Suite à la publication du rapport de l’ONG Reclaim Finance, le débat sur l’assurabilité des catastrophes naturelles en France refait surface. Entre hausse des coûts climatiques, déséquilibres financiers et rentabilité du secteur, l’étude met en lumière les tensions croissantes d’un modèle longtemps considéré comme robuste.
🔑 Points clés à retenir
- Le rapport de Reclaim Finance alerte sur un risque de déséquilibre du modèle Cat-Nat
- 46 % des coûts liés aux catastrophes climatiques en France (2015-2024) restent non assurés
- Les réserves de la CCR ont diminué de moitié
- Les grands assureurs européens affichent une forte rentabilité sur la période récente
- Le secteur conteste l’analyse et défend la solidité du modèle actuel
- La question de la répartition du coût climatique devient centrale
Un modèle sous pression croissante
Selon les conclusions du rapport, le régime français des catastrophes naturelles (fondé sur un partenariat public-privé depuis 1982) montre aujourd’hui des signes de fragilité.
Entre 2015 et 2024, 46 % des dommages liés aux événements climatiques extrêmes en France n’ont pas été couverts, soit près de 16 milliards d’euros supportés par les particuliers, les collectivités et les finances publiques.
Dans le même temps, les capacités d’absorption du système s’érodent. Les réserves de la Caisse Centrale de Réassurance (CCR), pilier du dispositif, ont diminué de 50 % sur la période récente.
À l’horizon 2050, la situation pourrait encore se tendre, avec un doublement attendu des coûts liés aux catastrophes naturelles.
Une lecture contestée par la profession
Elle rappelle également que :
- le régime Cat-Nat repose sur un mécanisme mutualisé unique;
- les assureurs indemnisent directement les sinistrés;
- la rentabilité doit être analysée à un niveau global et non uniquement sur certaines activités.
Un débat qui dépasse les chiffres
Au-delà des divergences d’interprétation, le rapport de Reclaim Finance a le mérite de poser une question centrale : qui doit porter le coût croissant du changement climatique ?
Entre solidarité nationale, responsabilité des acteurs privés et soutenabilité économique du système, le modèle assurantiel français entre dans une phase de transformation.
Prévention des risques, évolution des mécanismes de financement, répartition plus équilibrée des charges… autant de leviers qui devront être activés pour préserver un système clé dans la protection des territoires et des populations.










