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Restez au courant de l’actualité marché – Été 2021

On résume pour vous toute l’actualité de ces 2 mois d’été.

Partenariats et rachats

Aon et Willis Towers Watson

Aon to pay Willis Towers Watson US$1bn as merger called offLe projet de fusion entre Aon et Willis Towers Watson a été un feuilleton à rebondissements. Les deux géants ont finalement renoncé à la fusion pendant l’été. Après de nombreux allers-retours entre les deux compagnies, l’annonce officielle en mars 2020, l’accord de l’Union Européenne qui a traîné en longueurs, l’obligation pour Willis de se séparer de Gras Savoye, la goutte d’eau qui semble avoir fait déborder le vase est la plainte déposée par le Ministère de la Justice Américain (“DOJ”) à la mi-juin. Leur crainte? Que la fusion élimine la concurrence, et par conséquent, génère une hausse des prix et ne réduise l’innovation. Le CEO d’Aon a estimé que le projet s’était retrouvé dans une impasse et il estime que “La position du ministère de la Justice ne tient pas compte du fait que [leurs] activités complémentaires opèrent dans de vastes domaines concurrentiels de l’économie. [Ils sont] convaincus que le rapprochement aurait accéléré [leur] capacité commune à innover pour le compte de [leurs]clients”.

Face à cette impasse, l’annulation du rapprochement a donc été décidé. Aon devra payer des frais de résiliation à Willis Towers Watson à hauteur d’un milliard de dollars.

 

Gallagher – Willis Re

Dans le cadre de la fusion Aon-WTW, Willis Towers Watson devait se séparer de Gras Savoye, qui avait été racheté en 2015 par Willis. Gallagher, un des plus gros courtiers américains, y avait vu l’opportunité de s’implémenter en Europe, et avait saisi l’opportunité en annonçant son intention de racheter Gras Savoye.

Seulement, voilà, la fusion étant annulé, WTW gardera le courtier dans son giron. Gallagher poursuit quand même ses projets d’acquisition puisqu’ils vont tout de même racheter les activités de courtage en réassurance du groupe Willis Towers Watson. Le nouvel accord signé entre Willis Re et Gallagher, dévoilé le vendredi 13 août dans un communiqué de presse, prévoit la cession de toutes les activités de courtage en réassurance dans le monde de Willis Towers Watson à Arthur J. Gallagher & Co pour un montant initial de 3,25 milliards  de dollars. Si Willis Re atteint certains objectifs en termes de chiffre d’affaires, un montant additionnel de 750 millions d’euros payable en cash en 2025 pourrait s’ajouter. L’opération devrait être finalisée au premier trimestre 2022, après avoir reçu l’aval des autorités réglementaires.

 

AXA

Le groupe français a cédé ses activités d’assurances à Singapour à HSBC pour un montant de 487 millions d’euros. La transaction devrait être finalisée pour le quatrième semestre de 2021. Cette cession intervient deux mois après la vente des activités d’assurance en Malaisie à Generali. Ces deux ventes s’inscrivent dans le cadre de la stratégie de simplification des activités d’AXA. Gordon Watson, CEO d’AXA Asie et Afrique a expliqué:  « Notre stratégie est aujourd’hui de mettre l’accent sur nos marchés principaux, qui disposent d’une taille critique, un mix d’activité centré sur nos segments cibles et un fort potentiel de croissance ».

En effet, en plus des activités à Singapour et en Malaisie, le groupe AXA a annoncé 12 autres cessions sur les quatre dernières années, à travers le monde. Elles ne sont pas encore toutes finalisées, puisque la vente d’AXA Banque Belgique à Crelan Banque est actuellement suspendue, et en attente de la validation de la BCE. La banque belge coopérative avait annoncé le rachat d’AXA Banque pour un montant de 540 millions d’euros il y a deux ans maintenant. La BCE exige cependant un plan financier plus robuste et plus de garanties. Affaire à suivre…

 

Generali – Vitality

En 2017 Generali France avait annoncé son partenariat avec Vitality, entreprise sud-africaine qui développe des programmes de prévention santé. Generali souhaitait casser les codes et proposer un produit innovant. Le résultat? Un produit d’assurance qui incite les salariés à être acteurs de leur santé via des programmes personnalisés de coaching, avec des récompenses à la clé. Ce lancement avait fait grincer des dents, relançant le débat sur l’assurance au comportement, et la ministre de la santé de l’époque, Marisol Touraine, avait soulever la question du droit d’accès des assureurs aux données santé de ses assurés.

Toute cette agitation n’a cependant pas empêché Generali de vendre son produit, et ce dernier a d’ailleurs annoncé la prolongation de son partenariat avec Vitality jusqu’en 2028. En 2018, Generali France comptait 2200 entreprises clientes de Generali Vitality, et l’assureur italien prépare déjà la vente de ce produit en Espagne, en Italie, en Pologne et en République Tchèque pour 2022.

 

Actualités

Catastrophes naturelles

Les images de l'incendie dans le Var, le plus gros en France cet été | Le HuffPostEntre les tempêtes hivernales dans l’est des États-Unis, le dôme de chaleur en Amérique du Nord, les inondations en Europe et en Chine, les feux de forêts un peu partout dans le monde et le tremblement de terre dans les Caraïbes… les catastrophes naturelles ne nous laissent pas de répit. Et s’il fallait en douter, ça n’ira pas en s’améliorant, d’après le récent rapport du Giec. Cette année, les catastrophes naturelles ont coûté la vie à 4500 personnes, et d’après les premiers rapports de Swiss Re, ce premier semestre à lui seul, a déjà généré pour 40 milliard de dollars de pertes assurées. C’est la facture climatique la plus élevées depuis 2011, année du tremblement de terre et du tsunami qui s’en est ensuivi sur les côtes japonaises (avec les conséquences à Fukushima que l’on connaît) et l’année n’est pas encore finie. Les incendies sont toujours en cours, la saison des cyclones n’est pas terminées, et l’hiver de fin d’année pourrait également amener des tempêtes (on se souvient tristement des tempêtes Martin, Lotar et Daria, intervenues en décembre 1999 en France). Cette année 2021 devrait donc tristement battre le record.

Au-delà des catastrophes écologiques et humanitaires, ces phénomènes météorologiques ont également un impact sur les assurés. Les assureurs devront être encore plus prudents dans la gestion de leurs risques climatiques, et une hausse des primes est d’ores et déjà attendue pour 2022. En effet, le CFO de Munich Re, Christoph Jurecka, ayant estimé les dégâts des inondations en Europe entre six et sept milliards d’euros, a expliqué: ” Il me semble raisonnable de penser que les inondations vont entraîner un certain rattrapage des prix en Europe, de sorte que les tarifs augmenteront plus que ce que nous avons vu dans le passé.”

 

Assurances voyages

Annulation de voyage à cause du Covid-19 : comment obtenir réparation ? | Dossier FamilialLeur métier étant de gérer les imprévus de leurs clients, les assureurs voyage se sont adaptés aux besoins des vacanciers. Entre les variants, les restrictions et conditions de circulations et les risques de tomber malade, cet été il y a une affluence de souscription des produits d’assurance couvrant les soins médicaux à l’étranger, les rapatriements ou encore les annulations de séjours. « Depuis quelques jours sur la France on voit une très forte augmentation de l’activité par rapport à nos prévisions, explique Francine Abgrall, directrice voyage chez Europ Assistance Group. Il y a beaucoup de gens qui se posent des questions sur le fait d’être couverts ou pas, qui se renseignent pour une annulation, des gens qui nous appellent pour trouver un endroit pour un test PCR pour revenir… »

Europ Assistance, comme ses concurrent, fait habituellement appel à des saisonniers pour répondre aux appels et demandes de leurs assurés pendant l’été, mais cette année, comme l’année précédente d’ailleurs, ça n’a pas été le cas en raison de la pandémie et des restrictions. Mais avec l’augmentation du nombre de souscriptions, les entreprises d’assistances vont devoir se réorganiser pour mobiliser leurs ressources là où elles en ont besoin.

L’année n’est pas encore fini, et il est encore tôt pour tirer des conclusions, mais pour l’instant, on est encore loin du niveau de 2019. « Nous avions prévu une saison proche de 2019 avec seulement 15 à 20 % en moins d’activité », explique Emmanuel Legeron. En 2020, l’activité avait diminué jusqu’à 40 %, par rapport à l’été précédent sur l’activité rapatriements, couvertures des soins, etc. Cependant « la crise sanitaire a entraîné pour les vacances 2021 une augmentation de 10 à 20 points du taux de souscription de l’assurance voyage par rapport à 2019 ». Un bilan en demi-teinte donc, à voir comment les choses évoluent d’ici la fin d’année.

 

Assurtech et levées de fonds

Lovys

Lovys est une assurtech française, multimarché, qui propose des produits habitation, biens, auto, chient/chat, emprunteur et téléphone, le tout, 100% en ligne. L’entreprise se targue d’une solution rapide, transparente, simple et personnalisée. Fondée en 2017, la start-up avait annoncé  en début d’année un tour de table qui lui avait permis de lever dix-sept millions d’euros en série A, ce qui la faisait rentrer dans les dix assurtechs françaises les mieux financées. Cet été, Lovys a annoncé bénéficier de deux nouveaux investisseurs: Adevinta Ventures, fonds norvégien, notamment connu pour son implication dans LeBonCoin, et MS&AD Ventures, connus pour sa participation à Hippo Insurance, assurtech habitation américaine, cotée en bourse depuis cette année. Ces nouveaux investissements vont permettre à Lovys de s’implanter sur deux nouveaux marchés: l’Espagne et le Portugal.

Lovys revendique une croissance de 70% de ses ventes quotidiennes sur le premier trimestre 2021 par rapport au dernier trimestre de 2020, tout en anticipant une hausse continue de son volume de nouveaux contrats d’ici fin 2021.

 

Coverd

Coverd est une assurtech française qui se spécialise dans l’assurance des téléphones mobiles et autres appareils électroniques. Fondée en 2019, l’assureur affinitaire compte aujourd’hui 9 employés et propose des couvertures contre le vol, la casse, l’oxydation, les composants cassés et les batteries en fin de vie. Les primes allant de 2,90€ à 19,90€ par mois selon les types d’appareils, neufs, d’occasions, reconditionnés… L’assureur français ne propose pas de dédommagement mais la réparation de l’appareil, et quand cela n’est pas possible, le téléphone est remplacé avec le même modèle. Pour ce faire, Coverd a récemment signer un accord avec Wefix by Fnac, une marque du groupe Fnac-Darty, qui propose les réparations des appareils électroniques en une heure, dans leurs différents points de vente.

 

 

Sources

Restez au courant de l’actualité marché – Juin 2021

On résume pour vous toute l’actualité du mois de juin.

Partenariats et rachats

Aéma – Aviva France

Aviva to sell French arm to Aéma Groupe for €3.2bn | News | The InsurerLe groupe Aéma, qui inclut la MACIF, continue de planifier son rachat du portefeuille Aviva France. Le groupe mutualiste a annoncé vouloir clôturer le rachat, qui devrait s’effectuer pour 3,2 milliards d’euros, d’ici à la fin de l’année. Aéma était entré en négociations exclusives avec la maison-mère britannique en février dernier. Aéma doit encore obtenir le feu vert de l’ACPR et de l’autorité de la concurrence. Si cette affaire vient à se conclure, elle devrait faire rentrer Aéma dans le top 5 des plus gros assureurs français.

Le groupe mutualiste a déjà désigné le Directeur Général d’Aviva France en la personne de Philippe Sorret.

Maif – MGEN

La MAIF et la MGEN proposent la complémentaire Efficience Santé - MutuelleTandis que Maif continue de travailler sur son rapprochement avec SMACL, l‘assureur des collectivités locales faisant parti du groupe Vyv, c’est avec une autre entité de ce même groupe que l’assureur niortais travaille sur un partenariat. En effet, Maif renforce son partenariat avec MGEN, autre acteur historique de l’assurance de l’Education Nationale.

Cela fait longtemps que ces 2 assureurs travaillent ensemble. En 2002, ils avaient proposé une offre commune en santé individuelle, complétée en 2011 avec une autre gamme, toujours en santé. Puis en 2019, le réseau de la Maif a commencé à présenter sa nouvelle offre en santé collective à destination des associations. Ce partenariat renforcé vise à également proposer une couverture prévoyance à ces mêmes associations. Depuis mi-mai, la Maif propose à ses associations sociétaires et prospects une analyse de besoins en prévoyance, réalisée par les équipes MGEN Solutions. Le groupe MGEN, au travers de sa filiale MGEN Solutions, assure quant à lui la gestion opérationnelle des contrats en santé et prévoyance. De son côté, MGEN Solutions pourra s’appuyer sur la Maif pour « proposer aux structures de l’ESS adhérentes en santé et prévoyance, une analyse de besoins et une expertise en IARD sur la responsabilité civile professionnelle, la couverture des risques liés aux locaux et aux flottes automobiles », indiquent les partenaires dans un communiqué.

Generali

Generali diventa socio di Cattolica con il 24,46% del capitaleGenerali souhaite continuer son développement européen, et cela passe par les acquisitions. Fin 2020, Philippe Donnet, le CEO de Generali annonçait : « Après avoir déjà investi 1,6 Md€ dans une dizaine de petites et moyennes acquisitions, nous avons encore 2,5 Md€ supplémentaires à allouer à d’autres acquisitions. Nous étudions les opportunités qui sont en ligne avec notre stratégie. Mais pour l’instant, nous n’avons pas de cibles en tête ».

L’assureur italien est passé de la parole aux actes puisque fin mai Generali a lancé une OPA sur Cattolica, son concurrent italien. Generali connait bien Cattolica puisqu’il l’avait déjà soutenu l’année passée, via un partenariat, pour faire face à ses exigences en capital, suite à la crise Covid qui l’avait mis en difficulté. L’offre publique d’achat se monte à 1,17 Milliard d’€ sur la totalité des actions.

Dans un deuxième temps, c’est en Grèce que Generali s’agrandit. En effet, l’assureur de Trieste a finalisé la reprise des activités vie, épargne et dommages de la filiale grecque du groupe Axa pour un montant total de 167 millions d’€.

L’affaire SCOR – Covéa

Covéa files complaint against SCOR CEO Kessler, SCOR refutes claims - Reinsurance NewsL’affaire SCOR-Covéa a trouvé un dénouement heureux ! En bisbille depuis 2018, les dirigeants de ces 2 géants du secteur de l’assurance ont finalement trouvé un accord.

Pour un résumé de l’affaire, vous pouvez consulter notre article du mois de mars.

Le conflit opposant Thierry Derez à Denis Kessler devait se poursuivre en juillet avec l’audience du tribunal correctionnel de Paris chargé de trancher sur les accusations d’abus de confiance et recel d’abus de confiance portés par SCOR contre Covéa. Mais contre toutes attentes le dialogue a été renoué et un accord a été trouvé. “Covéa et SCOR souhaitent retrouver des relations apaisées, fondées sur le professionnalisme, dans le respect de leurs indépendances respectives”, ont fait savoir les 2 entreprises dans un communiqué commun.

L’accord signé, encouragé par l’ACPR, stipule que SCOR retire ses accusations avant l’audience pénale prévue les 5 et 6 juillet prochains, les deux parties s’engageant à cesser toutes poursuites judiciaires. De son côté, Covéa, qui détient aujourd’hui 8,2% du capital de SCOR, s’engage à ne pas présenter d’offre, formelle ou informelle, de prise de contrôle de SCOR et à ne “pas acheter directement ou indirectement, seul ou de concert, d’actions SCOR”, pendant une période de 7 ans.

L’accord prévoit également que Covéa sorte progressivement du capital de SCOR, et il proposera une priorité sur ses actions au réassureur avec un prix fixe de 28€ par action, et ce pour une durée de 5 ans.

De plus, Covéa renonce à faire appel de la décision du tribunal de commerce de Paris qui l’avait condamné le 10 novembre 2020 à verser 20 millions d’€ de dommages et intérêts à SCOR en réparation du préjudice subi lors de sa tentative de prise de contrôle. En revanche, Covéa versera bien la somme de 20 millions d’€ à SCOR, comme indemnité transactionnelle.

Enfin, cet accord permet la reprise du partenariat commercial entre les 2 entités. Covéa s’engage à faire appel à SCOR pour des traités de réassurance en quote-part, et le réassureur lui cédera 30% de son portefeuille vie de sa filiale irlandaise, pour un montant d’un milliard d’€. Cela permettra à SCOR de “se redéployer vers la réassurance dommages (P&C) et à Covéa d’accélérer sa stratégie vers la réassurance vie” précise le communiqué commun.

 

Assurtechs et levées de fonds

Akur8

Akur8 double son offre | CFNEWSL’assurtech qui vise à moderniser la tarification grâce à l’utilisation de l’IA a conclu une nouvelle levée de fonds. Fondée en 2018 et développée au sein de Kamet Ventures, Akur8 a pour l’instant totalisé 42 millions d’€ en levées de fonds. La dernière en date, conclue ce mois-ci, leur a permis de lever 30 millions d’€. On compte parmi les participants les fonds BlackFin et MTech – déjà partenaires de l’assurtech.

Nostrum Care

Nostrum Care : 10 mois et 2 confinements plus tard, le lancement est imminent 🚀L’application Nostrum Care a été officiellement lancée ce mois de juin et son principal réassureur et actionnaire est Arch Ré.

Nostrum Care a pour vocation de rembourser ce qui, d’habitude, n’est pas remboursé par les assureurs. « L’idée de base était de créer une néo-assurance mobile pour recréer un lien de confiance entre assureurs et assurés : à partir de là, mon équipe est partie d’une feuille blanche » a confié Abel Biver, le fondateur. L’offre de Nostrum Care est construite autour de 3 services : la santé, les besoins du quotidien et la mobilité. Pour chacun, des offres spécifiques ont été co-construites avec différents partenaires assureurs et non-assureurs. Parmi ces partenaires on retrouve Mutuaide Assistance (partenaire assureur pour la garantie dépannage des NVEI), Mutest et la mutuelle médico-chirurgicale [MMC] (présent dans le capital), l’opticien Lissac ainsi que les start-up KoalaME (service de comptabilité pour les micro-entrepreneurs) et Medoucine (spécialisée sur les médecines douces). Nostrum Care intervient par exemple sur l’orthodontie adulte, le blanchiment des dents, l’aromathérapie, les protections hygiéniques… et les besoins du quotidien incluent par exemple une protection contre le cyberharcèlement, une offre d’assistance face au harcèlement scolaire ou encore une protection de l’e-réputation. La partie mobilité propose une assistance pour le dépannage des nouveaux véhicules électriques individuels (NVEI).

D’après l’Argus de l’Assurance, « Ce modèle comprend une autre particularité puisqu’aux côtés des garanties traditionnelles (exprimées exclusivement en euros et non en pourcentages, sous la forme de « cagnottes »), figurent aussi des « boosts » permettant aux utilisateurs de personnaliser leurs garanties au plus près de leurs besoins – « pour permettre aux assurés de reprendre le contrôle de leur assurance », selon la formule d’Abel Biver. De même, l’ensemble de ces garanties ne comprend aucune exclusion. »

Bought by Many

HUBBought By ManyL’assurtech anglaise Bought by Many, spécialisée dans l’assurance des animaux de compagnie, a clôturé début juin une levée de fonds lui permettant de rassembler 286 millions d’€, portant son financement total à 409 millions d’€. Cette levée menée par EQT Growth, Octopus Ventures et Munich Re a fait entrer l’assurtech sur le podium des assurtechs les mieux financées d’Europe. Lancé en 2017, et s’étant développé sur les marchés britannique et français, l’assureur a annoncé avoir doublé son chiffre d’affaires depuis sa création.

WeFox

wefox about usL’assurtech allemande WeFox a également conclu une levée de fonds importante, 531 millions d’€. Fondé en 2015, son financement total a quasi atteint le milliard de dollar avec 918,5 millions de dollars, soit 750 millions d’€. La pousse allemande a développé une plateforme de distribution vendant à la fois des produits créés par une filiale dédiée de WeFox et par des partenaires (la plateforme agglomèrerait plus de 5 000 intermédiaires). L’assurtech a dégagé un chiffre d’affaires de 140 millions de dollars en 2020 et entend être rentable d’ici 2023. L’ambition de Julian Teicke, le fondateur, est de faire de WeFox « l’un des acteurs dominants de l’assurance d’ici à fin 2030 ».

Vie d’entreprise

Télétravail et retour au bureau

Depuis le 9 juin, les employeurs peuvent inciter leurs employés à revenir sur site. « Les employeurs fixent dans le cadre du dialogue social de proximité un nombre minimal de jours de télétravail par semaine, pour les activités qui le permettent », précise le nouveau protocole sanitaire publié par le ministère du Travail le 2 juin. Dans le monde de l’assurance, chaque compagnie a mis en place des accords différents. Cependant le taux d’occupation des locaux ne peut pas, souvent, dépasser les 50%.

Chez Malakoff Humanis, seuls les managers ont été conviés à revenir sur site dès le 9 juin avant les autres salariés, afin de préparer le retour de ces derniers.

Pour la Maif, les employés ne reviendront qu’un jour par semaine dans leurs locaux, « puis probablement deux jours par semaine à partir du 5 juillet, si la situation sanitaire le permet », indiquait Évelyne Llauro-Barrès, directrice générale adjointe en charge des richesses humaines de la Maif.

De son côté, AXA remettrait en place un système de rotation, avec une partie des salariés venant deux jours par semaine à leur poste, puis trois jours la semaine suivante.

Chez Allianz France, les salariés peuvent désormais se rendre sur site « sans restriction ». « Cela signifie que si un collaborateur veut revenir cinq jours par semaine, il le peut, en accord avec son manager et dans la limite de 30% d’occupation », a indiqué une source interne.

La Mutuelle Générale, quant à elle, a signé un accord avec plusieurs syndicats qui permet à leurs 1900 employés une grande marge de manœuvre, puisque qu’ils peuvent prendre entre 0 et 5 jours de télétravail par semaine, avec un minimum de 4 jours par mois de présence dans les bureaux.

AG2R La Mondiale, de son côté, a annoncé une reprise par paliers jusqu’au 1er septembre, date à laquelle la direction du groupe souhaite revenir à une situation équivalente à celle pré-covid, avec un maximum de 2 jour hebdomadaire de télétravail.

Les vacances d’été devraient permettre d’alterner facilement les retours au bureau, et ainsi éviter les pics de fréquentation. Reste à voir comment la situation évoluera à la rentrée, et si le télétravail restera dans les mœurs pour le secteur de l’assurance. La politique de chaque entreprise risque d’être très différente, et cela pourrait bien faire la différence dans la marque employeur et l’attractivité des compagnies.

Bientôt la parité pour les mutuelles ?

La loi Copé-Zimmermann de 2010 imposait aux entreprises un quotas de femmes au sein des conseils d’administration. En raison de leur régime particulier, les sociétés d’assurance mutuelles échappaient à cette obligation. Une proposition de lois LREM vise à « accélérer l’égalité économique et professionnelle » en rectifiant cette exception. En effet, ce projet de lois prévoit « d’aligner les obligations applicables aux sociétés d’assurance mutuelles, relevant du code des assurances, sur celles des mutuelles relevant du code de la Mutualité » précise l’Argus de l’Assurance.

Si le projet est signé, d’ici janvier 2027, les sociétés d’assurance mutuelle devront s’assurer que leur conseil d’administration garanti une égalité des sexes (minimum 40%/60%). Pour les sociétés d’assurance mutuelles dont la proportion de femmes au sein du conseil d’administration est inférieure à 25 %, la date d’entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions est repoussée au 1er janvier 2030. Cela devrait leur laisser le temps de réunir leur conseil d’administration et de le renouveler, mais surtout de trouver des candidates adéquates pour les postes à pourvoir. En effet, Solvabilité 2 reste d’application, ce qui inclut ses exigences « fit & proper ». La date d’examen du projet de loi au Sénat n’est pas encore connue.

Sources

Restez au courant de l’actualité marché – Mai 2021

On résume pour vous toute l’actualité du mois de mai.

Résultats financiers

Résultats du premier trimestre 2021

Après une année 2020 en demi-teinte, les premiers résultats trimestriels de 2021 commencent à arriver. Et on peut dire que les assureurs s’en sortent mieux sur la partie dommages. En effet, les chiffres d’affaires publiés actuellement sur la partie dommages sont en augmentation pour Axa France (+4%), BPCE (+4%), Crédit Agricole (+6,4%) et Generali (+1,9%) par rapport à la même période de l’année précédente.

Du côté vie, épargne et retraite, le constat est plus mitigé. Si certains s’en sortent bien, notamment grâce aux Unités de Comptes et/ou grâce à leurs entités patrimoine, du côté Euro, les résultats sont en berne. BCPCE fait preuve de beaucoup de dynamisme avec un chiffre d’affaire en hausse de 18%, Crédit Agricole enregistre une hausse de son chiffre d’affaire en prévoyance, emprunteur et collectives de 5%, Generali de son côté annonce une hausse de 5,5% pour les primes brutes émises du côté vie. Enfin, Axa France enregistre une baisse de 5% de son chiffre d’affaire en vie épargne et retraite, et CNP Assurances fait la distinction sur son chiffre d’affaire en épargne retraite avec une hausse des UC de 0,5 md€ et une baisse côté Euro de 1,6 md€.

Classement de l’assurance vie 2020

La collecte en assurance vie pour cette année 2020 a chuté de 20% ! L’effet de la crise sanitaire, l’incertitude économique, les agences fermées, les français ont préféré garder leur épargne à portée de main plutôt que de l’investir dans les produits d’assurance vie.

Mais cette baisse de la collecte n’a pas touché tous les acteurs de la même manière. En effet, les bancassureurs sont les premiers à avoir observé une baisse drastique. Leur mode de distribution étant très dépendant des agences, la fermeture de tous leurs points de vente pendant les confinements successifs a eu de grosses conséquences. Par exemple, Prepar-Vie, HSBC Assurances vie ou encore les Assurances du Crédit Mutuel ont vu leur cotisation diminuer de respectivement 39, 35 et 34 %. Seul BNP Paribas Cardif s’en sort plutôt bien avec une baisse de 8% des cotisations, ceci grâce à un réseau de distribution très diversifié (agences, gestionnaires de patrimoines, banques privées).

Côté assureurs, quelques acteurs tirent leur épingle du jeu et observent une progression de leur collecte en assurance vie. En effet, Mutavie (Macif), Le Conservateur et Ageas France ont vu leurs cotisations en affaire directe augmenter de respectivement 1,2% 1,7% et 19,3%.

À noter que la décollecte a essentiellement affecté le fonds en euros, ce qui a été bien vu dans un environnement de marché où tout nouvel investissement dilue le rendement de l’actif général. En effet, crise sanitaire ou non, les assureurs devront continuer à essayer de convertir leurs clients aux unités de comptes. « Dans le cadre de Solvabilité 2 et avec la situation actuelle des taux d’intérêt, l’intensité en capital des fonds en euros est très forte et elle va encore s’accentuer dans les prochaines années avec la baisse de rendement de l’actif général », explique Baptiste Bréchot, Associé Risk Advisory chez Deloitte.

Top 15 de l’assurance vie pour la France en 2020 (en M€)

Source : Argus de l’assurance

Nouveaux acteurs

N26

Avis N26 (2020) : La banque mobile est-elle sérieuse ?

Après l’annonce de Revolut il y a quelques mois, c’est au tour d’une autre néobanque, N26, d’annoncer son arrivée sur le marché de l’assurance. En effet, N26 a signé un partenariat avec l’assurtech allemande Simplesurance pour créer ses produits. Pour l’instant N26 propose uniquement une couverture pour les smartphones, que les clients peuvent souscrire depuis leurs smartphones, et peuvent la résilier à tous moments. Mais l’objectif de la fintech allemande est bien de s’installer dans le paysage puisqu’elle travaille déjà sur toute une gamme de produits d’assurance : habitation, auto, moto, RC et même produits d’assurance vie !

« N26 va développer une palette complète d’assurances couvrant tous les besoins des Français avec la promesse d’une expérience aussi simple qu’autonome et aussi sécurisée que compétitive comparée aux acteurs traditionnels » explique Jérémie Rosselli, Directeur Général N26 France.

N26 revendique actuellement sept millions de clients en Europe dont plus d’un million en France.

Acheel

Start-up / Fintech : L'assureur Acheel lève 29 millions d'euros - NewpubmarketingUn nouvel assureur a vu le jour en ce 18 mai 2021. En effet, Acheel a reçu son agrément de l’ACPR, faisant de lui la troisième compagnie depuis 35 ans à recevoir cet agrément, avec Alan (assurance santé) et Seyna (assurance dommages).

Acheel annonce vouloir proposer des produits simples, avec une excellente expérience client, des prix justes et le tout pilotable depuis son smartphone. Pour l’instant, Acheel propose actuellement trois produits : santé individuelle, habitation et assurance chats et chiens. Il est prévu que d’ici la fin de l’année, l’assurtech diversifie son offre avec notamment, des produits auto, moto et emprunteur.

Pour se financer, Acheel a fait appel à des levées de fonds, récoltant 29 millions d’€ et compte parmi ses principaux actionnaires Xavier Niel, qui détient 20% du capital. Portag3 Ventures (ayant participé à la levée de fonds d’Alan et Qover) et Serena Capital (ayant investi chez Descartes Underwriting) ont également participé à ce tour de financement.

Partenariats et rachats

Allianz France

Bumpair, un casque gonflable pour les trottinettes électriques en libre  serviceAllianz France a noué un partenariat avec Bumpair, une entreprise ayant créée un casque de vélo gonflable. Ce casque, respectant les normes de sécurité, se range facilement dans sa poche, et à l’utilisateur de le gonfler quand nécessaire, permet une protection accrue.

Allianz France avait préalablement mené une étude qui avait montré que 69 % des usagers de trottinettes électriques en France déclaraient ne pas porter systématiquement leur casque. Dans un objectif de prévention, Allianz s’est donc allié avec Bumpair. Ce partenariat se traduit pour un soutien financier de la part d’Allianz, permettant de tester et améliorer le produit. De son côté Allianz a mis à disposition le casque à une centaine de ses salariés en test et le proposera à un tarif préférentiel à ses assurés utilisant des vélos, trottinettes, gyropodes et autres engins de déplacement personnels motorisés (EDPM).

Gras Savoye

Résultats 2018 : CA en hausse pour Gras Savoye WTW France - News Assurances ProC’est désormais officiel puisqu’Aon et Willis Towers Watson viennent d’annoncer la signature d’un « accord définitif portant sur la vente de Willis Re et d’un ensemble de services de courtage et de risques d’entreprise et de services de santé et d’avantages sociaux de Willis Towers Watson » au courtier américain Arthur J. Gallagher. Les activités du courtier seront cédées pour un montant total de 3,57 Md$ (environ 2,95 Md€).

Arthur J. Gallagher ne rachète pas l’intégralité des activités mais une réelle vente à la découpe a été évitée de peu. Au final, le courtier américain rachète aux deux groupes :

  • Les opérations de Willis Re au niveau mondial (hors Chine continentale et Hong Kong)
  • La réassurance facultative des cédantes à l’échelle mondiale (hors Chine continentale et Hong Kong)
  • L’entité courtage connue sous le nom d’Inspace à l’échelle mondiale
  • Les activités de courtage dans certains pays d’Europe dont la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Espagne, hors assurance affinitaire
  • Le cyber au Royaume-Uni et certains comptes dans les bureaux de Houston et San Francisco aux États-Unis ;
  • Les activités de courtage en assurance dommages dans l’Espace économique européen, au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Brésil et à Hong Kong, concernant certaines grandes entreprises multinationales dont le siège social se trouve en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Espagne
  • Les activités assurance de personnes en France, en Espagne et en Allemagne.

D’après l’Argus de l’Assurance, concernant Gras Savoye, les bureaux en région, l’assurance dommages et l’assurance de personnes, qui pèsent ensemble entre 85 et 90% de Gras Savoye, seront bien cédés à Gallagher. L’assurance affinitaire et les marchés spécialisés (RC médicale, sport, arts et culture, agricole, Gras Savoye Yachting et Gras Savoye NSA) resteront chez Aon. Ces deux activités rassemblent aujourd’hui un peu plus de 250 salariés pour environ 50 M€ de chiffre d’affaires, soit 10% du chiffre d’affaires de Gras Savoye. À noter que toute l’activité retraite (portée par WTW), en dehors de celle des régions, ne sera pas non plus cédée à Gallagher.

Cette annonce intervient après de nombreuses tractations et de nombreux allers-retours entre les différents potentiels acheteurs, Aon et WTW et les autorités de régulation. Ce rachat par Gallagher reste toutefois sujet à la finalisation du rapprochement entre Aon et Willis Towers Watson. « L’accord résout les questions soulevées par la Commission européenne et vise à répondre à certaines questions soulevées par les régulateurs d’autres juridictions », ajoute Aon dans son communiqué. Les deux compagnies espèrent finaliser leur rapprochement d’ici le troisième trimestre. Cette fusion reste dans l’attente de l’approbation de la Commission Européenne, qui a encore jusqu’au 3 août pour remettre ses conclusions.

Cyber attaques

Axa Partners

Actualités | Axa Partners ciblé par une cyberattaque en Asie | La ProvenceAxa Partners, la filiale d’assistance du groupe Axa, a été victime d’un ransomware en Asie. En effet, Asia Assistance (le nom de la branche asiatique d’Axa Partners) a été victime d’un vol de données de sa branche thaïlandaise (nommée IPA). Il semblerait que cela n’ait concerné que les données thaïlandaises, mais cela a eu un impact sur ses activités en Thaïlande, en Malaisie, à Hong Kong et aux Philippines. « À l’heure actuelle, rien ne prouve que d’autres données ont été consultées en dehors d’IPA en Thaïlande » a précisé Axa Partners.

D’après le Financial Times, les cybercriminels n’ont pas tardé à poster sur le dark web une annonce revendiquant le vol de données médicales, bancaires et des papiers d’identité. « Les régulateurs et les partenaires commerciaux de la société ont été informés de cet incident », a précisé Axa Partners. L’enquête a été ouverte.

Il semblerait qu’Axa ne soit pas disposée à payer une quelconque rançon, cependant si l’enquête devait confirmer que des données sensibles de certaines personnes ont été volées « les mesures nécessaires seront prises pour informer et soutenir toutes les entreprises clientes et les personnes concernées », indique Axa Partners.

Le débat

En 2020, 14% des entreprises françaises ont fait l’objet d’une cyberattaque avec demande de rançon (ransomware). Dans quasi deux tiers des cas, les victimes ont payé la rançon. Le constat est que la France est un des pays qui paient le plus facilement des rançons au monde d’après une étude menée par Hiscox. Ce constat a alerté les autorités publiques et le Sénat s’est, de ce fait, penché sur la question. Lors d’une audition au Sénat sur la cybersécurité des ETI et des PME, le 15 avril dernier, Johanna Brousse, vice-procureure chargée de la section « cybercriminalité » du parquet de Paris et Guillaume Poupard, directeur général de l’agence nationale de la sécurité des systèmes informatiques (Anssi), ont remis en question le rôle des assureurs dans le paiement de ces rançons.

En effet, une majorité des assureurs proposant une couverture cyber garantissant le paiement de la rançon en cas d’attaque de ransomware, avec pour conséquence que « La France est aujourd’hui l’un des pays les plus attaqués en matière de rançongiciels (…) parce que nous payons trop facilement les rançons » a souligné Johanna Brousse. Guillaume Poupard va plus loin et accuse les assureurs de jouer un jeu trouble et d’après lui les assureurs « préfèrent payer quelques millions de rançons plutôt que quelques dizaines de millions au titre de la perte des données garantie par la police d’assurance contractée. Nous devons mener un travail de fond pour casser ce cercle vicieux autour du paiement des rançons. » Face à ces accusations, la Fédération française de l’assurance (FFA) rappelle qu’ « à ce jour, et mis à part certains cas spécifiques visés par la législation, le paiement d’une rançon ne constitue pas une infraction ».

Si certains ont fait le choix de ne pas inclure de clause de garanti de paiement de rançon, comme Generali par exemple, d’autres le font systématiquement. Ne pas accepter cette garanti signifie souvent perdre des contrats.

Si payer la rançon encourage les hackeurs, ne pas le faire, et payer les dommages conduirait à une augmentation drastique des primes pour les assurés. L’équilibre n’est donc pas facile à trouver. Du côté des autorités, il est question d’interdire la pratique du paiement de la rançon. La FFA a assuré que si la pratique était rendue illégale, les assureurs se plieraient bien évidemment aux exigences et devraient trouver une solution qui reste satisfaisante pour les assurés, les assureurs et les autorités.

Sources :

Restez au courant de l’actualité marché – Avril 2021

2020 : la FFA fait le point sur le secteur de l’assurance  

Alors que les assureurs continuent de présenter leurs résultats un à un, la Fédération Française de l’Assurance (FFA) a quant à elle présenté son bilan de l’année 2020 pour l’entièreté du secteur de l’assurance. Une année qui aura marqué le secteur, au vu des circonstances exceptionnelles, avec un impact sur la solvabilité (particulièrement en assurance vie) ainsi qu’une augmentation de la sinistralité (+54%). La FFA souligne cependant que la crise a également confirmé la solidité du modèle de l’assurance française, qui a pu pleinement jouer son rôle en s’engageant dans la protection de ses assurés et en soutenant l’économie et l’emploi.  

Quelques chiffres clés 

D’un point de vue général, pour les branches directement impactées par la crise liée à la Covid-19 (auto, professionnels/entreprises, santé, prévoyance), les indemnisations de sinistres augmentent de 2,9 milliards d’euros sur l’année. 

Assurance Vie 
    • Décollecte nette de 6,5 milliards d’euros. 
    • Croissance de la collecte nette en unités de compte, atteignant 18,3 milliards. 
Assurance Santé & Prévoyance 
    • Augmentation des prestations de complémentaire santé de près d’1 milliard à 19,8 milliards d’euros (+4,4 %), plus vite que les cotisations (25,2 milliards d’euros, +1,8 %). 
Assurance de dommages et responsabilité  
    • Diminution des prestations auto  
    • Forte augmentation des prestations pour l’assurance professionnels et entreprises, en grande partie due aux pertes d’exploitation et aux contrats annulations 
    • Confirmation de la hausse constante des dommages causés par les sinistres climatiques observée depuis plusieurs années. Coût en 2020 : 3,1 milliards d’euros.  

Pour plus d’infos, consultez le dossier de presse de la FFA.  

 

FusionsAcquisitions & Partenariats 

Crédit Agricole

Crédit Agricole a annoncé en fin du mois d’avril le succès de son offre à 855 millions d’euros sur Credito Valtellinese (Creval). De quoi lui permettre de renforcer sa présence sur un secteur bancaire en pleine consolidation en Italie, son principal marché après la France.  

BNP Paribas

BNP Paribas aurait offert un prix d’environ 250 millions d’euros à Floa, la banque du distributeur Casino et du Crédit Mutuel, qui compte 3 millions de clients. Un montant bien plus élevé les attentes initiales des actionnaires au moment du déclenchement du processus d’enchères (200 millions d’euros), et qui permettrait une belle plus-value. Les négociations sont cependant toujours en cours, selon Les Echos.  

April

Désireux de se recentrer sur le courtage, le groupe April a mené un certain nombre de cessions en 2020, Axéria Prévoyance étant la dernière d’entre elles. A ce jour, il ne manque plus que la validation de l’ACPR pour finaliser la cession. En effet, l’Autorité de la concurrence a officialisé, dans une décision publiée le 6 avril dernier, la validation de la cession d’Axéria Prévoyance à Malakoff Humanis.  

Une autre cession se finalise dans le cadre de la même stratégie de recentrage du groupe April. L’une de ses filiales, Axeria IARD, est aujourd’hui intégralement détenue par Watford Holdings, un assureur Bermudien. La procédure aura duré plus d’un an. La société d’assurance française reste établie et capitalisée en France. Pour Watford, il s’agit entre autres d’une opportunité de développement en Europe. 

AXA

Le groupe français d’assurance AXA s’est associé à Microsoft pour développer une plateforme qui connectera les services de santé numérique proposés par l’assureur, avec l’objectif d’accompagner les clients à chaque étape de leur expérience de santé en ligne. 

Axa France a noué un nouveau partenariat, effectif depuis le 1er avril 2021, avec l’assurtech et courtier Garantme pour la distribution et la gestion de sa garantie des loyers impayés. Le partenariat prévoit deux offres : un contrat de GLI (garantie des loyers impayés) pour les bailleurs et un cautionnement pour les locataires sans garant 

AXA XL a annoncé avoir signé un partenariat avec SpaceAble, une entreprise française spécialiste de la prévention des risques spatiaux. Selon l’Argus de l’Assurance, ce partenariat permettra à la filiale grands risques de l’assureur français « d’améliorer ses solutions d’assurance pour les opérateurs de satellites » grâce aux solutions de SpaceAble. 

Assurly

Assurly, néo-assureur positionné sur l’assurance emprunteur s’associe au leader européen du recouvrement des paiements récurrents SlimPay. Les services de SlimPay seront intégrés dans le tunnel de conversion d’Assurly pour offrir une solution simple et sécurisée aux clients. Par ailleurs, Assurly a signé un partenariat avec la place de marché Rakuten. Il s’agit du premier partenariat de ce type entre une plateforme e-commerce et une insurtech française. 

Législation & Réglementation 

La proposition de loi relative à la réforme du courtage de l’assurance et du courtage en opérations de banque et en services de paiement a été définitivement adoptée par le Sénat. Pour mémoire, le texte impose aux intermédiaires, courtiers et mandataires concernés, d’adhérer à des associations professionnelles, elles-mêmes agréées par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), qui seront chargées du suivi de leur activité tout en leur apportant un accompagnement et des services, dont celui de médiation. Ces associations auront, par ailleurs, un pouvoir de sanction qui sera encadré. 

En parlant de l’ACPR, celle-ci poursuit sa digitalisation et a mis en place une plateforme qui recense de tous les acteurs de l’assurance agrémentés en France : la plateforme Refassu. L’objectif ? Compléter les outils digitaux à disposition du grand public. Le régulateur encourage les consommateurs et les intermédiaires à utiliser la plateforme pour en faire un « réflexe indispensable afin d’identifier les acteurs frauduleux ». 

 

Sources :

Restez au courant de l’actualité marché – Mars 2021

 

Découvrez le condensé des actualités majeures de ce mois-ci, en quelques minutes seulement

 

Le dossier Covéa-SCOR

Thierry Derez, PDG de Covea, et Denis Kessler, PDG de SCOR, sont à couteaux tirés depuis août 2018.

Thierry Derez, PDG de Covea, et Denis Kessler, PDG de SCOR, sont à couteaux tirés depuis août 2018. (SIPA/AFP)

Si vous suiviez les informations durant l’été 2018, vous avez certainement entendu parler de l’affaire opposant Covéa à SCOR lorsque Covéa a proposé au réassureur de l’acquérir en le valorisant à plus de 8 milliards d’euros (43 euros par action). Le réassureur a aussitôt rejeté la proposition, mais Covéa a rendu public le rejet de l’offre, tout en maintenant ses avances.

Depuis, les deux dirigeants sont à couteaux tirés. Denis Kessler reproche à Thierry Derez d’avoir profité de sa position d’administrateur de SCOR pour favoriser ses projets et ceux de Covéa. Le mutualiste aurait même cherché à « tuer » un éventuel projet de rapprochement entre SCOR et son concurrent Partner Re.

Aujourd’hui, le groupe mutualiste Covéa reproche à Denis Kessler d’avoir manipulé le cours du titre SCOR et d’avoir dépensé des millions en frais d’avocats et de communication pour son seul intérêt personnel.

Thierry Derez a annoncé avoir déposé une plainte devant le Parquet national financier (PNF) contre Denis Kessler, PDG de SCOR, pour « manipulation de cours » et « abus de biens sociaux ». Le groupe agit en tant qu’actionnaire du réassureur, dont il détient 8 % du capital.

En novembre dernier, Denis Kessler, qui doit passer les rênes de son groupe à Benoît Ribadeau-Dumas en 2022, a gagné une manche devant le Tribunal de commerce de Paris. Celui-ci a condamné Thierry Derez et Covéa à une amende de près de 20 millions d’euros, considérant que le patron du mutualiste avait violé ses obligations d’administrateur. Les intéressés ont fait appel.

Désormais, Covéa affirme que le PDG de SCOR a pris des décisions contraires à l’intérêt social de son groupe. Dans le détail, le mutualiste accuse aujourd’hui Denis Kessler d’avoir manipulé le cours de Bourse en ordonnant l’achat de 4,6 millions de titres SCOR pour quelque 195 millions d’euros, entre le 25 octobre et le 10 décembre 2018.

Affaire à suivre…

 

Nouveaux acteurs et produits

Ce début d’année apporte son lot de mouvements sur le marché, entre nouveaux acteurs et nouveaux produits. On fait le point ?

Axa refond son offre multirisque professionnelle pour les TPE/PME. Malmené pendant la crise, le réseau d’agents généraux Axa entend conserver ses parts de marché grâce à une offre revue par la compagnie. Elle mise sur des garanties modulables adaptées à chaque type de professionnel et des services de prévention et d’assistance dédiés.

Itelis proposera un service d’opticiens en entreprise d’ici avril prochain. La plateforme de services en santé mettra à disposition des entreprises tous les services d’un magasin d’optique en entreprise, du dépistage visuel à l’examen de la vue en passant par le choix de l’équipement, sans se déplacer et sans frais supplémentaires.

Meilleurtaux rachète Mes-placements.fr, courtier en ligne spécialisé dans l’épargne (assurance vie, retraite, SCPI, PEA). Le nouveau groupe revendique la place de numéro un indépendant de l’épargne en ligne.

L’assurtech Luko a dépassé le cap des 100 000 assurés à la fin de l’année 2020. Et elle a bien l’intention de poursuivre sur cette voie en se lançant sur un nouveau marché : la multirisque immeuble. Depuis son repositionnement stratégique, Luko est adepte d’un discours et d’un positionnement plutôt offensif face aux assureurs “traditionnels” du marché de l’habitation. L’assurtech, lancée en 2017, intègre petit à petit de nouveaux produits pour développer ce qu’elle appelle la « verticale du foyer ».

Le spécialiste des assurances de personnes en collective Colonna entend doubler de taille d’ici cinq ans. Pour ce faire, il va notamment se développer sur une activité inédite pour lui : xCo Analytics, centrée sur le big data, que le groupe entend mettre au service des performances de ses entreprises clientes.

Le groupe Vyv et la Caisse des dépôts annoncent une alliance inédite via la création de l’Assist (Association innovation, santé et territoires). L’association créée par les deux partenaires a vocation à soutenir des projets d’innovation en santé dans les territoires, dans l’objectif d’un meilleur accès aux soins. Parmi les objectifs annoncés figurent la réduction des inégalités territoriales de santé, rendue flagrante par les déserts médicaux, le recours au numérique pour l’amélioration de l’accès aux soins, ou encore l’accélération du développement de projets dans les territoires.

Pendant ce temps, CNP se renforce en Italie avec une opération à 550 millions d’euros. La filiale d’assurance de La Banque Postale acquiert certaines activités du groupe britannique Aviva en Italie. Pour CNP Assurances, l’intérêt du marché italien est sa capacité à y vendre des produits d’épargne en unités de compte, plus rentables que l’assurance-vie traditionnelle française.

Generali reste à l’affût d’acquisitions en Europe : le troisième assureur européen, qui s’était intéressé à la reprise d’Aviva France, dispose d’un peu plus de 2 milliards d’euros à investir. Il regarde notamment le marché polonais, où Aviva a aussi mis en vente sa filiale.

Enfin, selon les informations de l’Argus de l’Assurance, l’éventualité d’une cession de la filiale française de Willis Towers Watson circule actuellement dans les états-majors des courtiers français. Ce n’est pas la première fois que des bruits courent autour des changements d’actionnaires dans le grand courtage, or dans le contexte du rachat en cours du britannique Willis Towers Watson par le courtier américain Aon en vue de former un mastodonte de 80 Md$ (environ 68 Md€), cette rumeur de marché prend une dimension particulière.

Pourquoi la vente de Gras Savoye WTW pourrait être considérée comme une option pour Willis Towers Watson ? La question est intimement liée aux discussions serrées en cours entre Aon-Willis et la Commission européenne, chargée d’examiner les conséquences du projet de fusion au plan concurrentiel sur le Vieux Continent. La direction de la concurrence européenne, qui a reporté le mois dernier les délais de son enquête en cours, attendrait d’Aon comme de Willis, des propositions de désengagements à hauteur d’1,8 Md$ (environ 1,5 Md€) dans certaines de ses activités de courtage pour « permettre l’exercice d’une concurrence effective ».

Pour atteindre cette somme, la piste d’une cession de l’activité de courtage en réassurance Willis Re est avancée par le site Reinsurance News, pour un montant d’1,15 Md$ (environ 970 M€) ou encore celle de l’aviation, mais elles ne seraient pas suffisantes pour lever entièrement les problèmes concurrentiels posés par Bruxelles. C’est dans ce cas de figure que la vente de Gras Savoye apparait comme une hypothèse crédible.

 

Législation

Une nouvelle réglementation entre en vigueur concernant l’épargne et les investissements verts. L’Europe durcit sa réglementation pour lutter contre le « greenwashing » en finance. A partir de ce mercredi 10 mars, les assureurs doivent publier des informations sur leurs investissements verts et leurs produits d’épargne, assurance vie et retraite.

La Cnil a partagé sa feuille de route de contrôles pour 2021. Au menu : cybersécurité. Dans la continuité des contrôles amorcés en 2020 sur les données de santé et l’encadrement des cookies, la Cnil va également se concentrer sur le niveau de sécurité des sites web en 2021.

La Fédération nationale indépendante des mutuelles s’insurge des propos tenus par Olivier Véran et Olivier Dussopt quant aux hausses tarifaires des organismes complémentaires.

Les propos d’Olivier Véran et Olivier Dussopt, respectivement ministres des Solidarités et de la Santé, et des Comptes publics, n’en finissent pas de déclencher de vives réactions dans le monde de la complémentaire santé. La semaine dernière, les deux ministres avaient critiqué l’attitude des organismes complémentaires santé qui, selon eux, n’auraient pas respecté leurs engagements post-Covid en procédant à des augmentations de cotisations. Ils avaient, rappelle-t-on, menacé dans le même temps de revoir le niveau de la « taxe Covid » pour 2021.

La Fédération nationale indépendante des mutuelles (FNIM), qui fédère des petites et moyenne mutuelles, a qualifié jeudi d’« inacceptable » l’attitude des deux ministres car ils font « un amalgame entre les engagements pris sur la non-répercussion de l’impact de la réforme 100% santé et la situation actuelle ». La FNIM considère que les affirmations ministérielles « reposent sur des évaluations ne tenant pas compte, pour ce qui est des prestations versées, d’une réalité 2021 qui sera marquée par des tensions économiques très fortes, un regain des dépenses prises en charge et des équilibres techniques très fragiles ».

« Plutôt que de chercher des boucs émissaires en relançant le « mutuelle bashing », les ministres feraient mieux de mobiliser les acteurs autour de solutions pérennes et coordonnées », lance encore la FNIM qui qualifie aussi le discours des ministres d’« irresponsable ».

 

 

Sources

Les Echos – Covéa attaque au pénal le patron de SCOR, Denis Kessler

Les Echos – CNP se renforce en Italie avec une opération à 550 millions d’euros

Argus de l’Assurance – Multirisque professionnelle : Axa refond son offre pour les TPE/PME

Argus de l’assurance – Itelis propose un service d’opticiens en entreprise

Argus de l’assurance – Meilleurtaux rachète Mes-placements.fr

Argus de l’assurance – Assurance habitation : Luko se lance sur la multirisque immeuble

Argus de l’assurance – Courtage : le groupe Colonna se lance dans une nouvelle activité

La Nouvelle République – Colonna mise sur Romorantin pour prendre un nouveau virage

Argus de l’assurance – Cnil : la feuille de route des contrôles pour 2021

Argus de l’assurance – Epargne et investissements verts : une nouvelle réglementation entre en vigueur

Argus de l’assurance – Mutuelles : une alliance inédite entre le groupe Vyv et la Caisse des dépôts

Argus de l’assurance – Taxe Covid : la FNIM dit non au « mutuelle bashing »

Argus de l’assurance – Rumeurs sur la vente d’un grand courtier français