vie. Sur ce même point Eric Zemmour (Reconquête) penche pour un montant de 200 000 euros. Marine Le Pen (RN) évoque une exonération du même montant mais tous les 10 ans pour les transmissions aux enfants et petits-enfants. De plus, elle s’oppose au droit de succession sur les biens immobiliers de moins de 300 000 euros.

Le président Emmanuel Macron (LREM) table sur l’augmentation de l’abattement à 150 000 euros pour les filiations directes tandis que Valérie Pécresse  (LR) veut l’augmenter à 200 000 euros. En outre, tous les deux souhaitent porter l’abattement à 100 000 euros pour les filiations indirectes.

Jean-Luc Mélenchon (LFI) veut augmenter les droits de succession pour les plus hauts patrimoines et plafonner les héritages à 12 millions d’euros. Quant à Fabien Roussel (PC), il penche pour l’exonération des successions en dessous de 118 000 euros.

Nicolas Dupont-Aignan (DLF) souhaite l’exonération des droits de succession sur la transmission des entreprises à hauteur de 90% de la valeur. Pour les agriculteurs, il veut exonérer ces droits sur les 100 premiers hectares.

Enfin, Anne Hidalgo (PS) parle d’exonération jusqu’à 300 000 euros et veut augmenter la fiscalité sur les successions supérieures à 2 millions d’euros.

4.  La dépendance

En matière de dépendance, Nathalie Arthaud (LO) veut instaurer un revenu familial pour les aidants. Jean Lassalle (Résistons) préconise la revalorisation du statut et le salaire des aidants et Valérie Pécresse (LR) veut leur attribuer un statut pour ouvrir le droit à l’aménagement du temps de travail.

À propos des congés, Fabien Roussel (PC) veut augmenter l’indemnité et la durée du congé des aidants tandis qu’Eric Zemmour souhaite indemniser les congés des proches aidants. Quant à Marine Le Pen (RN), elle prévoit d’augmenter la durée du congé des proches aidants de 3 à 12 mois et d’accorder une indemnisation spécifique de 300 euros mensuels aux aidants qui maintiennent la personne aidée à domicile. Aussi, elle veut agrandir le personnel médical dans les Ehpad.

Le président Emmanuel Macron (LREM) favorise le maintien à domicile des personnes âgées. Idem pour Nicolas Dupont-Aignan (DLF) qui en outre souhaite augmenter le plafond de l’APA, l’allocation personnalisée d’autonomie et plafonner les dépenses pour les familles. Il veut aussi renforcer la 5e branche dédiée à la dépendance.

5.  L’assurance vie

Concernant l’assurance vie, Jean-Luc Mélenchon (LFI) opte pour la suppression de la flat tax mise en place depuis 2018 par Macron, à savoir le prélèvement forfaitaire unique (PFU) appliqué lors de rachats effectués par le souscripteur de divers produits d’épargne comme par exemple un contrat d’assurance vie.

Quant à Nicolas Dupont-Aignan (DLF), il veut modifier la loi Sapin 2 afin d’attribuer une meilleure garantie de l’état sur les contrats d’assurance vie.

6.  La fiscalité

En termes de fiscalité, Valérie Pécresse (LR) favorise le développement de l’intéressement et la participation. Elle veut aussi maintenir le versement des primes défiscalisées. Fabien Roussel (PC) souhaite instaurer une contribution exceptionnelle sur les profits des compagnies d’assurances pour financer les dépenses liées à la Covid-19.

7.  Divers

Sur des thématiques diverses, 2 candidats ont des propositions distinctes.

Valérie Pécresse (Les Républicains) veut créer une garantie immobilière solidaire pour annuler les surprimes d’assurance en emprunteur.

Enfin, Fabien Roussel (PC) souhaite nationaliser l’entreprise AXA.

Sources:

News Assurance Pro, Présidentielle 2022 : Santé, retraite, épargne… comparez les programmes

L’Argus de l’assurance, Grande Sécu : Emmanuel Macron se prononce

Restez au courant – Mars 2022

On résume pour vous toute l’actualité de ce mois de mars mouvementé.

Rachats et changement d’identité

Euler Hermes devient Allianz Trade

new logo of Allianz Trade

Euler Hermes a décidé de changer d’identité. Le leadeur de l’assurance crédit, sous le giron du groupe Allianz depuis 2018, est rebaptisé Allianz Trade. «Nous sommes convaincus que ce changement apportera de nombreux bénéfices en matière de notoriété, de développement de l’activité, de croissance et d’innovation. Allianz Trade est une entreprise unique, orientée data et technologie, dont nous sommes très fiers», a fait savoir Chris Townsend, membre du board of management d’Allianz SE.

Ce changement accompagne le plan stratégique horizon 2025 reposant sur 3 piliers : renforcement du leadership sur les activités principales, développement sur les lignes d’activité à fort potentiel (cautions, garanties, solutions de spécialités) et développement du positionnement plus général sur le commerce B2B en ligne.

 

Monk

Logo de Monk et d'ACV

Monk, assurtech française fondée en 2019, a développé une technologie basée sur l’IA permettant l’automatisation de la détection des dommages sur les véhicules. «Cela nous paraissait être un non-sens de ne pas être à même d’estimer un dommage en auto de nos jours», a souligné à l’Argus Aboubakr Laraki, cofondateur de Monk avec Fayçal Slaoui.

Un peu plus de 2 ans après sa création, l’assurtech a annoncé son rachat par une marketplace américaine : ACV. Spécialiste de la digitalisation des enchères automobiles à destination des concessionnaires existe depuis 2014 et a généré un chiffre d’affaire de 358,4 millions de $ pour 2021. L’acquisition de Monk leur permettra d’élargir la gamme des services proposés. Monk restera en France et Iris Capital, son principal investisseur, a fait savoir que « par rapport aux fonds levés à ce jour, ce rachat constitue un très beau multiple pour une société très jeune rachetée par un groupe tech coté qui va surtout lui laisser son indépendance et sa localisation ».

 

CNP Assurances X Mediterráneo Vida

CNP Assurances a annoncé avoir entamé les discussions avec Mediterráneo Vida concernant la cession de sa filiale espagnole CNP Partners. « CNP Partners est une compagnie d’assurance vie qui se consacre principalement aux produits d’épargne traditionnelle en Espagne et en Italie en modèle ouvert », a indiqué CNP Assurances dans un communiqué. Pour l’année 2021 le chiffre d’affaires de CNP Partners représentait 0,75% du chiffre d’affaires total du groupe. « Cette cession envisagée a pour objectif de rationaliser les opérations européennes de CNP Assurances [tout en continuant à] développer son activité en protection (emprunteur et prévoyance) sur le marché espagnol par l’intermédiaire de ses succursales », a-t-il précisé.

 

Berkshire Hathaway rachète Alleghany

Portrait de Warren Buffett

Warren Buffett, CEO de Berkshire Hathaway

Berkshire Hathaway est la holding de Warren Buffett, et détient notamment Berkshire Hathaway Specialty Insurance, assureur spécialisé dans les grands risques. Le groupe a annoncé ce 21 mars l’acquisition d’Alleghany, holding d’assurance dont les filiales distribuent des assurances habitation et dommage, pour un montant total de 11,6 milliards de US$. « Berkshire est parfait pour devenir la nouvelle maison d’Alleghany, une entreprise que je suis de près depuis 60 ans », a indiqué Warren Buffett, le PDG de Berkshire Hathaway.

 

Optimind rachète Altiad

nouveau logo Optimind Altiad

Le cabinet de conseil Optimind a annoncé ce 29 mars 2022 l’acquisition d’Altiad pour renforcer sa practice Risk Management. Créé en 2007, Altiad est un cabinet de conseil qui accompagne principalement les fonctions transversales Risques & Finance et les fonctions métiers des marchés de capitaux auprès du secteur bancaire. Avec l’intégration d’Altiad au sein de sa practice Risk Management, Optimind renforce et complète son offre en constituant une équipe de 75 consultants experts capables d’apporter un accompagnement global (conseil/intégration/maîtrise) sur l’ensemble des typologies de risques des grandes entreprises, autour de 4 piliers clefs : Risques & Contrôles, Conformité, SI Gestion Risques & Finance, Data & Cybersécurité.
« C’est avec émotion, fierté et ambition que nous rejoignons l’équipe Optimind. Nous sommes très heureux, pour Altiad et pour nos clients, d’élargir nos horizons, de continuer ensemble à écrire une belle histoire, grandir et faire grandir », précise Benoît Sommier.
« Après le rapprochement avec Agora Partners en septembre 2021, l’arrivée d’Altiad vient consolider et asseoir notre positionnement leader de marché en proposant une offre de conseil à 360° dédiée à la gestion des risques. C’est avec plaisir et fierté que je souhaite la bienvenue aux collaborateurs d’Altiad », déclare Christophe Eberlé, CEO et fondateur d’Optimind.

 

Changements stratégiques

MMJ sort d’AG2R La Mondiale

L’assemblée générale de la Mutuelle des Métiers de la Justice (MMJ) a voté à l’unanimité la sortie du groupe AG2R La Mondiale ce 23 mars 2022. L’ACPR doit encore valider cette séparation. L’assemblée générale de la mutuelle sera amenée à s’exprimer à nouveau le 11 mai prochain sur l’entrée en discussions de la MMJ avec un nouveau groupe dont le nom n’est pas encore connu.
C’est la réforme de la protection sociale complémentaire des agents de la fonction publique qui a précipité la sortie de la MMJ du groupe.

 

AXA SA absorbe AXA Global Re

Le groupe AXA a annoncé un changement stratégique dans sa structure, poursuivant sa volonté de simplification de la structure. En effet, le groupe compte transformer sa holding AXA SA en réassureur interne du groupe. AXA SA devrait absorber AXA Global Re qui centralise pour le moment les fonctions de réassurance interne du groupe AXA (hors AXA XL). La filiale compte aujourd’hui 170 collaborateurs, et pour 2020 affichait un chiffre d’affaires de 2,3 milliards d’€, réassurant une soixantaine d’entités du groupe dans le monde.
Cette opération faisant d’AXA SA un réassureur agréé doit encore être validée par l’ACPR. Elle devrait être finalisée d’ici juin 2022 avec un effet rétroactif au 1er janvier 2022 pour les nouveaux traités de réassurance.
En plus de la simplification de sa structure AXA espère « obtenir deux milliards d’euros de trésorerie supplémentaire de cette transformation d’ici à 2026 au niveau d’Axa SA, dont un milliard d’euros supplémentaires d’ici à 2023, comprenant un impact positif exceptionnel résultant de la fusion d’Axa SA avec Axa Global Re et une accélération de la remontée de trésorerie ».
Cette opération « diversifierait les flux de trésorerie de la société holding avec des primes de réassurance supplémentaires, en plus des dividendes existants versés par les filiales. Moody’s considère cette diversification accrue comme positive pour le profil de crédit de la holding », souligne l’agence de notation.

 

Législation

Risques cyber

Image système hacked

(Shutterstock)

Début juillet 2021 l’Etat avait lancé un groupe de travail et une consultation publique sur le sujet épineux des assurances cyber. Le but ? Encadrer la transition numérique des forces de l’ordre et structurer la stratégie de lutte contre les cyberattaques. De plus Valeria Faure-Muntian, députée de la Loire et présidente du groupe d’études assurances de l’Assemblée nationale, a présenté en octobre 2021 un rapport sur la cyberassurance, et le Haut Comité juridique de la place financière de Paris, a remis début 2022 un rapport sur le même sujet.
Ces recherches préalables ont permis au ministère de l’Intérieur de définir 13 mesures pour le volet cybersécurité du projet de loi d’orientation et de programmation (LOPMI). Ce qu’il faut retenir ? Que le ministère souhaite, sous certaines conditions, NE PAS interdire le paiement des rançons aux assureurs mais également mieux l’encadrer. Ce débat clivant, dont nous vous parlions au mois de mai, risque donc d’être relancé. Payer ou non la rançon, telle est la question.

 

Assurance agricole

un tracteur répand des produits sur un champ

(Istockphoto)

Ce jeudi 3 mars la loi réformant l’assurance récolte a été promulguée et publiée au Journal Officiel. Cette réforme, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, dont nous vous avions parlé en décembre et en octobre 2021, vise à faire rentrer 70 000 à 80 000 agriculteurs supplémentaires dans le camp des assurés.

L’Argus de l’Assurance a parfaitement résumé cette nouvelle loi :
Elle acte tout d’abord “au 1er janvier 2023 la création d’un système universel à trois étages, qui a vocation à permettre à tous les agriculteurs qui le souhaitent d’être assurés et abolit la distinction entre cultures assurables et non assurables faite aujourd’hui par le régime des calamités. Jusqu’à 20 % de pertes, l’agriculteur s’auto-assurera via sa trésorerie ; ensuite, l’assurance privée prendra en charge jusqu’à un certain seuil, qui sera défini ultérieurement par un décret du gouvernement (et pourra varier selon les cultures) ; puis, au-delà de ce seuil de pertes «exceptionnelles», le fonds de solidarité nationale (qui remplacera le fonds des calamités) interviendra pour toutes les cultures, qu’elles soient assurées ou non. Dans ce nouveau système, les exploitants ayant fait l’effort de s’assurer seront deux fois mieux pris en charge par la solidarité nationale que ceux qui ne sont pas assurés. Les sénateurs ont, par ailleurs, complété le texte en modulant les aides à l’installation des jeunes agriculteurs en fonction de la souscription d’une assurance récolte. Une mesure qui figure dans la loi promulguée ce 3 mars.”

De plus, la loi laisse également la possibilité au gouvernement de publier une ordonnance pour créer un pool d’assureurs qui prendrait la forme d’un GIE. Cette idée, poussée par Groupama, et calquée sur l’exemple espagnol Agroseguro, permettrait d’encourager une meilleure mutualisation des risques. Les assureurs souhaitant distribuer de l’assurance agricole en France devront obligatoirement adhérer à ce pool. Des voix s’élèvent contre ce projet de pool, beaucoup de points restent à éclaircir, et l’ordonnance devrait être prise dans un délai de 6 mois. D’ici là, les élections présidentielles seront passées, et cela pourrait redistribuer les cartes.
La loi promulguée ce 3 mars sanctuarise aussi le budget qui sera alloué par l’Etat pour accompagner cette réforme : 600M€ par an de 2023 à 2030.

 

Luko

Très présente dans les actualités ce mois-ci, nous nous devons de dédiée une section entière à l’assurtech française!

Luko X Unkle

présentation des services de Luko

Luko a le vent en poupe ! En janvier l’assurtech française spécialisée dans l’assurance habitation en ligne, annonçait l’acquisition de Coya, assurtech berlinoise. Coya, porteuse de ses risques a permis à Luko de disposer d’un agrément européen, et de passer la barre de 300 000 assurés. A peine 2 mois plus tard, Luko annonce l’acquisition d’Unkle, dont nous vous parlions en janvier à l’occasion de sa levée de fonds de 10 millions d’€. Lancée en 2019, cette assurtech se spécialise dans les garantie de loyers impayés, et revendique 20 000 clients.

L’intégration au groupe Luko, permettra à Unkle de viser les 100 000 clients et 3 500 agences partenaires d’ici à 2023. La structure garde son nom et conserve ses dirigeants (Matthieu Luneau et Cédric Baulme) et prévoit même de passer de 30 à 80 collaborateurs. Pour Luko, l’opération lui permet d’élargir les produits et services fournis à ses clients tout en accédant à de nouveaux clients et canaux de distributions, comme les professionnels du secteur immobilier.

 

Achat groupé en MRH

Le projet d’achat groupé d’assurance habitation lancé en janvier 2022 par le comparateur Sélectra et Familles de France avance. Les 2 organismes partenaires ont fait leur choix : ce sera Luko !
Sélectra et Familles de France ont lancé un appel aux inscriptions pour l’assurance habitation, à la suite de quoi des particuliers se sont préinscrits. Un appel d’offre a ensuite été ouverts aux assureurs, qui sont allés de leurs propositions. L’objectif ? Réduire la prime d’assurance habitation pour les participants tout en négociant au mieux les garanties et couvertures. En effet, d’après les informations France Assureurs et de l’INSEE, le prix moyen de l’assurance habitation a augmenter de 34% entre 2008 et 2017 ! Une tendance qui « va certainement s’accentuer en 2022 suite à la multiplication et la gravité des évènements climatiques, qui dérèglent l’équilibre entre perception des cotisations et paiement des sinistres pour les assureurs » d’après Sélectra et Familles de France.

Au final plus de 10 000 personnes se sont préinscrites à cet achat groupé, et les 2 organismes ont reçus les appels d’offres. C’est donc Luko qui a remporté le contrat, ils proposaient 3 mois offerts sur le contrat, avec un an d’engagement, la mise à disposition de deux formules dédiées (une d’entrée de gamme, une deuxième plus couvrante) et, au-delà de l’argument tarifaire, le fait que la gestion de sinistres soit menée en France et de manière plus rapide (les deux partenaires estiment que Luko indemnise ses clients sous 15 jours en moyenne, contre 30 jours en moyenne chez les principaux assureurs du marché). Les préinscrits vont recevoir cette proposition de contrat et auront le choix de la signer ou non.

C’est le 2ème achat groupé dans l’assurance, après une offre en santé en 2020 (également remportée par une assurtech : Kovers) et on attend le résultat de l’appel d’offre lancé par la Mairie de Paris en octobre 2021, également pour l’habitation.

 

Novélia

Novélia, courtier grossiste filiale du Crédit Mutuel Arkéa, a lancé une nouvelle offre habitation, présentée à son réseau de 5 000 courtiers et agents. Cette offre est faite en partenariat avec Luko et est entièrement digitale et sans engagement.

«Aujourd’hui, Novélia est le seul courtier grossiste à offrir à ses partenaires, l’assurance habitation Luko. Nous sommes fiers de pouvoir proposer une offre innovante et différenciante à notre réseau», résume le directeur commercial de Novélia Hervé Coignard.

 

Sources :