Posts

Gilets jaunes : Les assurés voient rouge

Obier / Wikimedia Commons

217 millions d’€, c’est le montant qui a été versé par les assureurs en guise de dédommagement à la suite des dommages causés par les manifestations.

Mais pour la plupart des commerces, la plus grande perte reste la perte d’exploitation. Entre les dommages empêchant l’activité, la nécessité de parfois fermer le volet lors des manifestations, ou encore tout simplement de l’absence de clients, les raisons de ces pertes d’exploitations sont nombreuses. D’après la FFA, environ 15% des commerces seulement ont souscrit à ce type d’assurance. Quoi qu’il en soit, les clauses sont souvent très restrictives et les commerçants peinent à être remboursés. A titre d’exemple, si un commerçant a volontairement baissé son volet afin de protéger sa vitrine ou son commerce, l’assureur estimera que le commerçant a décidé de lui-même de suspendre son activité, et il ne sera alors pas dédommagé.

Concernant les dédommagements des dégâts matériels, l’Etat français avait fait pression pour simplifier et accélérer les procédures. De plus, les assureurs avaient consenti à ne faire payer qu’une seule fois les franchises pour des dégâts récurrents. A voir si la pression du gouvernement permettra de flexibiliser les clauses concernant les pertes d’exploitation et ainsi de dédommager les commerçants ayant souscrit à ce type de contrat.

 

Sources :

Quand les changements climatiques assèchent (aussi) les assureurs

Image : Shutterstock

Les épisodes de canicule et de sécheresse qu’a connu l’Europe nous rappelle une certaine urgence climatique. Tandis qu’en juin dernier, l’Institut des actuaires tenait son congrès annuel sur le thème « Assurance & Finance : vent debout face aux changements climatiques », Stéphane Pénet, directeur des assurances de biens et de responsabilité au sein de la Fédération française de l’assurance faisait le bilan des impacts pour les assureurs.

La sécheresse coûte chaque année de 700 à 900 millions d‘€ aux assureurs français, et ce chiffre est en augmentation constante chaque année depuis 10 ans. Les climatologues prévoient d’ailleurs que la sécheresse sera le risque avec la plus forte croissance sur les 30 prochaines années, mettant d’ailleurs en tête des risques qui accroitront le plus. Les inondations, également liées aux changements climatiques, restent le danger le plus important selon Stéphane Pénet. Les inondations représentent aujourd’hui 50% des indemnisations versées par les assureurs en termes d’aléas naturels. “Sur le plus long terme, le poids des dommages causés par les aléas naturels va pratiquement doubler ces 25 prochaines années, par rapport aux 25 dernières années” conclut-il.

Parallèlement, de plus en plus d’acteurs mettent en place des équipes spécialisées sur le climat. Munich Re, par exemple, dispose d’un « Head of Climate » qui gère une cellule composée de géologues et climatologues travaillant sur les prédictions et analyses des aléas naturels. Munich Re communiquait : « Puisque l’influence du changement climatique augmente avec le temps, l’industrie des assurances se doit de reconnaître, quantifier et inclure ces tendances, à temps, dans les modèles de détermination des primes. ». Dans la même logique, le groupe AXA quant à lui, a renommé AXA Global Parametrics en AXA Climate, mettant l’emphase sur le risque couvert plutôt que sur le moyen technologique. Dans une volonté, peut-être, de parler aux consommateurs plutôt qu’aux techniciens de l’assurance.

Les acteurs traditionnels sont plus frileux et suivent généralement les recommandations des réassureurs, des associations ou fédération des assurances. Wauthier Robyns, porte-parole d’Assuralia (l’équivalent de la FFA en Belgique), estime qu’à l’avenir “les entreprises avec le plus de moyens s’offriront les services d’analystes climatiques à l’intérieur de leurs bureaux, alors que les compagnies de plus petite taille se contenteront probablement de suivre les directives des grands réassureurs, comme c’est le cas aujourd’hui.”

Enfin, l’agence de notation Moody’s a également récemment annoncé sa décision de prendre en considération les risques liés aux critères ESG (Environnement Social Gouvernance) dans ses notations. De plus, l’exposition du portefeuille non-vie aux risques climatiques des assureurs est naturellement prise en considération.

Si les assureurs se mettent aux verts concernant leurs produits et les risques couverts, nous sommes en droit de nous demander si leur politique interne l’est tout autant ?

 

Source principale :

France Bleu | 29/07/19

Sources secondaires :

L’Echo | 27/07/2019

Argus de l’assurance | 22/07/2019

Les femmes au top dans le monde financier

Christine Lagarde – Photograph: Saul Loeb

L’été 2019 a vu une vague de nominations féminines dans le monde financier.

En effet, les comités de direction du monde financier tendent à se féminiser. Cette vague a commencé avec les rebondissements sur la présidence de la FFA, la Fédération Française de l’Assurance, et la nomination à l’unanimité de Florence Lustman en juin. La nouvelle présidente, qui prendra ses fonctions officiellement au 1er octobre 2019, a déjà annoncé ses ambitions : fédérer les différentes familles de l’assurance (sociétés anonymes, bancassureurs et assureurs mutualistes), redorer le blason des assureurs auprès du public et remettre l’assurance au cœur du débat public en renforçant d’avantage la dimension lobbyiste de la Fédération. Fonction d’autant plus déterminante en ces moments de transitions réglementaires (loi Pacte, etc.).

Chez nos voisins belges, la banque privée Puilaetco & Dewaay (du groupe KBL epb), avec 10 milliards d’euros d’actifs en gestion, a nommé sa nouvelle CEO le 20 juin 2019 : il s’agit de Ludivine Pilate, ancienne COO et CFO de la compagnie.

Début juillet, c’est la nouvelle présidente de la BCE qui a fait grand bruit : Christine Lagarde. La future ancienne Présidente du FMI quittera ses fonctions en septembre 2019, et reprendra le flambeau de Mario Draghi en octobre.

Mi-juillet, au tour du géant Accenture d’annoncer la nomination de sa nouvelle CEO : Julie Sweet. Cette californienne a commencé sa carrière en tant qu’avocate avant de rejoindre ce mastodonte du conseil il y a presque 10 ans. Elle prend la succession du français Pierre Nanterme, décédé en janvier dernier.

Enfin, plus récemment, ce 24 juillet, c’est une autre instance du monde des assurances en France qui a annoncé sa nouvelle Déléguée Générale. Marie-Laure Dreyfus, Associée chez Addactis France, a été nommée à la tête du Centre Technique des Instituts de Prévoyance (CTIP). Elle prendra ses fonctions en février 2020, pour représenter et défendre les intérêts de l’ensemble des Institutions de Prévoyance en France auprès des pouvoirs publics.

On ne peut qu’applaudir cette diversité. L’été n’est pas encore fini, attendons de voir ce qu’il nous réserve encore.

Sources :

(FR) Argus de l’Assurance | 04/07/2019

(FR) L’Echo | 21/06/2019

(FR) Les Echos | 03/07/2019

(FR) Les Echos | 12/07/2019

L’Assurtech française prend de l’ampleur

Photo by Mark Finn on Unsplash

KPMG a récemment publié son bilan biannuel sur les fintechs et Assurtechs françaises. Le bilan est plutôt bon. En effet, sur ces 6 premiers mois de l’année 2019, les levées de fonds se sont succédé et ont grandement dynamisé le paysage des Assurtechs françaises.

L’Assurtech a jusqu’ici moins bénéficié des largesses des investisseurs que ses sœurs de la Fintech et des Services de paiement. Effectivement si nous comparons les proportions des montants investis entre 2010 et 2019, on peut voir que les choses évoluent : en 2010, 13% des investissements étaient dédiés à l’Assurtech, tandis que 20% étaient versés pour les services de financement et 34% pour les services de paiements. En 2019, 30% des investissements vont à des start-ups technologiques dans le domaine des assurances.

De manière générale, cette année s’annonce riche en levées de fonds, car sur ce 1er semestre on a déjà pu recenser 39 levées de fonds (avec un total de 74 pour l’année 2018) pour un total de 354 millions d’€ levés, soit presqu’autant que le total de l’année 2018, qui s’élevait à 370 millions d’€.

Mais alors, quelles structures vont bénéficier de ces levées de fonds  ? Au rayon assurtech, nous retrouvons principalement les services suivants : assurances connectées, courtiers et comparateurs, assurances collaboratives, services aux assurances et courtiers, cautions.

Shift Technology est le 1er du classement avec 53 millions d’€ levés. Shift Technology fournit des solutions de détections de fraudes fondées sur l’IA conçues spécifiquement pour l’assurance. Ces investissements serviront à accélérer le développement de Shift Technology, notamment en permettant de recruter 150 personnes supplémentaires.

Alan, quant à eux, sont 2ème du classement avec 40 millions d’€ levés sur ces 6 premiers mois. Alan est un acteur des assurances santé qui propose ses produits de manière complétement dématérialisée, avec une souscription et une utilisation simplifiées, rapides, transparentes et uniques. Cette dernière somme levée devrait leur permettre de continuer leur développement.

Outre ces 2 entreprises, on pourra noter que Descartes Underwriting a réalisé sa première levée de fonds, et que les investissements se poursuivent pour Moonshot Internet, Eloa, Assurup ou Otherwise.

L’année 2019 s’annonce donc fructueuse pour la scène de l’Assurtech en France, en espérant que cela leur permette de prospérer, à l’inverse de Valoo qui a récemment annoncé la fin de ses activités malgré de belles levées de fonds entre 2013 et 2017.

 

Sources :

L’Argus de l’assurance | 20 juin 2019

KPMG | Juin 2019

L’Argus de l’assurance | 21 juin 2019

 

Légère augmentation pour les salaires minimums dans la branche assurance

fotolia

En mai dernier, la Fédération Française de l’Assurance et quatre organisations syndicales ont signé des accords pour augmenter les salaires de la branche assurance.

Les rémunérations minimales pour les classes 1 et 2 ont ainsi augmenté de 1,4%, tandis que les salaires minimums augmentent de 1,2% pour les classes 3 à 5 et de 0,7% pour les personnels administratifs des classes 6 à 7 et les inspecteurs des classes 6 et 7.

Les accords signés par les différents partis soulèvent également l’importance d’un salaire égal à travail légal pour les hommes et les femmes. Alors qu’en Belgique, ce 17 juin, 25 entreprises issues du monde la banque et de l’assurance se sont engagées à une meilleure parité et des salaires égaux pour les 2 sexes, il est toujours bon de rappeler qu’en France, au 31 décembre 2017, les travailleuses du monde de l’assurance représentaient 60,3% du total des employés dans ce secteur.

 

Source : L’Argus de l’assurance | 26/06/2019