Le mois dernier, les grands acteurs français de la banque et de l’assurance ont dévoilé leurs résultats annuels 2025, une année marquée par des performances globalement solides et des niveaux de rentabilité souvent supérieurs aux objectifs fixés.
Dans un environnement encore traversé par des incertitudes macroéconomiques et géopolitiques, ces publications mettent en lumière des modèles diversifiés capables d’absorber la volatilité, de maîtriser le coût du risque et de préserver des ratios de solvabilité confortables.
Allianz réalise un bénéfice opérationnel record de 17,4 milliards d’euros
En 2025, Allianz enregistre un bénéfice opérationnel record de 17,4 milliards d’euros, en hausse de 8,4 %, marquant un excellent démarrage de son nouveau cycle stratégique. (Voir la conférence)
Quelques chiffres clés :
- Le volume d’activité total progresse de 8,1 % pour atteindre 186,9 milliards d’euros, porté par l’ensemble des segments.
- Le résultat net part du groupe augmente de 10,9 % à 11,1 milliards d’euros.
- Le bénéfice par action progresse de 12,5 % à 28,61 euros.
- La rentabilité des fonds propres (RoE) atteint 18,1 %.
- Le ratio de solvabilité II s’améliore fortement à 218 %, en hausse de 10 points, soutenu par une génération de capital solide.
Au quatrième trimestre, la croissance reste diversifiée :
- Le volume d’activité progresse de 6,5 %.
- Le bénéfice opérationnel augmente de 3 % à 4,3 milliards d’euros, porté notamment par la branche Dommages.
- Le résultat net part du groupe progresse de 12,2 % à 2,7 milliards d’euros.
Pour 2026, Allianz vise un bénéfice opérationnel de 17,4 milliards d’euros ± 1 milliard.
Le management proposera un dividende de 17,10 euros par action (+11 % par rapport à 2024). Un nouveau programme de rachat d’actions pouvant atteindre 2,5 milliards d’euros a également été annoncé.
Oliver Bäte, CEO, souligne que ces résultats records démontrent la capacité du groupe à performer de manière fiable, même dans un environnement incertain et fragmenté. Il insiste sur la solidité financière, la résilience opérationnelle, la puissance de la marque, la fidélité record des clients et l’engagement des collaborateurs.
Selon lui, la priorité stratégique d’Allianz reste d’offrir une protection accessible et créatrice de valeur, afin de garantir sécurité et liberté dans un contexte mondial plus polarisé.
CNP : une année 2025 record portée par la France et La Banque Postale
CNP Assurances clôture l’exercice 2025 sur un chiffre d’affaires record de plus de 39 milliards d’euros, en hausse de 8,6 % à périmètre constant. Malgré un léger recul du résultat net part du groupe à 1,49 milliard d’euros (impacté par une surtaxe exceptionnelle de 186 millions d’euros), la performance sous-jacente demeure solide, avec un résultat en progression de 6 % hors surtaxe.
La dynamique est principalement tirée par la France, qui représente 68 % du chiffre d’affaires total (26,8 milliards d’euros, +13,3 %). L’épargne retraite constitue le principal moteur de croissance, avec une progression à la fois sur les fonds euros et les unités de compte. La collecte brute en assurance-vie et retraite atteint 20,8 milliards d’euros, tandis que la collecte nette s’établit à 2,3 milliards d’euros, portée par les unités de compte.
La Banque Postale confirme son rôle stratégique en réalisant 32 % du chiffre d’affaires du groupe et en affichant une collecte nette record. L’intégration de CNP Assurances Protection sociale, effective depuis janvier 2025, contribue également à la croissance, avec près de 900 millions d’euros de collecte dès sa première année.
À l’international, les performances sont contrastées. En Europe (hors France), l’activité est marquée par des cessions en Italie et à Chypre, mais CNP Assicura renoue avec une collecte nette positive. En Amérique latine, la croissance est soutenue par la retraite au Brésil, malgré un environnement de marché plus tendu.
Sur le plan extra-financier, le cycle stratégique 2022-2025 affiche un taux d’atteinte de 98 % des objectifs fixés. Les investissements verts dépassent notamment l’objectif initial, atteignant 33 milliards d’euros, tandis que l’index d’égalité femmes-hommes demeure au plus haut niveau.
Avec une performance commerciale robuste, une forte contribution du marché français et des engagements ESG largement tenus, CNP Assurances boucle ainsi un cycle stratégique solide et ouvre une nouvelle phase de développement.
AXA publie des résultats records, avec une hausse du résultat opérationnel par action en haut de sa fourchette cible
AXA signe une année 2025 de très forte performance, avec des primes brutes émises et autres revenus atteignant 116 milliards d’euros, en hausse de 6 %. Le résultat opérationnel progresse également de 6 % à 8,4 milliards d’euros (+9 % hors AXA IM), tandis que le résultat opérationnel par action s’établit à 3,86 euros, en hausse de 8 %, en haut de la fourchette cible du plan stratégique.
Le ratio de solvabilité II atteint 224 % fin 2025 (+9 points), témoignant d’une solidité bilancielle renforcée.
Performance par activité
L’assurance dommages affiche des résultats exceptionnels, combinant croissance équilibrée, marges élevées, amélioration du ratio de frais généraux et progression du résultat financier. AXA XL améliore ses profits tout en maintenant des marges solides.
En assurance vie et santé, le résultat progresse de 7 %, avec une hausse marquée de 17 % en santé, malgré un impact fiscal défavorable au Mexique. Les premiers effets de la stratégie de relance en assurance vie sont visibles. Les investissements dans l’automatisation et l’intelligence artificielle contribuent également aux gains d’efficacité.
Gestion du capital et perspectives
AXA proposera un dividende de 2,32 euros par action (+8 %) et lance un programme de rachat d’actions pouvant atteindre 1,25 milliard d’euros. Le programme de 3,8 milliards d’euros lié à la cession d’AXA IM a été exécuté intégralement.
Pour 2026, le groupe vise une croissance du résultat opérationnel par action dans le haut de sa fourchette cible de 6 % à 8 %. Un nouveau plan stratégique pour la période 2027-2029 sera présenté en septembre 2026.
Porté par la diversification de ses activités, la discipline technique et financière et une solvabilité élevée, AXA confirme ainsi sa capacité à générer de la valeur durablement.
Societe Generale : un exercice 2025 marqué par une amélioration structurelle des fondamentaux et une performance dépassant l’ensemble des objectifs
Société Générale publie pour 2025 des résultats records, avec un produit net bancaire de 27,3 milliards d’euros (+6,8 % hors cessions) et un résultat net part du Groupe de 6,0 milliards d’euros (+43 %). Au-delà de la performance absolue, l’exercice illustre surtout une amélioration structurelle de la rentabilité, de l’efficacité opérationnelle et du profil de risque.
La rentabilité franchit un cap avec un ROTE de 10,2 % (9,6 % hors éléments non récurrents), supérieur à l’objectif initial d’environ 9 %. Cette progression repose sur une croissance organique des revenus dans l’ensemble des métiers, combinée à une baisse des coûts de 2,0 % (hors cessions) et à une nette amélioration du coefficient d’exploitation, ramené à 63,6 % contre 69 % en 2024.
Sur le plan du risque, le coût du risque s’établit à 26 points de base, dans le bas de la fourchette cible de 25 à 30 pb. Le taux brut d’encours douteux ressort à 2,81 % avec un taux de couverture net de 82 %, traduisant une gestion prudente et maîtrisée des expositions. Les encours pondérés des risques (RWA) atteignent 393 milliards d’euros, tandis que le ratio CET1 s’élève à 13,5 %, soit environ 320 points de base au-dessus des exigences réglementaires.
Par métier, la Banque de détail France, Banque privée et Assurances affiche une forte progression de la rentabilité, la Banque de Grande Clientèle maintient un niveau élevé de performance avec un coût du risque contenu, et les activités internationales poursuivent l’amélioration de leur profil de risque.
Pour 2026, le Groupe vise une croissance des revenus supérieure à 2 %, une nouvelle baisse des coûts d’environ 3 %, un coefficient d’exploitation inférieur à 60 % et un ROTE supérieur à 10 %. La trajectoire engagée confirme ainsi une dynamique de rentabilité durable, adossée à une discipline capitalistique et à une gestion des risques maîtrisée.
Porté par la croissance de son PNB, Crédit Mutuel Alliance Fédérale réalise un résultat net historique à 4,2 milliards d’euros en 2025
Crédit Mutuel Alliance Fédérale publie pour 2025 un résultat net historique de 4,2 milliards d’euros (+2,3 %). Hors surtaxe exceptionnelle d’impôt sur les sociétés (377 M€), la progression atteint +11,4 %, traduisant une dynamique opérationnelle robuste.
Le produit net bancaire atteint un niveau record de 17,7 milliards d’euros (+6,7 %), porté par la banque de détail (+7,2 %) et l’assurance (+7,6 %). La croissance des revenus dépasse celle des frais généraux (+6,7 % vs +5,9 %), générant un effet ciseau favorable et un coefficient d’exploitation de 55,3 %, parmi les meilleurs du secteur français.
Sur le plan du risque, le coût du risque recule de 11,8 % à 1,8 milliard d’euros, dans un contexte économique pourtant exigeant. Les encours de crédits atteignent 539,2 milliards d’euros (+2,3 %), tirés notamment par l’habitat (268 Md€). Le ratio crédits/dépôts ressort à 110,8 %, reflétant une dynamique commerciale soutenue.
La solidité bilancielle demeure un point fort majeur : le ratio CET1 s’établit à 19,7 %, l’un des plus élevés en Europe, avec 70,3 milliards d’euros de capitaux propres. Ce niveau offre une capacité d’absorption des chocs particulièrement confortable.
Le modèle mutualiste continue par ailleurs de renforcer la diversification des revenus, notamment via le déploiement du modèle de bancassurance en Allemagne (intégration d’OLB début 2026) et la montée en puissance des activités d’assurance.
À mi-parcours du plan stratégique 2024-2027, Crédit Mutuel Alliance Fédérale confirme ainsi une trajectoire combinant croissance organique, discipline du risque, efficacité opérationnelle et très forte capitalisation des fondamentaux particulièrement solides dans l’environnement actuel.
Le Groupe BPCE enregistre en 2025 ses meilleurs résultats depuis sa création
Groupe BPCE enregistre en 2025 ses meilleurs résultats depuis sa création, avec un produit net bancaire de 25,7 milliards d’euros et un résultat net de 4,1 milliards d’euros, en hausse de 15 %. La performance s’appuie sur une dynamique commerciale soutenue dans l’ensemble des métiers et sur une amélioration tangible de l’efficacité opérationnelle.
Banque de proximité et assurance : croissance soutenue des volumes
Les revenus de la banque de proximité progressent de 14 % sur l’année (16 % au quatrième trimestre), portés par le développement commercial et la hausse de la marge nette d’intérêt. Les Banques Populaires et les Caisses d’Épargne accueillent 820 000 nouveaux clients.
La production de crédits aux ménages et aux entreprises atteint 102 milliards d’euros (+20 %), tandis que les dépôts progressent de 14 milliards d’euros pour atteindre 707 milliards d’euros à fin 2025.
En assurance, la collecte brute en assurance-vie s’élève à 16 milliards d’euros et les primes en non-vie progressent de 11 % sur un an. Les activités Solutions & Expertises Financières affichent une forte croissance des revenus (+33 %), soutenue par le développement du crédit à la consommation, du leasing et de l’affacturage. Les activités Digital & Payments enregistrent une progression de 7 % du PNB, avec une dynamique marquée dans les paiements.
Global Financial Services : performances record
Les activités mondiales affichent une croissance du PNB de 7 % en 2025 à change constant. La Banque de grande clientèle atteint 4,8 milliards d’euros de revenus, soutenue par la forte performance des activités de marchés (+15 %), tant en Equity qu’en Fixed Income.
Dans la gestion d’actifs, Natixis Investment Managers enregistre pour la deuxième année consécutive une collecte nette record de 40 milliards d’euros. Les actifs sous gestion moyens progressent de 8 % pour atteindre 1 323 milliards d’euros à fin décembre 2025. Le PNB de la gestion d’actifs et de fortune s’établit à 3,5 milliards d’euros, en hausse de 3 % à change constant.
Solidité financière renforcée
Le coefficient d’exploitation s’améliore nettement à 65,6 % sur l’année (64,8 % au quatrième trimestre), en recul de près de 4 points sur un an, traduisant une bonne maîtrise des charges tout en maintenant les investissements stratégiques.
Le coût du risque demeure contenu à 28 points de base en 2025 (30 pb au T4), reflétant l’ancrage du groupe dans l’économie française.
La solidité bilancielle est confirmée par un ratio CET1 en hausse à 16,5 % à fin décembre 2025, accompagné de réserves de liquidité élevées (305 milliards d’euros).
En 2025, BPCE combine ainsi croissance organique, diversification internationale et discipline financière. La trajectoire engagée dans le cadre du plan stratégique Vision 2030 confirme un modèle coopératif performant, adossé à une rentabilité en progression et à des fondamentaux prudentiels robustes.
Une activité soutenue, une rentabilité élevée et un profil de risque maîtrisé en 2025 pour Crédit Agricole
En 2025, Crédit Agricole S.A. et le Groupe Crédit Agricole publient des résultats annuels élevés, confirmant la trajectoire du plan ACT 2028. Le Groupe Crédit Agricole enregistre un produit net bancaire de 39,6 milliards d’euros (+3,9 %) et un résultat net part du Groupe de 8,75 milliards d’euros (+1,3 %).
Pour Crédit Agricole S.A., le produit net bancaire atteint 28,1 milliards d’euros (+3,3 %) et le résultat net part du Groupe s’établit à 7,07 milliards d’euros, globalement stable sur un an, malgré l’impact de la première consolidation de Banco BPM au quatrième trimestre. Le RoTE ressort à 13,5 %, illustrant une rentabilité élevée et récurrente.
Dynamique commerciale et diversification des revenus
L’activité demeure soutenue dans tous les métiers. En banque de proximité, les encours de crédits atteignent 895 milliards d’euros (+1,7 % sur un an en France et en Italie), avec un rebond marqué du crédit habitat en France. En gestion d’actifs et assurance, les encours sous gestion progressent à 3 051 milliards d’euros (+6,4 %), portés par une collecte dynamique et une production élevée en épargne/retraite.
La Banque de financement et d’investissement affiche des revenus records sur l’année, confirmant la bonne performance des activités de marchés et de financement.
Profil de risque : stabilité et prudence
Le coût du risque du Groupe s’établit à 28 points de base sur quatre trimestres glissants (35 pb pour Crédit Agricole S.A.). Le taux de couverture des créances douteuses demeure élevé à 82,2 % pour le Groupe, tandis que le taux de créances douteuses de Crédit Agricole S.A. reste contenu à 2,4 %.
Le stock de provisions du Groupe atteint 22,2 milliards d’euros, dont 41 % sur encours sains, traduisant une approche prudente intégrant plusieurs scénarios macroéconomiques pondérés.
Capital et solvabilité
Les ratios de solvabilité restent à des niveaux élevés, avec un CET1 phasé de 17,4 % pour le Groupe Crédit Agricole et 11,8 % pour Crédit Agricole S.A.. Cette solidité capitalistique soutient la capacité de financement de l’économie et l’exécution des opérations stratégiques engagées en 2025.
Perspectives et transformation
L’année 2026 s’ouvre avec la poursuite du déploiement stratégique en France (digitalisation des parcours, offres dédiées aux jeunes et aux professionnels) et à l’international (développement en Allemagne et en Asie), ainsi que des chantiers d’innovation autour de la tokenisation, de l’IA et de la simplification des processus.
En parallèle, le Groupe poursuit son engagement en faveur de la transition énergétique, avec une forte progression des financements bas-carbone et une amélioration de sa notation climat (CDP A).
2025, un exercice record porté par la diversification et la maîtrise du risque pour BNP
BNP Paribas publie pour 2025 des résultats record, marqués par un quatrième trimestre particulièrement dynamique. Le produit net bancaire atteint 51,2 milliards d’euros sur l’année (+4,9 %) et 13,1 milliards d’euros au 4T25 (+8,0 %), porté par la solidité du modèle diversifié et intégré du Groupe.
Le résultat net part du Groupe s’établit à 12,2 milliards d’euros en 2025 (+4,6 %), dont 3,0 milliards d’euros au quatrième trimestre (+28 %), confirmant l’accélération de la performance opérationnelle en fin d’exercice. Le ROTE ressort à 11,6 %, en ligne avec l’objectif fixé, et le ratio CET1 à 12,6 %, largement supérieur aux exigences réglementaires.
Dynamique des pôles opérationnels
La performance est soutenue par les trois divisions :
- Corporate & Institutional Banking (CIB) affiche un niveau de revenus élevé, avec une forte contribution des activités de marchés et des services titres.
- Commercial, Personal Banking & Services (CPBS) enregistre un net rebond, notamment dans la zone euro, bénéficiant d’un environnement de taux redevenu structurellement favorable.
- Investment & Protection Services (IPS) progresse fortement, porté par l’intégration d’AXA IM et la croissance de l’Assurance, de la gestion d’actifs et de la gestion de fortune.
Efficacité opérationnelle et effet de ciseaux
Les frais de gestion sont maîtrisés (+3,9 % sur l’année), permettant un effet de ciseaux positif et une amélioration du coefficient d’exploitation à 61,2 % (contre 61,8 % en 2024). Les mesures d’efficacité engagées représentent 800 M€ d’économies en 2025, au-delà des objectifs initiaux.
Profil de risque contenu
Le coût du risque s’établit à 36 points de base sur l’année (34 pb au 4T25), inférieur au plafond de 40 pb fixé pour la trajectoire 2024-2026. Le taux de créances douteuses demeure bas à 1,6 %, avec un stock de provisions de 18,2 milliards d’euros et un taux de couverture de 66,9 %.
Capital, distribution et trajectoire stratégique
Le ratio CET1 atteint 12,6 % à fin 2025. Le Groupe propose un dividende total de 5,16 € par action (+7,7 %) et a finalisé un programme de rachat d’actions de 1,15 Md€.
Fort de ces résultats, BNP Paribas confirme sa trajectoire 2024-2026 (ROTE 12 % en 2026, coût du risque < 40 pb) et relève ses objectifs à horizon 2028 : ROTE supérieur à 13 % et coefficient d’exploitation inférieur à 56 %.
En 2025, BNP Paribas démontre ainsi la résilience et la puissance de son modèle intégré : croissance des revenus, discipline des coûts, profil de risque maîtrisé et génération de capital solide, dans un environnement de taux redevenu plus favorable.





